En septembre 1939, la famille Rosenzweig, Juifs originaires de Pologne, est évacuée de Metz avec l’ensemble de la population civile. Après avoir trouvé asile dans différentes localités, et grâce à l’aide de Désiré Lalande*, le maire de Vallet, ils arrivent à Bordeaux en novembre 1941 et louent un appartement voisin de celui de Marcel Bernadac*, ingénieur travaillant pour la municipalité.
Les familles font connaissance, leurs enfants ont le même âge, fréquentent la même école et deviennent amis. Fervent patriote, Marcel Bernadac* écoute chaque soir les nouvelles de la radio de Londres. Max Rosenzweig se joint régulièrement à lui, trouvant un peu d’espoir dans ces émissions et dans la sympathie manifestée par son voisin. En juin 1944, à la fin de l’année scolaire, Marc et Jean Rosenzweig sont envoyés en vacances dans un village de Charente. Quelques jours plus tard, Mueller, un agent de la Gestapo, sonne à la porte des Bernadac à Bordeaux : il vient vérifier des rumeurs sur la présence de certaines personnes qu’on aurait vues dans l’un des appartements.
Ignorant quel était l’appartement occupé par les Rosenzweig, il demande où habite « le blond aux yeux bleus ». Comprenant qu’il s’agit de Max, Marcel Bernadac* répond qu’il s’agit sans doute d’une erreur, aucun locataire de l’immeuble ne correspondant à cette description.
Dès que l’agent de la Gestapo s’en va, Marcel Bernadac* se précipite chez ses voisins et les adjure de se sauver sur-le-champ. Les Rosenzweig et leur tante, qui vit avec eux, partent sans prendre le temps d’emporter quoi que ce soit. Peu après un camion de la Gestapo s’arrête devant l’immeuble et des agents en descendent.
Les Rosenzweig avaient eu le temps de fuir, grâce à la présence d’esprit de Marcel Bernadac*. Marcel Lagarde*, secrétaire de la mairie de Pleine-Selve, leur délivre de fausses pièces d'identité françaises établies au nom de "Rozan".
Ils se réfugient ensuite à Montendre où étaient hébergés leurs enfants et furent accueillis par Désiré Lalande*.
Les familles restèrent en contact après la guerre, même après l’installation des enfants Rosenzweig en Israël.
Lettre de Jonathan Rosen à James Pitaud<br />
Ramat Gan le 21 Mai 2008<br />
<br />
Cher Monsieur,<br />
Je vous contacte, suite à ma rencontre, avec Monsieur Pragier, de Metz, lors de sa visite en Israël la semaine dernière. Mr. Pragier m'a montré la lettre que vous avez envoyée au Consistoire Israélite de cette ville pour avoir des renseignements sur les personnes figurant sur la liste de Lorrains réfugiés dans votre région durant la deuxième guerre mondiale.<br />
Je suis le fils cadet de Max et Sarah Rosenzweig, et frère de Marc Rosenzweig. Le nom de Rosenzweig figure sur votre liste. <br />
La famille Rosenzweig a quitté Metz en septembre 1939, après l'ordre d'évacuation de la ville. J'avais six ans à la déclaration de la guerre, 12 ans en 1945.<br />
Nous avons été cachés durant la guerre dans le sud-ouest de la France (en Gironde et en Charente Maritime) et nous avons été sauvés à deux reprises des arrestations nazies grâce aux actions de Monsieur Désiré Lalande, maire en 1940 de la commune de Vallet (par Montendre), et de Monsieur Marcel Bernadac, ingénieur, à Bordeaux.<br />
Messieurs Lalande et Bernadac ont reçu le 1<sup>er</sup> mars 1994 la médaille de "<a href="Justes.html" >Justes</a> parmi les Nations".<br />
Je vous joins une liste de documents intéressant l'histoire du passage de ma famille en Charente Maritime et en Gironde durant la deuxième guerre mondiale:<br />
1. Un article du journal "La Haute Saintonge" du 22 septembre 1984: "Une histoire simple".<br />
2. Un article du journal "La Haute Saintonge" du 10 novembre 1984: "Une histoire simple".<br />
3. Un article du journal "La Haute Saintonge" du 19 janvier 1985: "Un pont jeté sur le temps et l'espace".<br />
4. Deux articles du journal "Sud Ouest (édition de Bordeaux) du mardi 10 janvier 1995 : "Montendre et Bordeaux, "A la mémoire des <a href="Justes.html" >Justes</a>".<br />
5. Un article du journal Sud Ouest (édition de Charente-Maritime) du mardi 10 janvier 1995 : "En souvenir d'une main tendue".<br />
6. Un article du Site Internet du Judaïsme d'Alsace-Lorraine: la vie musicale de mon père, <a href=http://judaisme.sdv.fr/histoire/rabbins/hazanim/rosenzw.htm>Max Rosenzweig</a>.<br />
Je reste à votre disposition pour toute information supplémentaire.<br />
Veuillez agréer, cher Monsieur Pitaud, mes meilleures salutations.<br />
Jonathan Rosen (Jean Rosenzweig)
08/10/2009 Source : Lettre à Monsieur James Pitaud, Jonzac
Chronologie[Ajouter]
Cet article n'est pas encore renseigné par l'AJPN, mais n'hésitez pas à le faire afin de restituer à cette commune sa mémoire de la Seconde Guerre mondiale.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Sur les traces d’un survivant de la Shoah : le récit de Philippe Glanzberg Auschwitz-Birkenau matricule 164 517, Témoignage37 pages,
réalisation 2012 Auteurs :
Chantal Le Guillou, Ghislain Le Guillou
Rescapé du camp d’Auschwitz-Birkenau, Philippe Glanzberg a témoigné devant des collégiens et des lycéens de son expérience des camps. Son témoignage précieux permet de faire comprendre ce qu’a pu être la vie d’un jeune Français de confession israélite dans cette période terrible que fut la Seconde Guerre Mondiale. Ce récit est aussi une plongée dans le XXe siècle.
Louis Bourgain
(18/07/1940 - 1944) Vice-amiral, Préfet de de la Vienne et préfet régional de la région de Poitiers (Charente-Maritime (Charente-Inférieure jusqu'en 1941), Deux-Sèvres et Vendée et les parties occupées de la Charente, de Dordogne et de la Vienne. Condamné à huit ans de prison à la Libération (1881-1970)
Jean Schuhler
(Juin 1944 - 1946) Commissaire régional de la République de la région de Poitiers (Charente-Maritime (Charente-Inférieure jusqu'en 1941), Deux-Sèvres et Vendée et les parties occupées de la Charente, de Dordogne et de la Vienne)
Avertissement Les informations affichées sur le site de l'AJPN sont fournies par les personnes qui contribuent à l'enrichissement de notre base de données. Certaines, notamment les témoignages, ne peuvent être vérifiées par l'AJPN et ne peuvent donc pas être considérées d'une fiabilité totale. Nous citons les sources de ces informations chaque fois qu'elles nous sont communiquées. Toutes les demandes de rectification de données erronées sont bienvenues et, dans ce cas, les corrections nécessaires sont appliquées dans les meilleurs délais en citant la source de ces corrections. C'est par cette vigilance des visiteurs de notre site que nous pouvons assurer la qualité des informations conservées dans notre base de données.
Justes parmi les Nations -
Righteous among the Nations
- De Gerechten mank de Völker -
Giusti tra
le nazioni - Drept între
popoare -
Gerechter unter den Völkern - Sprawiedliwy
wsród Narodów Swiata -
Rechtvaardige onder de Volkeren -
Justuloj inter la popoloj - Rättfärdig bland folken - Spravodlivý medzi národmi - Spravedlivý mezi národy
-
Vanhurskaat kansakuntien joukossa - Világ Igaza - Justos entre as nações - Justos entre las Naciones - Justos
entre les Nacions