Maison d'Izieu
source photo : Maison d'Izieu/Coll. S. Zlatin
crédit photo : D.R.
Colonie d'Izieu, été 1943.
Par rangée, de gauche à droite, en partant du fond : Arnold Hirsch, Raoul Bentitou, une jeune fille non identifiée ; Théo Reis, Marcelle Ajzenberg, Miron Zlatin (directeur et économe de la colonie) et tenant un chapeau au bout d’un bâton, Max-Marcel Balsam ; un enfant non identifié, Philippe Dehan, Berthe Mering, un enfant non identifié sur les genoux de Miron Zlatin ; un enfant non identifié à quatre pattes, debout déguisé : Jacques Benguigui, Paula Mermelstein, Georgy Halpern, Sigmund Springer (la tête tournée), Esther Benassayag, Nina Aronowicz, Claude Levan-Reifman (dont on n’aperçoit que les yeux), deux enfants non identifiés ; assis avec une chemisette blanche : Henri Verdier, au premier plan avec un ciré noir : un enfant non identifié.
source photo : Maison d'Izieu/Coll. S. Zlatin
crédit photo : D.R.
Eté 1943. De gauche à droite. Au premier plan, en partant du deuxième : Théo Reis, Paulette Pallarès, Arnold Hirsch, Marcelle Ajzenberg, jeune fille, Barouk-Raoul Bentitou. Au centre : Paul Mermelstein, Sigmund Springer, Joseph Goldberg (?), Nina Aronowicz. Les enfants assis au premier plan ne sont pas identifiés
source photo : Coll. Philippe Dehan
crédit photo : D.R.
Maison des Enfants d'Izieu qui abrite depuis 1994, le mémorial des enfants d'Izieu
source photo : Holocaust-Gedenktag
crédit photo : D.R.
Entre mai 1943 et la rafle du 6 avril 1944, la Colonie d’Izieu a accueilli 105 enfants juifs pour tenter de les soustraire aux persécutions antisémites. Pour certains, elle fut un lieu de passage pour quelques semaines ou quelques mois. Sur cette photo prise au cours de l’été 1943, on reconnaît des enfants et des adultes arrêtés le 6 avril 1944, mais également d’autres qui ont pu quitter la colonie avant la rafle. Sur ordre de Klaus Barbie, 44 enfants et 7 adultes furent arrêtés le 6 avril 1944, puis déportés. Léa Feldblum, éducatrice, fut l’unique survivante.
Accablés par la défaite, préoccupés par les difficultés matérielles, les français ne réagissent guère, en 1940 - 1941, à la persécution anti-juive. Les Églises demeurent silencieuses, les mouvements de Résistance encore inorganisés.
Seules des œuvres caritatives viennent en aide aux Juifs, et notamment aux internés des camps. Parmi celles-ci, l'Oeuvre de Secours aux Enfants (OSE), une organisation juive créée en Russie en 1912, se consacre à la libération des jeunes, sous la responsabilité d'Andrée Salomon et de Joseph Weill.
Avec le soutien du préfet de l'Hérault, M. Bénédetti, et de deux de ses collaborateurs, MM. Ernst et Frederici, et l'aide active de l'Abbé Prévost et du R.P. Chaillet*, ces enfants sont accueillis à partir de 1941 dans le home ouvert par l'OSE à l'initiative de Sabine Zlatin à Palavas-Les-Flots.
Mais la situation se dégradant dans l'Hérault, Sabine et Miron Zlatin partent sur la demande du préfet, avec quelques enfants vers l'Ain, alors sous occupation italienne, et où les Juifs sont moins pourchassés.
Avec l'aide du sous-préfet de Belley, Pierre-Marcel Wiltzer, ils s'installent dans une grande maison à Izieu, petit village qui surplombe le Rhône à la limite de la Savoie et de l'Isère.
En quelques semaines, la vie s'organise. Mlle Cojean, secrétaire de la préfecture de l'Ain, veille à l'équipement matériel, que fournit le Secours National. Une institutrice, Gabrielle Perrier, aujourd'hui Mme Tardy, est nommée.
Les enfants, brutalement séparés de leur famille, orphelins d'un ou deux parents, dont beaucoup ont subi des mois d'internement, réapprennent petit à petit à rire, jouer, à croire en un avenir possible.
Les enfants en danger
L'Italie capitule le 8 septembre 1943. La Wehrmacht occupe les départements jusqu'alors sous autorité italienne.
En février 1944, la Gestapo arrête le personnel employé au siège de l'OSE à Chambéry. Celle-ci décide de dissoudre au plus vite toutes les collectivités d'enfants. Sabine Zlatin, inquiète, multiplie les démarches pour cacher les enfants d'Izieu. Début avril 1944, elle se rend à Montpellier pour demander l'aide de l'Abbé Prévost. C'est là que la surprend la nouvelle de la rafle.
La rafle
Le 6 avril 1944, alors que les enfants se préparent à prendre leur petit déjeuner, deux camions et une voiture de la Gestapo de Lyon - sur ordre de Klaus Barbie - font irruption dans la cour et arrêtent brutalement toutes les personnes présentes.
Seul Léon Reifman, arrivé quelques heures plus tôt, parvient à s'enfuir en sautant par une fenêtre. Les fermiers voisins, les Perticoz, l'aident ensuite à se cacher.
Envoyés à Drancy, 34 enfants et 4 adultes sont déportés à Auschwitz-Birkenau le 13 avril 1944 par le convoi n° 71. A l'exception de Lea Feldblum, tous ont été gazés comme les 8 autres enfants partis dans les convois 72 (29 avril), 74 (20 mai), 75 (30 mai) et 76 (30 juin).
Miron Zlatin et les deux adolescents les plus âgés, Théo Reis (16 ans) et Arnold Hirsh (17 ans) sont déportés le 15 mai 1944 par le convoi numéro 73, uniquement composé d'hommes dans la force de l'âge. C'est dans la forteresse de Tallin en Estonie, que les SS viennent les chercher pour les exécuter dans la forêt toute proche.
10 Familles hébergées, cachées ou sauvées à la Maison d'Enfants d'Izieu[Compléter]
05/1943 / 06/04/1944 Famille Adler - Edmond et Alfred (Oscar) restent deux semaines à Izieu puis sont placés dans des familles d’accueil en Haute-Savoie. (Mémorial d'Izieu)
05/1943 / 06/04/1944 Famille Alexander - Heinz (Mémorial d'Izieu)
05/1943 / 06/04/1944 Famille Allouch - Huguette et Renée (Mémorial d'Izieu)
05/1943 / 06/04/1944 Famille Avidor - Violette (Mémorial d'Izieu)
05/1943 / 06/04/1944 Famille Benguigui - Yvette (Mémorial d'Izieu)
05/1943 / 06/04/1944 Famille Bergman - Alex (Mémorial d'Izieu)
05/1943 / 06/04/1944 Famille Bernard - Paulette (Mémorial d'Izieu)
05/1943 / 06/04/1944 Famille Boudon - Pierre et Roger (Mémorial d'Izieu)
Famille Heber - Paulette Heber, née en Belgique.
05/1943 / 06/04/1944 Famille Niedermann - Paul, né le 01/11/1927 à Karlsruhe (Allemagne) (Mémorial d'Izieu)
35 Familles arrêtées (Maison d'Enfants d'Izieu)[Compléter]
06/04/1944Famille Adelsheimer - Sami, 5 ans, né à Mannheim (Allemagne) le 30 octobre 1938, de nationalité allemande, réfugié à la maison des enfants d'Izieu, est arrêté parce que juif le 6 avril 1944, par la Gestapo de Lyon, sur ordre de Klaus Barbie.
Envoyés à Drancy, 34 enfants et 4 adultes sont déportés sans retour à Auschwitz-Birkenau le 13 avril 1944 par le convoi n° 71. Déportation : 13/04/1944 convoi no 71
06/04/1944Famille Ament - Hans (dit Jeannot), 10 ans, né à Vienne (Autriche) le 15 février 1934, fils d'Ernestine et de Max, de nationalité autrichienne, réfugié à la maison des enfants d'Izieu, est arrêté parce que juif le 6 avril 1944, par la Gestapo de Lyon, sur ordre de Klaus Barbie. 34 enfants et 4 adultes sont déportés sans retour à Auschwitz-Birkenau le 13 avril 1944 par le convoi n° 71. Hans est déporté le 30 mai 1944 par le convoi n° 75. Déportation : 30/05/1944 convoi no 75
06/04/1944Famille Aronowicz - Nina, 12 ans, née à Bruxelles le 28 novembre 1932, de nationalité belge, réfugiée à la maison des enfants d'Izieu, est arrêtée parce que juive le 6 avril 1944, par la Gestapo de Lyon, sur ordre de Klaus Barbie.
Envoyés à Drancy, 34 enfants et 4 adultes sont déportés sans retour à Auschwitz-Birkenau le 13 avril 1944 par le convoi n° 71. Nina est déporté sous le nom de "Marie Aronovic". Déportation : 13/04/1944 convoi no 71
06/04/1944Famille Balsam - Jean-Paul, 10 ans, né en France, de nationalité française, est réfugié à la maison des enfants d'Izieu. Le 6 avril, son frère Max, 12 ans, vient lui rendre visite pour les vacances de Pâques. Ils sont arrêtés parce que juifs le 6 avril 1944, par la Gestapo de Lyon, sur ordre de Klaus Barbie.
Envoyés à Drancy, 34 enfants et 4 adultes sont déportés sans retour à Auschwitz-Birkenau le 13 avril 1944 par le convoi n° 71. Déportation : 13/04/1944 convoi no 71
06/04/1944Famille Benassayag - Esther, 12 ans, Élie, 10 ans, et Jacob, 8 ans, nés en Algérie, de nationalité française, sont arrêtés parce que juifs le 6 avril 1944, par la Gestapo de Lyon, sur ordre de Klaus Barbie.
Envoyés à Drancy, 34 enfants et 4 adultes sont déportés sans retour à Auschwitz-Birkenau le 13 avril 1944 par le convoi n° 71. Déportation : 13/04/1944 convoi no 71
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Maquis de l'Ain et du Haut-Jura (Une référence pour beaucoup de responsables nationaux de la Résistance ou du Maquis à propos de l'histoire des Maquis de l'Ain et du Haut-Jura. )
2 Blog sur quelques Justes et sur le livre (Blog hébergé par la Tribune de Genève sur quelques justes honorés par Yad Vashem sur l'intervention du délégué pour la Suisse et la région frontalière Ain et Haute-Savoie, Herbert Herz, ainsi que sur divers événements organisés autour de la parution du livre "Mon combat dans la Résistance FTP-MOI" ) 3 Mémoires de l'Ain 1939-1945 (Forum à disposition des personnes qui désirent discuter et partager des infos sur la Seconde Guerre mondiale dans l'Ain. )
4 Le site du poète Pierre Emmanuel (Le site officiel du poète Pierre Emmanuel. Vous y trouverez aussi des pages sur sa vie et son action à Dieulefit durant la guerre, à Beauvallon, puis à la Roseraie. ) 5 Guy Sanglerat, ancien membre du Coq Enchaîné (Le Coq Enchaîné était un réseau de résistance de la région qui pendant l'occupation allemande rassemblait des syndicalistes, des socialistes et des radicaux de la mouvance d’Édouard Herriot. Membre du réseau, Guy Sanglerat publie ses souvenirs.. )
6 Le Coq enchaîné (Le Coq enchaîné : un journal clandestin sous l'occupation allemande. Le premier numéro fait son apparition en mars 1942. Les membres du Coq Enchaîné mèneront aussi des actions de résistance. Il a compté jusqu'à 400 membres. Le réseau sera décimé en 1943. Guy Sanglerat raconte ... )
7 Les archives du conseil général de Savoie (La liste des 168 "travailleurs israëlites" en partance de Ruffieux, établie le 24 Août 1942. )
Chronologie[Ajouter]
Cet article n'est pas encore renseigné par l'AJPN, mais n'hésitez pas à le faire afin de restituer à cette commune sa mémoire de la Seconde Guerre mondiale.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Alexandre Angeli
(1940 - 1944) Alexandre Benoît Joseph Angeli, Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1893-1962)
Charles Donati
(1941 - 1943) Charles Guérin Joseph Louis Donati, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (né en 1891)
Alfred Hontebeyrie
(1941 - 1941) Alfred Roger Hontebeyrie, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1895-1969)
Jean Quenette (07/1943 - 30/12/1943) Jean François Quenette, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie), révoqué par Vichy et recherché par la Gestapo pour son activité de résistant (1903-1971).
Georges Bernard
(1944 - 1944) Georges Albert Maurice Bernard, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1890 - 1953)
Édouard Bonnefoy (24/01/1944 - 05/1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire). Résistant, il sera dénoncé par la Milice, arrêté par la Gestapo et déporté à Neuengamme (1899-1945).
André Boutemy
(1944 - 1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1905-1959)
Jean Bouhey
(Mars 1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1898-1963)
Yves Farge
(1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1899-1953)
Jean Mairey
(1945 - 1946) Jean Marie Albert Mairey, Commissaire régional de la République par intérim de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1907-1982)
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