Durant la guerre 1939-1945, deux familles de Millançay se sont illustrées, au péril de leur vie et de celle de leurs proches, en accueillant, sous leur toit, huit enfants âgés de 9 à 15 ans, de confession juive, afin de les protéger de la persécution nazie.
Léon Ajzenman est né en 1935 et vivait au début de la guerre à Paris, avec sa mère, veuve depuis 1938.
Dès l'application du statut des Juifs, ils furent expulsés de leur appartement à Paris. Madame Ajzenman trouva refuge chez sa sœur, madame Bochenek et son fils, Léon, fut mis en pension.
Durant l'été 1943, Léon Ajzenman, âgé de 8 ans, est placé dans une famille près de Montargis où il rejoint son cousin Henri Bochenek, 8 ans.
Suite à la déportation de Madame Ajzenman, Madame Bochenek se retrouve sans domicile et est accueillie par Blanche Osselin* et son père, Léopold Blineau*, chez qui une de ses nièces s'est déjà réfugiée. Blanche Osselin*, qui tenait le café de Millançay, a caché les deux femmes ainsi que deux jeunes filles juives.
En février 1944, la région de Montargis devenant trop dangereuse, il est décidé que leur rapatriement à Millançay où résidaient déjà leurs deux parentes.
Grâce à un membre de la famille Blineau* qui assure des transports de bois, les deux enfants sont conduits à Millançay dans des conditions difficiles, compte tenu des nombreux barrages rencontrés sur la route et pris en charge par la famille Beignet* avec deux autres garçons, Jacques et Simon Grymberg, âgés respectivement de 14 et 15 ans. Grâce aux soins attentifs dispensés dans cette ferme solognote, ils retrouvent rapidement la santé.
Leur séjour prendra fin à la Libération de Paris, le 25 août 1944. Après avoir traversé la Loire sur un pont mis en place par les unités du génie américain, ils rejoignent leur famille dans la capitale. Ils continueront à entretenir des relations avec leurs familles d'accueil.
Léon Ajzenman a, en lien avec un habitant de Millançay, élaboré un dossier de preuves pour l'Institut Yad Vashem de Jérusalem, en vue de l'attribution à ces cinq héros du titre de "Justes parmi les nations" ; démarche concrétisée le 15 septembre 2005 par la remise de cette distinction à Madame Andrée Gerbault-Beignet, seule survivante et aux descendants des autres personnes concernées à titre posthume.
Ces enfants ont eu la vie sauve grâce au dévouement individuel mais aussi à l'aide sans faille de la population qui n'a rien révélé. Andrée Beignet Gerbault*, modeste et généreuse, a tout d'abord été aide familiale chez sa mère veuve. Ensuite, elle se marie en 1945 et rejoint la ferme de ses beaux-parents où elle sera également employée jusqu'à ce que son mari et elle-même reprennent l'exploitation, à leur compte, en 1953.
Retraitée depuis 1980, Andrée Beignet Gerbault* est toujours disponible pour apporter aide et soutien à son entourage.
Femme discrète, celle-ci a accepté de recevoir la médaille des Justes en mémoire des autres habitants ayant œuvré à la sauvegarde de ces enfants.
Notice réalisée avec l'aide de la Préfecture de Loir-et-Cher.
Chronologie[Ajouter]
Cet article n'est pas encore renseigné par l'AJPN, mais n'hésitez pas à le faire afin de restituer à cette commune sa mémoire de la Seconde Guerre mondiale.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Jacques Bussière
(25/11/1942 - 1944) Jacques Félix Bussière, Préfet régional d’Orléans (Eure-et-Loir, Loiret et Loir-et-Cher et les parties occupées du Cher et de l'Indre). Arrêté, interné au camp de Compiègne puis déporté en Allemagne, il mourra en déportation (1895-1945)
Jacques Moranne
(25/06/1940 - 1942) Jacques Alexandre Moranne, Préfet régional d’Orléans (Eure-et-Loir, Loiret et Loir-et-Cher et les parties occupées du Cher et de l'Indre) (1901-1982)
Angelo Chiappe
(06/02/1944 - 08/1944) Ange Marie Pascal Eugène Chiappe, Préfet régional d’Orléans (Eure-et-Loir, Loiret et Loir-et-Cher et les parties occupées du Cher et de l'Indre). Arrêté à la Libération, il est fusillé le 23 janvier 1945. (1889-1945)
André Mars
(1944 - 1946) Commissaire régional de la République d’Orléans (Eure-et-Loir, Loiret et Loir-et-Cher et les parties occupées du Cher et de l'Indre) (1896-1957)
Avertissement Les informations affichées sur le site de l'AJPN sont fournies par les personnes qui contribuent à l'enrichissement de notre base de données. Certaines, notamment les témoignages, ne peuvent être vérifiées par l'AJPN et ne peuvent donc pas être considérées d'une fiabilité totale. Nous citons les sources de ces informations chaque fois qu'elles nous sont communiquées. Toutes les demandes de rectification de données erronées sont bienvenues et, dans ce cas, les corrections nécessaires sont appliquées dans les meilleurs délais en citant la source de ces corrections. C'est par cette vigilance des visiteurs de notre site que nous pouvons assurer la qualité des informations conservées dans notre base de données.
Justes parmi les Nations -
Righteous among the Nations
- De Gerechten mank de Völker -
Giusti tra
le nazioni - Drept între
popoare -
Gerechter unter den Völkern - Sprawiedliwy
wsród Narodów Swiata -
Rechtvaardige onder de Volkeren -
Justuloj inter la popoloj - Rättfärdig bland folken - Spravodlivý medzi národmi - Spravedlivý mezi národy
-
Vanhurskaat kansakuntien joukossa - Világ Igaza - Justos entre as nações - Justos entre las Naciones - Justos
entre les Nacions