Adolphe Zadek était le fils de Chaïm, tailleur juif ashkénaze, né le 2 juin 1897, et de Sheva née Scheps à Tomaszow (Pologne) le 18 janvier 1896. La famille habitait 186 Grande Rue à Charleroi (Belgique). Internés à Rivesaltes, Sheva, 46 ans, et son fils Salomon, 20 ans, né le 5 juillet 1922 à Kalisz (Pologne), furent déportés sans retour vers Auschwitz le 26 août 1942 par le convoi n° 24. Chaïm, 45 ans, sera déporté sans retour quelques jours plus tard, le 2 septembre 1942 par le convoi n° 27.
Adolphe Zadek, garçon chétif et craintif, fut confié par ses parents, en catastrophe, au Secours suisse. Il fut ensuite pris en charge par un secourable agriculteur de Chambon-sur-Lignon, qui, par crainte d'être dénoncé renonça à le protéger, dès qu'il fut sortit de l'adolescence.
Évacué vers le mas de Coste à Cannes-et-Clairan dans le Gard, sur les conseils de la famille de Fanny Llinares* (née Mandon), celle-ci militant aux côtés du Secours suisse, Adolphe passa une année en compagnie de Fanny* et Eusébie Llinarès* (automne 44 à automne 45). Ils venaient de se marier et de s'établir régisseurs du Mas de Coste.
Émile Costes, le patron d'Eusébie Llinarès et le maire du village, Marc Poussielgue, étaient au courant de la situation d'Adolphe Zadek, mais c'était des personnes de confiance selon Fanny* et Eusébie Llinarès* qui le faisaient donc passer pour le neveu de Haute-Loire (Adolphe était fluet et faisait bien plus jeune que son âge).
Pendant son séjour, Adolphe participait aux tâches quotidiennes (travail de la vigne, quelques travaux d'entretien et il soignait surtout les chevaux), le dimanche il allait au temple avec ma grand mère comme si de rien n'était, et ce pendant une année.
Après la guerre, Adolphe Zadek, seul rescapé de sa famille, retournera en Belgique.
Adolphe Zadek a retrouvé la trace de Fanny* et Eusébie Llinarès* en 2001, après des années de recherches.
Les seuls souvenirs d'Adolphe Zadek étaient : une propriété viticole et deux chevaux : un blanc, Sultan et l'autre roux, César.
Adolphe Zadek et Fanny* et Eusébie Llinarès* se sont retrouvés le 11 septembre 2001 en Gare de Nîmes, cernés par les forces de l'ordre en raison de l’attentat des deux tours jumelles...
Témoignage de Lucile Romillon (avril 2011), arrière petite-fille de Fanny* et Eusébie Llinarès*, qui a participé au voyage "Mémoires de Justes", un voyage organisé par la Fondation France-Israël de petits-enfants de Justes Français en Israël, en 2011 en hommage à sa famille :
"Je suis descendante de Juste parmi les nations par mon grand-père Eusébie Llinares, je suis donc sa petite-fille, la dernière des petits-enfants et je n'en suis pas peu fière !
Je ne me souviens plus très bien comment j'ai appris que mon grand-père avait hébergé Adolphe, je crois que je le sais depuis ma toute petite enfance, il me parle souvent, très souvent de la guerre et d'Adolphe. Ce n'est pas un sujet tabou pour lui, je pense que c'était normal pour lui et ma grand-mère, cependant le fait de devoir aller sur le front en Normandie l'a traumatisé bien qu'il ait su en tirer des anecdotes plutôt marrantes comme le fait qu'il échangeait sa ration de cigarettes contre de l'huile d'olive car il ne buvait et ne fumait pas !
Mon grand-père est toujours en vie, il a aujourd'hui 91 ans tout comme ma grand-mère, ils sont âgés.
Adolphe et sa femme Mary sont très proches de mes grands-parents.
Je me souviens d'eux quand j'étais toute petite, ils essayaient de venir chaque été pour leur rendre visite et passer du bon temps. Je préparais des pâtes maisons avec Mary et aussi des petits gâteaux en formes de demi-lune. Ils sont eux aussi toujours en vie et vivent à Bruxelles avec leur fils que je n'ai jamais rencontré mais j'ai rencontré leur petite-fille Muriel. Leur fille, Nicole Zadek Kaplan, vit en Israël avec son mari et leurs quatre garçons. Je les ai rencontrés lors de la remise de la médaille des Justes et nous avons gardé contact.
L’histoire de mon grand-père commence en plein cœur de l'occupation. Adolphe Zadek, fils d'un tailleur de Bruxelles, juif ashkénaze, qui ne revint hélas jamais des camps de la mort où il fut déporté avec sa femme et le cadet de leurs quatre enfants, Adolphe fut longtemps sous la protection du Secours suisse, puis d'un secourable agriculteur de Chambon-sur-Lignon (le village dans son intégralité a reçu le titre de Juste, le seul avec une commune néerlandaise), qui, par crainte d'être dénoncé renonça à le protéger, dès qu'il fut sortit de l'adolescence.
Évacué vers le mas de Coste à Cannes-et-Clairan dans le Gard, sous les conseils de la famille de ma grand-mère Fanny Llinarès (de son nom de jeune fille Mandon), celle-ci militant aux côtés du Secours suisse, Adolphe passa une année en compagnie de mes grands parents (automne 44 à automne 45). Ils venaient de se marier et de s'établir régisseurs du Mas de Coste.
Le patron de mon grand père (Émile Costes) et le maire du village (Marc Poussielgue) étaient au courant de la situation d'Adolphe, c'était des personnes de confiance selon mes grands-parents. Ils le faisaient donc passer pour le neveu de Haute-Loire (Adolphe était fluet et faisait bien plus jeune que son âge).
Pendant son séjour, Adolphe participait aux tâches quotidiennes (travail de la vigne, quelques travaux d'entretien et il soignait surtout les chevaux), le dimanche il allait au temple avec ma grand-mère comme si de rien n'était, et ce pendant une année.
Adolphe a retrouvé la trace de mes grands-parents (Fanny et Eusébie Llinarès) en 2001, après des années de recherches. C'est lors d'un séjour en Espagne où il raconta son histoire à Denise Brull (Montpelliéraine) qui rassembla tous ses souvenirs jusqu'à remonter au Mas de Coste, puis à mes grands-parents, via Vincent Coste (producteur de vin bio dans les Costières de Nîmes).
Les seuls souvenirs d'Adolphe étaient: une propriété viticole et deux chevaux : un blanc, Sultan et l'autre roux, César.
Adolphe et mes grands-parents se sont donc retrouvés le 11 septembre 2001 en Gare de Nîmes qui était d'ailleurs cernée par les forces de l'ordre en raison de l’attentat des deux tours jumelles.
Mes grands parents ont donc reçu la noble récompense de Justes parmi les nations de leur vivant, l'an dernier."
Pas de travaux actuellement sur ce sujet… Vous pouvez mettre le votre en ligne sur le site ajpn.org.
Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Rencontre avec Paul Niedermann (Conférence de Paul Niedermann (1h24) enregistrée en mars 2011 au collège d'Estagel dans les Pyrénées-Orientales. Paul Niedermann retrace son parcours entre 1935 et 1945 de Karlsruhe à la Maison d'Izieu, en détaillant son passage au Camp de Rivesaltes. ) 2 Les maquis en Cévennes (Pour la Mémoire, dans cet historique de la Résistance en Cévennes, il y a la saga d’une bonne partie de la Résistance M.U.R. du Gard, concernant ses maquis de l’Aigoual, mais aussi leur mouvance, de Nîmes, Le Grau du Roi, Sommières et même Ganges, étroitement uni à Lasalle, Saint Hippolyte du Fort et Valleraugue. C’est la mémoire d’une résistance populaire, encadrée par des hommes courageux, volontaires, qui n’étaient pas préparés à ces lourdes responsabilités et qui surent les assumer, avec raison et sans défaillance.
La montée en puissance de cette résistance, surestimée par l’adversaire, lui donna un grand rayonnement dans notre département. C’est aussi, la mémoire d’un pays de montagne moyenne, mais très accidentée, sorte de refuge dans lequel s'’est perpétuée une tradition d’accueil et de liberté. Les Cévennes. )
3 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)
Auguste Martin
(08/04/1938 - 25/09/1940) Préfet du Gard
Marcel Ribière
(1940 - 1943) Marcel Julien Henri Ribière, Préfet de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse) (1892-1986)
Angélo Chiappe
(25/09/1940 - 14/02/1944) Préfet du Gard
Jean Chaigneau
*
(Mai 1943 - Mai 1944) Marie Joseph Jean Chaigneau, Préfet de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse). Arrêté en mai 1944 par les Allemands, il est déporté au camp d'Eisenberg
Alfred Papinot
(14/02/1944 - 25/08/1944) Préfet du Gard
Raymond Aubrac
(1944 - 1945) Raymond Aubrac, de son vrai nom Raymond Samuel, Commissaire de la République de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse) (1914)
Paul Haag
(1945 - 1946) Paul Maurice Louis Haag, Commissaire de la République de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse) (1891-1976)
Avertissement Les informations affichées sur le site de l'AJPN sont fournies par les personnes qui contribuent à l'enrichissement de notre base de données. Certaines, notamment les témoignages, ne peuvent être vérifiées par l'AJPN et ne peuvent donc pas être considérées d'une fiabilité totale. Nous citons les sources de ces informations chaque fois qu'elles nous sont communiquées. Toutes les demandes de rectification de données erronées sont bienvenues et, dans ce cas, les corrections nécessaires sont appliquées dans les meilleurs délais en citant la source de ces corrections. C'est par cette vigilance des visiteurs de notre site que nous pouvons assurer la qualité des informations conservées dans notre base de données.
Justes parmi les Nations -
Righteous among the Nations
- De Gerechten mank de Völker -
Giusti tra
le nazioni - Drept între
popoare -
Gerechter unter den Völkern - Sprawiedliwy
wsród Narodów Swiata -
Rechtvaardige onder de Volkeren -
Justuloj inter la popoloj - Rättfärdig bland folken - Spravodlivý medzi národmi - Spravedlivý mezi národy
-
Vanhurskaat kansakuntien joukossa - Világ Igaza - Justos entre as nações - Justos entre las Naciones - Justos
entre les Nacions