Jeanne-Hélène vit à Nay avec ses trois enfants : Suzanne, Jeannot et Simone. Divorcée de Louis Camino en 1935, elle rencontre Jules Loureau, marchand de bois retraité et ancien du conseil municipal de Nay, avec qui elle se met en ménage.
Jeanne-Hélène et Suzanne travaillent dans les usines de bérets à Nay, les établissement Blancq-Olibet. Suzanne, ouvrière qui réalise les queues de bérets au crochet, participe activement aux conflits de juillet 1937 à juin 1939 qui opposent violemment ouvriers et patrons du textile.
Lorsque la guerre éclate, Jeanne-Hélène qui souffre d’insuffisance rénale ne peut plus travailler.
Son frère Jeannot décide de filer en Espagne d’où il rejoindra les forces libres de la 2e DB.
Les trois femmes de la maison, Jeanne-Hélène, Suzanne et Simone, opposées au régime nazi, accueillent des enfants juifs dès juillet 1942. Jules ne se mêle pas des affaires des femmes. Le docteur Moura de Nay leur demande de cacher une petite fille, qui reste quelques jours, puis une seconde que Jeanne-Hélène ne peut pas garder car elle pleure trop. En effet, le risque est grand car dans la ferme à côté les agriculteurs « faisaient des brioches et des massepains pour les boches ». Par sécurité, la petite fille est envoyée dans une ferme à quatre kilomètres de là.
Par des filières juives, arrivent d’autres enfants sortis clandestinement du Camp du Récébédou. Ils sont cachés chez les Camino en attendant de trouver les passeurs pour partir, par l’Espagne, Casablanca et le Portugal, vers les États-Unis.
Dès l’arrivée des enfants Jules cache les papiers dans les « lapinières ».
Le dernier des huit enfants accueillis par les Camino est Lucien Toupas qui n’a que onze ans lorsqu’il arrive à Nay en mai 1944 au terme de deux mois de périple à travers la France occupée. En 1943 son père est arrêté à Paris et déporté. Lucien est alors confié à sa grand-mère qui sera arrêtée et déportée en juillet 1943. Lucien restera caché sous un lit pendant deux jours avant de retrouver sa mère, mais en mars 1944, elle est dénoncée et raflée. Le petit orphelin se souvient qu’il a une tante à Nay et prend alors tout seul la route vers les Pyrénées. Il traverse la France avec son étoile jaune qu’il craint de retirer. Il arrivera deux mois plus tard. « C’était formidable, je n’avais jamais vu la campagne. J’étais très impressionné par le gave » se souvient-il. Sa tante, résistante, est recherchée par la Gestapo et Lucien sera alors confié aux Camino. Jeanne-Hélène lui arrache son étoile, qu’elle enterre dans le jardin et lui donne le nom de Loureau. Il devient ainsi aux yeux de tous le neveu de Jules Loureau. Jeanne-Hélène et sa fille Suzanne s’occupent de Lucien qui se sent en famille. Il dort entre les deux femmes lorsqu’il a peur la nuit.
Jeanne-Hélène Camino, malade, décède en 1944, et Suzanne prend le relais, naturellement.
Le ravitaillement est assuré par les amies d’usine de Suzanne, dont une agricultrice de Soumoulou. L’approvisionnement en lait est difficile mais Suzanne se débrouille. Lucien se souvient : « Ce n’était pas des gens riches mais on avait toujours à manger ».
Suzanne et sa sœur Simone, impliquées dans la Résistance, passent du courrier et accueillent les Juifs en chemin vers l’Espagne pour quelques heures ou quelques jours.
À la Libération, sa tante vient chercher Lucien et le place dans un orphelinat. Il y attend sa mère qui ne reviendra jamais, morte à Auschwitz le 13 avril 1944.
Suzanne se marie avec Joseph Chevalier en 1947 et aura quatre enfants Georges, Hélène, Lucien (par amitié pour Lucien Toupas) et Philippe.
Lucien Toupas mettra des années à revenir à Nay. Il ne reviendra que dans les années 1980 retrouver « sa famille » pour ne plus la perdre.
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Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Paul Joseph dit Joseph Bourson Arrêté comme otage et fusillé le 11 juin 1944 à Mussidan (Dordogne), Blog2 pages,
réalisation 2011 Auteur :
Alain LAPLACE
Article rédigé à l'occasion de mes recherches généalogiques, puis la mise en ligne d'un blog (http://majoresorum.eklablog.com)dédié à la famille BOURSON qui a été expulsée en 1940 du village de Vigy (Moselle) et réfugiée à Mussidan (Dordogne) et les villages alentours où elle a vécu toute la durée de la guerre. Plusieurs personnes natives de Vigy faisaient partie des 52 otages fusillés le 11 juin 1944.
Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Comité national français en hommage à Aristides de Sousa Mendes 2 Connus ou inconnus mais Justes (C’est dans le sillon creusé par Aristides de Sousa Mendès, Madeleine Barot, Charles Altorffer, Marc Boegner, Henry Dupuy, Raoul Laporterie… que s'ancre le souvenir de tous ces Justes que la modestie pourrait renvoyer à l’oubli et à l’indifférence.
Ce livret du Crif Sud-Ouest Aquitaine, écrit et coordonné par Hellen Kaufmann, présidente de l'AJPN, rend hommage à chacun des 225 Justes récompensés à ce jour en Aquitaine. La moindre des choses était de leur permettre de dire et de déposer leur histoire, pour que l’avenir ne les oublie plus jamais, ni eux ni les anonymes qui ont aidé au sauvetage de Juifs. )
3 La Prison militaire de Mauzac : camps d’internements sous Vichy (revue Arkheia, n°5-6, 2004. ) 4 Jacky Tronel, Séjour surveillé pour « indésirables français » : Le château du Sablou en 1940 (La politique de répression mise en place par la IIIe République à l’encontre des individus jugés “dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique” se traduit par la création de “centres de séjour surveillé pour indésirables français”. En Dordogne, le “Camp du château du Sablou” voit ainsi le jour. Il fonctionne du 17 janvier au 30 décembre 1940, soit une année à peine… Suffisamment longtemps pour marquer la mémoire du lieu, ainsi que celle des trois à quatre cents internés, détenus “par mesure administrative” (in Arkheia, revue d'histoire). ) 5 Victime en représailles à Mussidan 6 Les neufs jours de Sousa Mendes - Os nove dias de Sousa Mendes (Documentaires de Mélanie Pelletier, 2012.
Avec António de Moncada de Sousa Mendes, Andrée Lotey, Elvira Limão, Hellen Kaufmann, Manuel Dias Vaz, Irene Flunser Pimentel, Esther Mucznik, José Caré júnior, Marie-Rose Faure, Maria Barroso… et António de Oliveira Salazar, Charles de Gaulle, le Maréchal Philippe Pétain, et le rabin Haïm Kruger. )
7 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)
Émile Ducommun
(1940 - 1942) Préfet des Pyrénées-Atlantiques
Angelo Chiappe
(16/07/1939 - 24/09/1940) Préfet des Pyrénées-Atlantiques
Maurice Sabatier
(01/05/1942 - 1944) Maurice Roch Antoine Sabatier, Préfet régional de la région de Bordeaux (Basses-Pyrénées, Gironde et Landes) (1897-1989)
François Pierre-Alype
(1941 - 1941) Marie François Jules Pierre dit Pierre-Alype, Préfet régional de la région de Bordeaux (Basses-Pyrénées, Gironde et Landes) (1886-1956)
Gaston Cusin
(30/08/1944 - 18/05/1945) Commissaire régional de la République à la Libération (Basses-Pyrénées, Gironde, Lot-et-Garonne et Landes) (1903-1993)
Léopold Chénaux de Leyritz
(25/06/1940 - 24/01/1944) Léopold Marie Frédéric Chéneaux de Leyritz, Préfet de Haute-Garonne et préfet régional de la région de Toulouse à partir de 1941 (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1896-1970)
André Sadon
(24/01/1944 - 06/02/1944) André Paul Sadon, Préfet régional de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1891-1965)
Jean Cassou
(1944 - 1944) Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1897-1981)
Pierre Berteaux
(1944 - 1946) Pierre Félix Berteaux, Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1907-1986)
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