Profession: Prêtre représentant de l'organisation Caritas Qualité: Suisse Religion : Catholique Date de naissance: 1904 (Lausanne (Suisse))
Date de décès: 1975 (Bretagne)
Né à Lausanne, ordonné prêtre en 1934, père Albert Gross* dirige le Foyer Saint-Justin à Fribourg.
Le père Albert Gross* arrive au camp de Gurs en mai 1942. Il est envoyé par l’évêque de Fribourg en qualité de représentant de l’organisation Caritas, une organisation suisse à vocation sociale.
Il est chargé d’apporter son réconfort spirituel aux catholiques internés dans le camp. Mais, au cours des treize mois qu’il y passe, il vient en aide à de nombreux détenus non catholiques et notamment des Juifs. Cette aide se traduit essentiellement par des activités illégales. Il leur fournit des autorisations de transit et des visas de résidence temporaire en Suisse qu’il se procure lors de ses visites périodiques dans son pays, pour présenter des rapports sur son travail.
Il transmet ces précieuses pièces à des Juifs qui avaient réussi à s’enfuir de Gurs mais qui, faute de papiers, ne pouvaient quitter la France.
Parmi les Juifs qui lui doivent ainsi la vie se trouvent Dora Weizberg, son père et sa sœur alors âgée de dix-sept ans, ainsi que Georges Vadnai, qui deviendra plus tard grand rabbin de Lausanne.
Le père Albert Gross* lui sauva la vie alors qu’il se trouvait à Gurs. Voyant qu’il figurait sur la liste des personnes à déporter, il va le chercher et l’emmène dans le baraquement où se trouvent les Juifs dont le sort n’a pas encore été décidé. Il a l’idée d’utiliser la catégorie de réfugié "non refoulable" :
En effet, dans la nuit du 3 au 4 mars 1943 durant laquelle 750 Juifs sont "sélectionnés" pour la déportation, Georges Vadnai doit se présenter devant la "commission de sélection". Sa nationalité yougoslave le condamne à la déportation. Il tente de faire admettre une nationalité hongroise, pays où il est né en 1915, qui lui épargnerait la déportation : "Je dois prendre place dans un groupe qui partira par le prochain autobus pour Oloron-Drancy. […] Près de moi, une porte s’ouvre, un curé entre. J’apprends d’un codétenu qu’il s’agit de l’Abbé Albert Gross* […] dont les interventions efficaces et les actions de sauvetage sont connues de tout le monde. Sans hésitation, je l’aborde: "Mon Père, je me présente: je suis le Rabbin Vadnai. Je sers Dieu dans un autre temple que vous, mais j’espère que cela ne vous empêchera pas de me donner un coup de main ; je viens d’être sélectionné pour la déportation". L’abbé parvient à le faire sortir une première fois, mais le rabbin passe à nouveau devant la "commission de sélection" : "Le président «sélectionneur" se tourne vers l’Abbé Albert Gross* : "Qu’en pensez-vous mon Père?" "L’Abbé Albert Gross* donne, évidemment, la réponse que j’attends de lui et qui me sauve la vie : pour moi, il n’y a pas de doute, il est Hongrois".
L’abbé Albert Gross* retrouva d'autres Suisses, à Gurs. L'infirmière Elsbeth Kasser, première étrangère admise au camp en décembre 1940, y resta trois ans, créant un dispensaire, ouvrant une école avec sept classes.
L’abbé Albert Gross* fut témoin du départ des six convois de déportation de Gurs. Il cacha une quarantaine de Juifs dans une réserve pour qu’ils échappent aux déportations.
Le religieux camouflait son activité sous le couvert de sa mission officielle, mais son œuvre de sauvetage l’exposait en permanence à de sérieux dangers.
L’action de l’abbé Albert Gross* ne s’est pas limitée au camp de Gurs. Il a également organisé la traversée du Léman pour deux ou trois réfugiés et a vraisemblablement participé à la fabrication de faux papiers. Enfin, c’est lui qui a transmis à Berne la première liste de non-refoulables, comportant 22 noms. Cette liste, régulièrement actualisée, allait compter 1 460 noms dans sa dernière version, en août 1944.
Son origine était la suivante: le pasteur Marc Boegner* avait convenu avec les autorités helvétiques que certains protégés des œuvres d’entraide, pour lesquels elles se portaient garantes, seraient accueillis sans risque de refoulement.
Sur la liste qu’il allait finalement transmettre, Albert Gross* avait placé une collaboratrice de l’Œuvre de secours aux enfants, elle aussi détachée à Gurs. Il passa avec elle clandestinement la frontière suisse en juin 1943.
Il poursuit son ministère notamment à Moudon et à Lucens et meurt accidentellement en Bretagne.
Chronologie[Ajouter]
Cet article n'est pas encore renseigné par l'AJPN, mais n'hésitez pas à le faire afin de restituer à cette commune sa mémoire de la Seconde Guerre mondiale.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Paul Joseph dit Joseph Bourson Arrêté comme otage et fusillé le 11 juin 1944 à Mussidan (Dordogne), Blog2 pages,
réalisation 2011 Auteur :
Alain LAPLACE
Article rédigé à l'occasion de mes recherches généalogiques, puis la mise en ligne d'un blog (http://majoresorum.eklablog.com)dédié à la famille BOURSON qui a été expulsée en 1940 du village de Vigy (Moselle) et réfugiée à Mussidan (Dordogne) et les villages alentours où elle a vécu toute la durée de la guerre. Plusieurs personnes natives de Vigy faisaient partie des 52 otages fusillés le 11 juin 1944.
Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Comité national français en hommage à Aristides de Sousa Mendes 2 Connus ou inconnus mais Justes (C’est dans le sillon creusé par Aristides de Sousa Mendès, Madeleine Barot, Charles Altorffer, Marc Boegner, Henry Dupuy, Raoul Laporterie… que s'ancre le souvenir de tous ces Justes que la modestie pourrait renvoyer à l’oubli et à l’indifférence.
Ce livret du Crif Sud-Ouest Aquitaine, écrit et coordonné par Hellen Kaufmann, présidente de l'AJPN, rend hommage à chacun des 225 Justes récompensés à ce jour en Aquitaine. La moindre des choses était de leur permettre de dire et de déposer leur histoire, pour que l’avenir ne les oublie plus jamais, ni eux ni les anonymes qui ont aidé au sauvetage de Juifs. )
3 La Prison militaire de Mauzac : camps d’internements sous Vichy (revue Arkheia, n°5-6, 2004. ) 4 Jacky Tronel, Séjour surveillé pour « indésirables français » : Le château du Sablou en 1940 (La politique de répression mise en place par la IIIe République à l’encontre des individus jugés “dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique” se traduit par la création de “centres de séjour surveillé pour indésirables français”. En Dordogne, le “Camp du château du Sablou” voit ainsi le jour. Il fonctionne du 17 janvier au 30 décembre 1940, soit une année à peine… Suffisamment longtemps pour marquer la mémoire du lieu, ainsi que celle des trois à quatre cents internés, détenus “par mesure administrative” (in Arkheia, revue d'histoire). ) 5 Victime en représailles à Mussidan 6 Les neufs jours de Sousa Mendes - Os nove dias de Sousa Mendes (Documentaires de Mélanie Pelletier, 2012.
Avec António de Moncada de Sousa Mendes, Andrée Lotey, Elvira Limão, Hellen Kaufmann, Manuel Dias Vaz, Irene Flunser Pimentel, Esther Mucznik, José Caré júnior, Marie-Rose Faure, Maria Barroso… et António de Oliveira Salazar, Charles de Gaulle, le Maréchal Philippe Pétain, et le rabin Haïm Kruger. )
7 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)
Émile Ducommun
(1940 - 1942) Préfet des Pyrénées-Atlantiques
Angelo Chiappe
(16/07/1939 - 24/09/1940) Préfet des Pyrénées-Atlantiques
Maurice Sabatier
(01/05/1942 - 1944) Maurice Roch Antoine Sabatier, Préfet régional de la région de Bordeaux (Basses-Pyrénées, Gironde et Landes) (1897-1989)
François Pierre-Alype
(1941 - 1941) Marie François Jules Pierre dit Pierre-Alype, Préfet régional de la région de Bordeaux (Basses-Pyrénées, Gironde et Landes) (1886-1956)
Gaston Cusin
(30/08/1944 - 18/05/1945) Commissaire régional de la République à la Libération (Basses-Pyrénées, Gironde, Lot-et-Garonne et Landes) (1903-1993)
Léopold Chénaux de Leyritz
(25/06/1940 - 24/01/1944) Léopold Marie Frédéric Chéneaux de Leyritz, Préfet de Haute-Garonne et préfet régional de la région de Toulouse à partir de 1941 (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1896-1970)
André Sadon
(24/01/1944 - 06/02/1944) André Paul Sadon, Préfet régional de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1891-1965)
Jean Cassou
(1944 - 1944) Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1897-1981)
Pierre Berteaux
(1944 - 1946) Pierre Félix Berteaux, Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1907-1986)
Avertissement Les informations affichées sur le site de l'AJPN sont fournies par les personnes qui contribuent à l'enrichissement de notre base de données. Certaines, notamment les témoignages, ne peuvent être vérifiées par l'AJPN et ne peuvent donc pas être considérées d'une fiabilité totale. Nous citons les sources de ces informations chaque fois qu'elles nous sont communiquées. Toutes les demandes de rectification de données erronées sont bienvenues et, dans ce cas, les corrections nécessaires sont appliquées dans les meilleurs délais en citant la source de ces corrections. C'est par cette vigilance des visiteurs de notre site que nous pouvons assurer la qualité des informations conservées dans notre base de données.
Justes parmi les Nations -
Righteous among the Nations
- De Gerechten mank de Völker -
Giusti tra
le nazioni - Drept între
popoare -
Gerechter unter den Völkern - Sprawiedliwy
wsród Narodów Swiata -
Rechtvaardige onder de Volkeren -
Justuloj inter la popoloj - Rättfärdig bland folken - Spravodlivý medzi národmi - Spravedlivý mezi národy
-
Vanhurskaat kansakuntien joukossa - Világ Igaza - Justos entre as nações - Justos entre las Naciones - Justos
entre les Nacions