Soutenez le travail de l'AJPN Chers lecteurs, vous êtes très très nombreux à utiliser l'AJPN et nous vous en sommes reconnaissants ! MAIS... AUJOURD'HUI NOUS AVONS BESOIN DE VOUS. Si vous acceptez de nous faire un don ouvert à crédit d’impôts, nous pourrons continuer ce travail. Par avance merci.
space  Mot de passe oublié    S'inscrire
  Recherche de personne, de lieu : affiche la page   Recherche type Google : propose des pages 
 
 
Page d'accueil Les communes de France durant la  Seconde Guerre mondiale  
Anonymes, Justes et Persécutés durant la période Nazie dans les communes de France
778 annonces de recherche
Votre Opinion
Actualités de l'AJPN
Revue de presse
39/45 en France (WWII)
base des données identifiées par AJPN.org
Nouveaux articles
Une page au hasard
36584 communes
95 départements et l'étranger
1202 lieux d'internement
710 lieux de sauvetage
33 organisations de sauvetage
4177 Justes de France
920 résistants juifs
11864 personnes sauvées, cachées
Expositions pédagogiques AJPN Exposition pédagogique 2e guerre mondiale : la guerre, l'occupation, la vie quotidienne, les lois antisémites, les rafles, les justes, les enfants cachés, les rescapés, les témoins L'enfant cachée
Das versteckte Kind

Chronologie 1905/1945
En France dans les communes
Les Justes parmi les Nations
Républicains espagnols
Tsiganes français en 1939-1945
Les lieux d'internement
Les sauvetages en France
Bibliothèque 1270 ouvrages
Cartographie
Glossaire
Audience : Xiti Plan du site
Signaler un problème technique
Imprimer cette page
Rhône

Région :
Auvergne-Rhône-Alpes
Département :
Rhône

Préfets :
Alexandre Angeli
(1940 - 1944) Alexandre Benoît Joseph Angeli, Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1893-1962) (1893-1962)
(24/01/1944 - 05/1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire). Résistant, dénoncé par la Milice, il est arrêté par la Gestapo et déporté à Neuengamme (1899-1945).
André Boutemy
(1944 - 1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1905-1959)
Yves Farge
(1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1899-1953)
Henri Longchambon
(1944 - 1946) Préfet du Rhône puis commissaire de la République pour la région Rhône-Alpes (1896-1969)

À lire, à voir…

André Besson André Besson
Clandestins de la Liberté. Ligne de démarcation et frontière suisse. 1940-1944.

ACHETER EN LIGNE

Robert Serre Robert Serre
Vincent Giraudier
Hervé Mauran
Jean Sauvageon
Des indésirables

 

Marek Halter Marek Halter
Les Justes, ces héros inconnus

ACHETER EN LIGNE

Loïc Dauvillier Loïc Dauvillier
Marc Lizano
Greg Salsedo
La bambina nascosta (L'enfant cachée, en italien)

ACHETER EN LIGNE

Patrick Cabanel Patrick Cabanel
Histoires des Justes en France

ACHETER EN LIGNE

Philippe Thirault Philippe Thirault
Chloé Cruchaudet
Thierry Chavant
Alberto Pagliaro
Hervé Duphot
Le combat des Justes - six récits de résistance

ACHETER EN LIGNE

Guy Sanglerat Guy Sanglerat
Parcours d'un étudiant dans la Résistance. De Lyon à Annecy

ACHETER EN LIGNE

Évelyne Py Évelyne Py
Un été sous les bombes - Givors, Grigny, Chasse 1944

ACHETER EN LIGNE

Sabine Gensburger Sabine Gensburger
Les Justes de France - Politiques publiques de la mémoire

ACHETER EN LIGNE

Jacques Semelin Jacques Semelin
Sans armes face à Hitler

ACHETER EN LIGNE

Denis Peschanski Denis Peschanski
Jorge Amat
La traque de l'affiche rouge

 

Jacques Semelin Jacques Semelin
Claire Andrieu
Sarah Gensburger
La résistance aux génocides. De la pluralité des actes de sauvetage

ACHETER EN LIGNE

Georges Garel Georges Garel
Katy Hazan
Élise Garel
Le sauvetage des enfants par l'OSE

ACHETER EN LIGNE

Pierre Péan Pierre Péan
Lydie Bastien, la diabolique de Caluire

ACHETER EN LIGNE

Gilles Lévy Gilles Lévy
L'Auvergne des années noires 1940-1944

ACHETER EN LIGNE

Jean-William Dereymez Jean-William Dereymez
Le refuge et le piège : Les Juifs dans les Alpes : 1938-1945

ACHETER EN LIGNE

Loïc Dauvillier Loïc Dauvillier
Marc Lizano
Greg Salsedo
숨어 산 아이 (L'enfant cachée, en coréen)

 

Nicolas Andry Nicolas Andry
Objectif Lyon

ACHETER EN LIGNE

Loïc Dauvillier Loïc Dauvillier
Marc Lizano
Greg Salsedo
L'enfant cachée

ACHETER EN LIGNE

Laurent Galandon Laurent Galandon
Arno Monin
Hamo
L'envolée sauvage - 2 cycles - 4 tomes

ACHETER EN LIGNE

Bruno  Permezel Bruno Permezel
Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours - 2824 engagements

ACHETER EN LIGNE

Loïc Dauvillier Loïc Dauvillier
Marc Lizano
Greg Salsedo
Hidden (L'enfant cachée, en anglais)

ACHETER EN LIGNE

Lucien Lazare Lucien Lazare
Dictionnaire des Justes de France

ACHETER EN LIGNE

Roger Zannelli Roger Zannelli
Résistant à seize ans

ACHETER EN LIGNE

Loïc Dauvillier Loïc Dauvillier
Marc Lizano
Greg Salsedo
Dítě s hvězdičkou (L'enfant cachée, en tchèque)

ACHETER EN LIGNE

Jean-Raphaël Hirsch Jean-Raphaël Hirsch
Réveille-toi Papa, c'est fini !

ACHETER EN LIGNE

Bruno Doucey Bruno Doucey
Si tu parles, Marianne

ACHETER EN LIGNE

Franck Pavloff Franck Pavloff
Matin brun

ACHETER EN LIGNE

 AJPN AJPN
Exposition "L'enfant cachée"

ACHETER EN LIGNE

Loïc Dauvillier Loïc Dauvillier
Marc Lizano
Greg Salsedo
המחבוא (L'enfant cachée, en hébreu)

 

Loïc Dauvillier Loïc Dauvillier
Marc Lizano
Greg Salsedo
Das versteckte Kind (L'enfant cachée, en allemand)

ACHETER EN LIGNE

Dominique Missika Dominique Missika
Dominique Veillon
Résistance - Histoires de familles, 1940-1945

ACHETER EN LIGNE
[Ajouter un ouvrage]

Juste parmi les Nations

Lily Metton Ceschino


Dossier Yad Vashem : 1576
Remise de la médaille de Juste : 1979
Sauvetage : L'Arbresle 69210 - Rhône
Profession: Enseignante à l'école libre de garçons de l'Abresle
Religion : Catholique
Nom de naissance: Ceschino
Nom d'épouse: Metton
Date de naissance: 1910
Date de décès: 1992
[Créer un nouvel article et/ou ajouter une photo]

Lily-Metton-Ceschino
Les Justes de France au Panthéon
source photo : YV _ FMS
crédit photo : D.R.
Notice

A l'école libre de garçons à L'Arbresle, le directeur Léon Perret*, Jean Grange* et André Bagny (frère Louis)* prennent en charge plusieurs juifs recherchés par la police, dont Wolf Lewin.
Lily Ceschino* et Louise Casati*, enseignantes à l'école, et Marie Metton*, gouvernante, participent à trouver des caches pour des réfugiés avant le les faire passer en Suisse.

Lien vers le Comité français pour Yad Vashem


Histoire
Lily Ceschino* témoigne dans ses mémoires : "J’arrivais à L'Arbresle pour la rentrée d'octobre 1930 avec l'ardeur de mes 20 ans et beaucoup d appréhension. Mais j'étais entre de bonnes mains.
Le père Léon Perret* se chargea de ma formation. Sa classe était voisine de la mienne. Un vitrage à mi-hauteur lui permettait de voir comment s’en tirait la novice. Il m’apprit à donner la leçon de lecture, d'écriture, de calcul. Ses méthodes étaient très personnelles mais combien efficaces ! Les marmots qui arrivaient du cours préparatoire, magistralement mené par Mme Grange, institutrice hors pair, les marmots, dis-je, savaient lire. Il s'agissait de maintenir et perfectionner…

A vrai dire, pour le père Léon Perret*, Jean Grange*, son épouse et moi, il n'y avait que nos élèves qui comptaient. Dès que nous étions réunis, même en dehors de nos heures de travail, même en vacances nous ne parlions que d'eux, échangeant des règles de grammaire, des recettes pédagogiques… ils étaient notre raison de vivre. Nous leur étions asservis sans limite.
Pour le père Léon Perret* et moi, qui étions tous deux célibataires, c'était sans inconvénient : nous pouvions nous faire dévorer jusqu'à l'os. Mais pour Jean Grange* et son épouse, qui avaient un ménage et deux enfants dont la grand-mère Grange s'occupait forcément, cela demandait beaucoup plus de sacrifices et ils en firent beaucoup pour les gosses de leur école.

L’école comportai quand j’y arrivais 4 classes. Deux classes et le parloir étaient installés à l’entresol d’une partie du vieux château renaissance avec tour hexagonale, escalier à vis, mus épais d’un mètre et pas une pièce sur le même plan....

Au-dessus de ces classes, dont l'une était le cours préparatoire confié à Mme Grange et l'autre la classe du "certo" confiée à Jean Grange* au-dessus, dis-je, se trouvaient le réfectoire, la cuisine, les chambres et les dortoirs. Tout cela devenait de plus en plus petit a mesure que le nombre des élèves ne cessait d'augmenter. Les lits se rapprochaient dans les soupentes, les moindres recoins étaient occupés. En haut de la tour hexagonale se trouvait une chambre très appréciée pour son indépendance, si ce n'est pour le panorama qu'on y découvrait. Quand il ventait fort, on se sentait osciller comme dans bateau, ce qui donnait un petit frisson pas désagréable
Bref, tout était plein comme un œuf. Pourtant, on émigrait. On alla s'installer dans le grand château proprement dis, où une grande salle au rez de chaussée devint dortoir. Mon cousin ayant acheté une bâtisse, rue des Roches, bâtisse qui jouxtait presque la cour de récréation, le père Léon Perret* la loue incontinent et une passerelle, partant de la cour, y atterrit aussi vite pour créer une classe de plus. Heureusement, on n'était pas aussi difficile qu'aujourd'hui sur les conditions de vie et d'hygiène : pas de douche, pas de wc à l'étage, seulement ceux de la cour.
Évidemment, l'inspecteur venait jeter un œil de temps en temps. C'est alors que le père Léon Perret* usait de son pouvoir de séduction concrétisé parfois par les douceurs d’une certaine bouteille d’Arquebuse de l’Ermitage, fabriquée par les frères Maristes à Saint-Genis-Laval.

J'ai dit que la façon de travailler et de vivre, à l’école du père Léon Perret* était tout à fait hors de l’ordinaire. Le père Léon Perret* lui-même par exemple… Souvent à 2 h du matin, il sortait de son lit et descendait travailler au parloir, prétendant, non sans raison, qu'à cette heure-là, il était moins dérangé. On le croyait volontiers !... Ce parloir hétéroclite, insolite, où l'on trouvait un énorme bureau de chêne du à six places, un guéridon sur lequel s'amoncelaient les boîtes à violon des élèves un canapé classique de velours vert et quelques chaises assorties habituellement plus ou moins déboitées. "Attention en vous asseyant..." , un piano rafistole par les moyens du bord et les gens du bord, parfois une toise quand il y avait visite médicale, une bascule à peser les sacs de grains ou les élèves...

Une gouvernante, dans le zèle de son arrivée, avait cru pouvoir mettre de l'ordre dans ce capharnaüm, poser même des rideaux, un semblant de coquetterie, d'aménagement. Elle avait ciré, essayé de lutter contre la poussière... Elle avait tenu trois mois, puis avait renoncé...

Et pourtant, de ce parloir en désordre, mal chauffé, j'ai vu sortir des gens réconfortés, un peu moins courbés qu'à l’arrivée. Quelqu'un les avait écoutés, écoutés avec affection, intérêt, tendresse même, et ils repartaient portant le même fardeau, mais avec plus de courage...

Que faisait donc le père Léon Perret* à 2 h du matin au parloir ? Il préparait sa classe, ses homélies de la rentrée d'une heure et demie, et celle qu'il faisait chaque matin à ses élèves... Il devait aussi prier et méditer car c'était un homme de vie intérieure profonde, mais si discrète, il travaillait également, je suppose, à la comptabilité de la maison. Cette comptabilité qui devait souvent donner des sueurs froides à la Providence appelée d'urgence à la rescousse... A 6 h 30, il sortait dans la cour et sifflait pour la messe. Y allait qui voulait... Au sortir de la messe : petit déjeuner des pensionnaires et des maîtres dans un réfectoire à peine suffisant en 1930 pour 120 personnes, on s'entasse de plus en plus. C'était du coude à coude !
De la cuisine, on apportait d'énormes marmites qui contenaient une soupe savoureuse, et consistante de pâtes, de riz, de flocons d'avoine, de courge, de gaudes. Elles se vidaient instantanément et le plus vorace obtenait la permission., mettant la marmite à côté de lui sur le banc, d'en racler le fond et le tour avec sa cuillère. Et pourtant, après la soupe, il y avait encore du fromage ou du beurre avec du miel ou de la confiture. Les maîtres mangeaient avec les élèves assis au milieu d'eux et les servant. J'ai appris à manger très vite... Pendant le repas : lecture. Le livre passait de mains en mains et n'en était pas plus propre pour cela ! Que lisait-on ? Oh, pas la vie des saints !... Quand j'arrivais, on lisait "Chapuzof", de Jean Drault, les mésaventures de ce pauvre Chapuzot sorti de sa ferme pour remplir ses obligations militaires à la caserne, les extravagantes inventions du capitaine Trombinon et son canon à charge purgative, tout cela était si cocasse que je faillis perdre l'appétit à force, de rire.
On lisait aussi "Sans famille" d'Hector Malot, "Les Ennuis" de Baptiste Catastrophe, le bien-nommé, particulièrement prisé du père Léon Perret*, qui y trouvait force matière à leçon de morale. On lut aussi "Pinocchio", puis la série des "Tom Playfays", puis les livres d'Ernest Perrochon... Outre que cela "faisait lire", ce moyen favorisait le calme au cours des repas et finalement était peut-être meilleur pour la digestion que le chahut, le bruit d'enfer des cantines...

Après le petit déjeuner, les pensionnaires sortaient dans la cour pousser quelques cris pour s'oxygéner les poumons et.retrouver les externes. Parmi, ceux-ci, quelques-uns étaient déjà à l'école depuis longtemps. J'en ai vu passer le portail à 6 h et quart le matin pour venir réciter leurs leçons avec les pensionnaires. "Mais enfin, qu'est-ce que vous leur faites donc ?" disaient les parents, "nous sommes encore au lit qu'ils partent déjà à l'école !". Et il faut ajouter que ceux qui arrivaient si tôt étaient souvent ceux qui repartaient les derniers îe soir, juste à l'heure où les pensionnaires allaient souper ! Oui qu'est-ce qu'on leur faisait à ces enfants pour qu'ils viennent avec un si grand zèle à l'école ?

A 7 h 45, dans la cour, tout le peuple grouillait. Les instituteurs, rassemblés sous la grosse cloche accrochée à la tour blasonnée, échangeaient sur le seuil de l'escalier à vis les premiers propos de la journée. 55 ou 60 élèves allaient s'engouffrer par cet escalier dans la classe du certo sous la férule du Tigre, lisez "ce cher Jean Grange*". A 8 h, coup de cloche, silence instantané, tenant presque du miracle.

Trois files d'enfants s'alignaient promptement : les élèves du père Léon Perret* et les miens sur les escaliers montant au 1er étage, au-dessus du préau, ceux du cours préparatoire sur les escaliers se rendant à la classe de Mme Grange, et la plus longue file près de la tour.
Un coup de sifflet : tout s'ébranlait et la cour, tout à l'heure pleine de cris, de bousculades, de rires, semblait s'endormir d'un repos bien gagné jusqu'à la prochaine récréation.

Les lieux sont si changés maintenant qu'il me faut fermer les yeux pour revoir la cour d'autrefois.

Au début en 1930, elle n'était certes pas goudronnée. Quand on passait le portail arrondi, vert sombre, on apercevait au fond un beau cerisier, dont les branches au printemps épandaient leurs dentelles sur une statue du Sacré-Cœur. Bientôt, l'invasion enfantine fit disparaître statue et cerisier... de la place, il fallait de plus en plus de place. On faisait dans cette cour en hiver de fameuses glissades !

Quand la nuit s'annonçait glacée, le père Léon Perret* ou Jean Grange* allaient, le soir, verser un arrosoir d'eau sur une bonne longueur de cour et, le lendemain, les premiers arrivés y allaient apprécier et essayer la rustique patinoire. Les galoches de bois en sortaient bien rabotées ! Des files de garçons, les mains aux épaules, se propulsaient à la queue leu leu sur ces toboggans de l'hiver à des allures qui auraient fait pousser des cris de terreur aux mères de ces champions. Mais, les mères sont toujours tranquilles quand elles sentent leurs enfants à l'école.

On jouait aussi évidemment beaucoup aux billes. Par un esprit contradictoire assez commun à l'enfant et à l'adulte, ce jeu paisible était surtout apprécié l'hiver et on voyait des acharnés balayer la neige pour tracer des serpents ou faire des pots, tandis qu'il était particulièrement délicieux, du moins pouvait-on le croire, de transpirer à grosses gouttes dans de terribles parties de ballon, de drapeau ou de palets, quand chauffait le soleil de mai ou de juin. Mais, c'est à ces moments de chaleur qu'intervenaient les fameuses douches du père Léon Perret*.

Pendant l'étude, cette longue étude de 17 à 18 h, ou dans le silence bercé par la chanson des mouches d'été, les élèves sentaient leur tête s'incliner sur leur cahier, certains sortaient, se mettaient rapidement en caleçons de bain dans les w.c. et le père Léon Perret*, armé de la lance d'arrosage, administrait à ces adeptes de l'hydrothérapie des jets d'eau froide qui les faisaient sauter en l'air, après quoi, rhabillés, fiais et dispos, ils retournaient à leurs devoirs...

Le portail de la place ! Arrêtons-nous un instant à ce portail ou Jean Grange* ou le père Léon Perret* se plaçaient les bras croisés (quand Jean Grange* ne partageait pas les parties endiablées qui se faisaient sur la place même pour surveiller les ébats dans les deux cours, car la place publique avec ou sans consentement, avait été accaparée pour les besoins de la cause. A ce portail, on mettait avec les années, une chaise pour le père Léon Perret* fatigué, et quand les plus petits arrivaient, c'était touchant de le voir entourer les petites épaules de son bras... les petits d'ailleurs n'étaient mêlés aux grands qu'aux récréations précédant les rentrées de 8 h le matin et de 1 h l'après-midi.

La cour était parfois autre chose que le théâtre des récréations... Ainsi, lors des nuits d'été trop chaudes, chaque pensionnaire et le père Léon Perret* ramassaient leur literie et s'installaient sous le préau pour dormir. Au petit jour, tout rentrait dans l'ordre, les draps attendant (a prochaine lessive avec un urgent besoin. !

Passant sous la voûte du donjon, on arrivait à la cour du vieux château proprement dit, la partie occupée par l'école devant être comprise autrefois dans les dépendances. Cette cour herbeuse était plantée d'arbres, de sycomores je crois. Il faisait bon l'été y venir faire un peu de classe aérée. Lorsque, couché dans l'herbe, on écrit une dictée sur l'ardoise, comment n'en pas garder un bon souvenir. J'y ai vu passer les oraux de ce fameux certificat d'agriculture auquel tenait tant le père Léon Perret*...

... De la cour, on apercevait en face, côté levant, la colline d'Éveux et le champ d'expérience. Ce champ avait, comme son nom l'indique, servi à des expériences agricoles puis, délaissé, il avait été loué par le père Léon Perret*. En été par les journées de forte chaleur, quand venait le soir, on embarquait sur la remorque-maison gamelles et marmites et la troupe des pensionnaires allait prendre le repas du soir le derrière dans l'herbe. Tout le monde assis à la bonne franquette, élèves et maîtres, on versait dans les assiettes de grandes louches de pommes de terre ou de haricots en salade et, tout en mangeant, on regardait le soir tomber sur L'Arbresle. Cette détente resserrait et recelait toute l'amitié qui animait maîtres et élèves par-dessus les affrontements journaliers et inévitables. Puis quand l'ombre montait trop fort, on rentrait tranquillement, traversant le passage à niveau, le pont de la Madeleine et reprenant la rue du marché sans les risques effroyables de la circulation actuelle. Et les gens disaient, en entendant les pépiements de la troupe, :"Voilà le père Léon Perret* qui rentre avec ses enfants". Ce champ était resté malgré tout un champ d'expériences. Le père Léon Perret*, aidé de quelques grands, devait y planter, vaille que vaille, divers légumes. La remorque s'y rendait, transportant les outils aratoires, puis les pensionnaires allaient y travailler. Les gamins, souvent fils d'agriculteurs, se retrouvaient dans leur élément, plus parfois qu'en étude devant leurs livres...

A la fm de sa vie, pas étonnant si une canne ne suffisait plus à le conduire jusqu'à ses champs d'expériences agricoles, situés là-haut sur la colline (Éveux ! Alors, ses élèves avaient agencé une petite remorque de bicyclette sur laquelle ils avaient placé une chaise basse et... quand la pente était trop rude. Le père Léon Perret* s'y installait et deux "Grands" emportaient leur directeur au milieu d'un groupe allègre de camarades semant aux échos les refrains de quelques chants de route ! Cela valait d'être vu... On peut dire que le travail à l'école du père Léon Perret* reposait solidement sur un système d'émulation bien mis au point... Dans chaque classe, les élèves étaient placés en compétition deux par deux pour la durée de la. semaine... Leçons sues, devoirs bien faits, écriture, tenue du cahier; interrogations écrites : il y avait mille manières de gagner des points... Il y avait aussi les fameux Bons Points

Réveil... Autre moyen encore d'activité... Chaque élève pouvait prendre de l'avance sur son travail. Muni d'un carnet qu'il présentait au pointage du maître, il pouvait réciter les leçons des 2 ou 3 jours suivants. C'est pourquoi, on voyait arriver des élèves dès 6 h le matin et repartir à 7 h et demie le soir...

Mais grâce à ces procédés, l'école était vraiment une ruche bourdonnante qui ne cessait son activité que bien peu d'heures dans la nuit. En effet, les pensionnaires préparant le Brevet élémentaire avaient la permission de veiller car ils avaient beaucoup à faire. Au parloir ou dans leurs classes, les maîtres préparaient les cours du lendemain ou corrigeaient les cahiers. Cela se terminait fort tard, souvent passé minuit, et comme le père Léon Perret*, au lit depuis 20 h, se remettait à l'ouvrage parfois à 2 h du matin, la maison restait comme un phare allumé au-dessus de L'Arbresle. presque toute la nuit.

08/04/2011

[Compléter l'article]
Réseau de sauvetage
André Bagny (Frère Louis)
Louise Casati
Jean Grange
Marie Metton
Léon Perret (Frère Firmin. Père Perret)
 
Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Lily Metton Ceschino
Wolf Lewin

Chronologie [Ajouter]
Cet article n'est pas encore renseigné par l'AJPN, mais n'hésitez pas à le faire afin de restituer à cette commune sa mémoire de la Seconde Guerre mondiale.


Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]

Comment ajouter le votre. En savoir plus…

Pas de travaux actuellement sur ce sujet… Vous pouvez mettre le votre en ligne sur le site ajpn.org.


Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Blog sur quelques Justes et sur le livre (Blog hébergé par la Tribune de Genève sur quelques justes honorés par Yad Vashem sur l'intervention du délégué pour la Suisse et la région frontalière Ain et Haute-Savoie, Herbert Herz, ainsi que sur divers événements organisés autour de la parution du livre "Mon combat dans la Résistance FTP-MOI" )
2 Le site du poète Pierre Emmanuel (Le site officiel du poète Pierre Emmanuel. Vous y trouverez aussi des pages sur sa vie et son action à Dieulefit durant la guerre, à Beauvallon, puis à la Roseraie. )
3 Guy Sanglerat, ancien membre du Coq Enchaîné (Le Coq Enchaîné était un réseau de résistance de la région qui pendant l'occupation allemande rassemblait des syndicalistes, des socialistes et des radicaux de la mouvance d’Édouard Herriot. Membre du réseau, Guy Sanglerat publie ses souvenirs.. )
4 Le Coq enchaîné (Le Coq enchaîné : un journal clandestin sous l'occupation allemande. Le premier numéro fait son apparition en mars 1942. Les membres du Coq Enchaîné mèneront aussi des actions de résistance. Il a compté jusqu'à 400 membres. Le réseau sera décimé en 1943. Guy Sanglerat raconte ... )
5 Les archives du conseil général de Savoie (La liste des 168 "travailleurs israëlites" en partance de Ruffieux, établie le 24 Août 1942. )
6 Là où coule le Gier (La guerre, énorme chaos bouleversant les vies. Tel est le décor dans lequel évoluent René et Aima. De leur jeunesse à leurs combats, l'auteur nous invite à les suivre dans cette aventure où chacun fera preuve d'un courage incroyable. Ce roman, basé sur des faits réels, nous emmène de la Vallée du Gier dans la Loire à Clermont-Ferrand et nous fait traverser certains camps de concentration en Allemagne en suivant le parcours de deux jeunes gens que la vie a forgé pour combattre aussi bien dans l'univers ouvrier des années 30 que pendant la seconde guerre mondiale avec leur implication dans la résistance. Cette plongée dans le passé a nécessité de nombreuses recherches suivies d'une longue enquête menée sur la vie de ces deux personnages. )
7 Marianne Cohn (Page dédiée à Marianne Cohn et à ses compagnons de résistance. Un mois avant d"être arrêtée, elle a sauvé ma tante Eva et mon père Maurice Finkelstein )
8 L'attentat de la Poterne du 8 mars 1944 (Page consacrée à l'ouvrage "L'attentat de la Poterne, un drame au cœur de Clermont" (2015).
Cette étude sur l'attentat de la Poterne du 8 mars 1944 recoupe des documents d'archive à des témoignages oraux et écrits. Elle reprend de manière chronologique les évènements, de l'attentat de résistants sur un détachement allemands à l'immensité des représailles qui ont suivi : incendie d'immeubles, nombreuses arrestations, déportations et condamnations à mort. )
9 "Objectif Lyon !"
10 Laurent Neury, l'espoir au bout du pont. Histoire et mémoire de la filière de Douvaine, Cabedita, 2019
11 L'abbé André Payot, résistant et chef de réseau (Biographie détaillée d'André Payot et de ses activités de résistant durant la seconde guerre mondiale à Chamonix et Vallorcine (Haute-Savoie). Livre écrit par Jean-Luc de Uffredi, publié en 2019 aux éditions les Passionnés de bouquins. )

Annonces de recherche
[Déposer une annonce]

[Signaler que le contenu de cet article vous semble erroné]


Avertissement Les informations affichées sur le site de ajpn.org sont fournies par les personnes qui contribuent à l'enrichissement de la base de données. Certaines, notamment les témoignages, ne peuvent être vérifiées par ajpn.org et ne peuvent donc pas être considérées d'une fiabilité totale. Nous citons les sources de ces informations chaque fois qu'elles nous sont communiquées. Toutes les demandes de rectification de données erronées sont bienvenues et, dans ce cas, les corrections nécessaires sont appliquées dans les meilleurs délais en citant la source de ces corrections. C'est par cette vigilance des visiteurs de notre site que nous pouvons assurer la qualité des informations conservées dans la base de données ajpn.org
* Juste parmi les Nations
 
visiteurs connectés

Justes parmi les Nations - Righteous among the Nations - De Gerechten mank de Völker - Giusti tra le nazioni - Drept între popoare - Gerechter unter den Völkern - Sprawiedliwy wsród Narodów Swiata - Rechtvaardige onder de Volkeren - Justuloj inter la popoloj - Rättfärdig bland folken - Spravodlivý medzi národmi - Spravedlivý mezi národy - Vanhurskaat kansakuntien joukossa - Világ Igaza - Justos entre as nações - Justos entre las Naciones - Justos entre les Nacions
© Lhoumeau, Marchal 2008 2019