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Éléonore Charret


Dossier Yad Vashem : 13397
Remise de la médaille de Juste : 31/01/2018
Sauvetage : Villepinte 93420 - Seine-Saint-Denis
Type d'aide: Hébergement
Profession: Sans profession
Nom de naissance: Éléonore Marie Louise Mortier
Nom d'épouse: Charret
Date de naissance: 07/04/1899
Date de décès: 21/10/1988
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eleonore-Charret
Éléonore Charret
source photo : Coll. Yad Vashem
crédit photo : D.R.
Notice

Philippe Charret*, cheminot né en 1896 et son épouse Éléonore née Mortier* habitent Villepinte avec leur fille Suzanne. Ils vont sauver Madeleine Rotcajg.

Mayer et Myriam Rotcajg ont émigré de Pologne en France en 1930. Mayer est confectionneur en pantalons pour hommes, Myriam est finisseuse. Le couple habite un petit logement 28 rue de Belleville dans le 20e arrondissement de Paris. Madeleine Rotcajg naît à Paris en août 1931. Elle va à l’école maternelle et élémentaire. Elle parle yiddish et très vite apprend le français.

A la déclaration de la guerre en septembre 1939, Mayer Rotcajg s’engage dans la Légion étrangère. Il est affecté au 21ème régiment de Marche des Volontaires Etrangers. En 1940, il est fait prisonnier et envoyé au stalag en Allemagne. Son épouse bénéficiera ainsi du statut de femme de prisonnier de guerre.

Fin juin 1941, Madeleine attrape une pleurésie. On conseille à sa mère de la mettre dans un sanatorium. Il en existe un à Villepinte, à une vingtaine de kilomètres au nord de Paris. Myriam Rotcajg connaît bien cette ville car la famille y allait régulièrement en vacances avant la guerre. Ne voulant pas mettre sa fille dans un sanatorium, elle trouve une famille pour accueillir Madeleine : Éléonore* et Philippe Charret*. Madeleine reste chez les Charret pendant les vacances scolaires durant l’été 1941, puis elle rentre à Paris.

Ayant eu connaissance de rumeurs de rafles imminentes, Myriam Rotcajg décide d’envoyer Madeleine chez les Charret le 14 juillet 1942, deux jours avant la grande rafle dite du « Vél d’Hiv ». Quelques jours plus tard, Madame Rotcajg demande à Éléonore* et Philippe Charret* s’ils peuvent garder Madeleine pendant l’été au cas où il lui arriverait malheur. Madeleine fait de fréquents « allers et retours » entre Paris et Villepinte et est scolarisée à l’école de son quartier à Paris.

Depuis juin 1942, elle porte l’étoile juive obligatoire pour les enfants âgés de plus de six ans. Dans sa classe, elle est pratiquement la seule élève juive qui reste. Ses institutrices, Mademoiselle Courtois et Madame Lagan l’aident beaucoup dans sa scolarité.
Au 28 rue de Belleville, les Rotcajg possédaient aussi une pièce qui servait d’atelier au 4e étage dans laquelle Myriam et sa fille dormaient pour ne pas rester dans l’appartement. Myriam avait expliqué à sa fille qu’il lui faudrait se dissimuler dans une cachette qui avait été préparée dans un placard en cas de descente de policiers.

Le 3 février 1944, Myriam et sa fille ne vont pas dormir dans l’atelier. A 3 ou 4 heures du matin, elles sont brusquement réveillées par des coups dans la porte : c’est la police française. Myriam se lève, pousse sa fille dans le placard qu’elle ferme à clé. La porte de l’appartement est enfoncée, Myriam est arrêtée. Madeleine reste dans le placard pendant de longues heures quand tout à coup, la porte s’ouvre. Elle découvre la concierge qui l’envoie se réfugier chez une voisine pour le restant de la nuit. Au petit matin, Madeleine brise les scellés sur la porte de l’appartement, s’habille de vêtements chauds. Elle écrit à Éléonore* et Philippe Charret* pour leur expliquer la situation en les priant de venir la chercher et se réfugie au 4e étage dans l’atelier. Deux jours plus tard, Éléonore Charret* et sa fille Suzanne viennent chercher Madeleine chez la concierge.

A Villepinte, chez les Charret*, il y avait deux autres fillettes juives : Odette (6 ans) et Paulette (11 ans). Quelques semaines plus tard, Paulette quitte la maison de Villepinte pour aller rejoindre ses parents en zone Sud. Madeleine reste chez Éléonore* et Philippe Charret* avec la petite Odette. Elle est présentée comme étant la fille d’une cousine. Elle va à l’école à Villepinte et obtient son Certificat de Fin d’Etudes.

Éléonore* et Philippe Charret* se sont occupés des deux fillettes avec beaucoup d’affection et de bienveillance. Ils ont fait l’impossible pour qu’elles ne soient pas trop tristes.

En mai 1945, Éléonore Charret* vient chercher Madeleine pendant la classe et l’emmène à la maison. Un homme vêtu de l’uniforme américain attend Madeleine. Elle ne reconnaît pas son père qui venait d’être libéré des stalags allemands après cinq ans de captivité. Myriam Rotcajg ne reviendra pas d’Auschwitz Birkenau : une voisine rescapée leur a annoncé qu’elle l’avait vue à son arrivée au camp et qu’elle avait été assassinée immédiatement.

En novembre 1961, Éléonore Charret* est honorée par la Section locale d’Aulnay-sous-Bois pour l’Encouragement au Dévouement où il apparait qu’elle
- a sauvé la vie de quatre petits enfants juifs en les dissimulant chez elle sous un faux nom et en subvenant bénévolement à leurs besoins.
- a ravitaillé des Juifs adultes qui étaient dissimulés dans les habitations environnantes.
- a prêté assistance à une jeune femme cachée au moment où elle mettait au monde un bébé.

Après la guerre, Madeleine a gardé le contact avec Éléonore* et Philippe Charret* et notamment avec leur fille Suzanne qui a le même âge qu’elle.

Le 31 janvier 2018, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Éléonore* et Philippe Charret*.

Lien vers le Comité français pour Yad Vashem



Réseau de sauvetage
Philippe Charret

 
Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Éléonore Charret
Madeleine Rotcajg

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Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]

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Etoile jaune: le silence du consistoire centrale , Mémoire ou thèse 7 pages, réalisation 2013
Auteur : Thierry Noël-Guitelman - terminal
Lorsque la 8e ordonnance allemande du 29 mai 1942 instaure l'étoile jaune en zone occupée, on peut s'attendre à la réaction du consistoire central. Cette étape ignoble de la répression antisémite succédait aux statuts des juifs d'octobre 1940 et juin 1941, aux recensements, aux rafles, aux décisions allemandes d'élimination des juifs de la vie économique, et au premier convoi de déportés pour Auschwitz du 27 mars 1942, le consistoire centrale ne protesta pas.


Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Juifs en psychiatrie sous l'Occupation. L'hospitalisation des Juifs en psychiatrie sous Vichy dans le département de la Seine (Par une recherche approfondie des archives hospitalières et départementales de la Seine, l'auteur opère une approche critique des dossiers concernant des personnes de confession juive internées à titre médical, parfois simplement préventif dans le contexte des risques et des suspicions propres à cette période. La pénurie alimentaire est confirmée, influant nettement sur la morbidité. Ce premier travail sera complété par un examen aussi exhaustif que possible des documents conservés pour amener une conclusion. )
2 Héros de Goussainville - ROMANET André (Héros de Goussainville - Page ROMANET André )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
6 Les grands entretiens : Jacques Altmann (Né en 1923, Jacques Altmann est l'aîné de cinq garçons. Ses parents Dina et Suscher et ses quatre plus jeunes frères sont déportés sans retour à Auschwitz le 3 novembre 1942. Jacques Altmann les rejoint le 10 février 1944 après avoir séjourné dans les camps parisiens annexes de Drancy, Austerlitz et Lévitan. Il sera libéré en 1945. )

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