Ernest Audrix*, industriel à la retraite, et son épouse Lucie Audrix*, habitent à Florac, dans le département de la Lozère.
Un grand nombre de clandestins, républicains Espagnols exilés, brigadistes, Juifs et antifascistes pourchassés par Vichy sont accueillis en Lozère, traditionnellement considérée comme terre de refuge. Elle avait en effet caché les protestants persécutés par Louis XIV.
Dès 1941, les Lozériens entreprennent de cacher et de protéger des réfugiés politiques et des Juifs. En novembre 1942, Jacob Barosin (1906-2001), peintre juif allemand réfugié à Florac, aborde Ernest Audrix* lors d’une promenade dans les rues de la ville, et lui demande s’il a connaissance d’une chambre disponible dans le quartier. Jacob Barosin, avec sa femme Sonia, violoniste, durent s’enfuir lors des rafles multipliées dans le sud de la France (dont la première eut lieu à Palavas le 26 aout 1942). En effet, Pierre Laval, alors au pouvoir en tant que chef du gouvernement de Vichy depuis le 18 avril 1942, avait accepté de livrer aux Allemands 10 000 Juifs résidant en zone libre. Ernest Audrix* de manière directe, demanda à Jacob Barosin si ce dernier était Juif. Celui-ci, assez indigné d’une telle entrée en matière répliqua : "On ne posait jamais ce genre de questions avant l’arrivée des Allemands". Ernest Audrix*, conscient du manque de délicatesse dont il avait fait preuve s’expliqua : "Je vous demande pardon, je voulais seulement vous montrer que nous tous qui vivons ici sommes prêts à faire le maximum pour aider les Juifs". Ernest Audrix* disait vrai, Florac était véritablement une enclave de sauvetage, tandis qu’une partie des habitants s’investissaient de manière active dans le sauvetage et la protection des Juifs, les autres optaient pour la discrétion, en évitant de se manifester.
Lors de l’hiver 1943, c’est encore à Florac, qu’à la venue des vacances de Noël, alors que les internats fermaient ; que les Eclaireurs Israélites ouvrent un camp scout afin de cacher les enfants l'espace de deux semaines, avec l'aide bienveillante du Préfet. Ernest Audrix*, alors âgé de plus de soixante-ans, n’hésita pas à accueillir Jacob Barosin chez lui, alors même qu’il se logeait à proximité de la gendarmerie.
En février 1943, en tant que Juif étranger dépourvu de titre de résidence, Jacob Barosin fut arrêté. Interné au camp de Gurs dans les Pyrénées, il parvint à s’en échapper et revint à Florac. Il y retrouva sa femme, Sonia, installée chez Ernest* et Lucie Audrix, qui avaient aménagé une chambre à sa disposition dans leur appartement.
Cependant, les Audrix* craignant que Jacob et Sonia Barosin ne soient découverts, les mirent en contact avec Fleur Gall*, épouse d’André Gall*. qui les mena chez Simone Serrière* à Montméjean, en pleine montagne.
Les habitants du village s'aperçurent rapidement qu'un couple juif était caché là et les Barosin durent chercher un nouveau refuge.
Ils se tournèrent vers de vieux amis, Boris* et Paulette Guervit*, habitant Paris, et leur envoyèrent une carte postale ainsi libellée : "Nous sommes malades et alités, nous souhaiterions vous voir et aller vivre dans un endroit où le climat convient mieux à notre mauvaise santé". Dans la semaine, Paulette Guervit*, suivie peu après par son mari, arriva à Montméjean avec de faux papiers pour les Barosin.
Le 1er septembre 1943, Boris Guervit* accompagna Jacob à Paris et le conduisit chez la mère de Paulette*, Mme Malet, à Soisy-sous-Montmorency. Une fois ce voyage mené à bonne fin, Boris* contacta sa femme Paulette* et lui annonça qu'elle pouvait à son tour escorter Sonia à Paris.
Sonia et Jacob furent cachés dans une petite pièce de l'appartement de Mme Malet. Le quartier fourmillait d'agents allemands, de policier français et d'agent secrets. Paulette Guervit* s'occupa de ses amis, leur apportant du ravitaillement.
Ce n'est qu'après la guerre qu'ils furent en mesure de rembourser ces dépenses.
Ils vécurent sous son toit pendant près d'un an, jusqu'à la Libération de Paris.
Les Barosin eurent la vie sauve et restèrent en contact avec Ernest* et Lucie Audrix et Boris* et Paulette Guervit* après la guerre.
En 1947, les Barosin émigrèrent aux États-Unis.
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Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Rencontre avec Paul Niedermann (Conférence de Paul Niedermann (1h24) enregistrée en mars 2011 au collège d'Estagel dans les Pyrénées-Orientales. Paul Niedermann retrace son parcours entre 1935 et 1945 de Karlsruhe à la Maison d'Izieu, en détaillant son passage au Camp de Rivesaltes. ) 2 Hommage aux habitants de Vialas (Cérémonie à Vialas le 28 mai 2011 : Ici, au cœur des Cévennes, nombre de familles juives ont été accueillies au cours des années 1940. Formant une part importante de la population, elles ont trouvé refuge dans un pays qui puise le goût de la liberté dans sa mémoire huguenote. )
3 Le site d'Anny Bloch (A lire, entre autres : le refuge cévenol (1940-1944), hommage aux habitants de Vialas et hommage au pasteur Boegner*, 22 août 2012 )
4 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)
Charles Daupeyroux
(18/07/1939 - 27/09/1941) Préfet de la Lozère
Pierre Olivier de Sardan
(1941 - 1942) Préfet de la région de Montpellier (Aude, Aveyron, Hérault, Lozère et Pyrénées-Orientales)
Alfred Hontebeyrie
(11/10/1942 - 16/07/1944) Alfred Roger Hontebeyrie, Préfet de l'Hérault et de la région de Montpellier (Aude, Aveyron, Hérault, Lozère et Pyrénées-Orientales) (1895-1969)
Henri Cordesse
(22/08/1944 - 24/09/1946) Préfet de la Lozère
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