Né le 14 septembre 1894 à Barzun dans les Basses-Pyrénées, Pierre-Marie Théas* est issu d’un milieu de notables.
Pierre-Marie Théas* suit ses études au collège Saint-Joseph de Nay puis au grand séminaire de Bayonne. Incorporé en décembre 1914 au 13e régiment d'infanterie de ligne puis au 173e, le sergent Pierre-Marie Théas* est démobilisé en 1919 avec la Croix de guerre deux citations1. Il est ordonné prêtre le 26 septembre 1920.
Il se rend alors à Rome pour étudier au séminaire français et y obtient un doctorat en droit canonique. En 1922, il est nommé vicaire à Saint-Martin de Pau avant de prendre la direction du grand séminaire de Bayonne en octobre 1923, y enseignant la théologie morale.
Nommé évêque de Montauban le 26 juillet 1940, Pierre-Marie Théas* est consacré le 3 octobre à Bayonne et prend sa charge le 17.
Pierre-Marie Théas* fait tout d'abord totalement confiance au maréchal Pétain et se trouvera en accord avec la plupart des mesures prises par son gouvernement. Il se singularisera cependant au sein de l'épiscopat français. Ainsi, reçu à l'académie de Montauban en janvier 1941, il fait l'éloge du philosophe Henri Bergson décédé quelques jours plus tôt, soulignant notamment sa judéité.
À partir de l’été 1942, certains membres du haut clergé s'émeuvent des mesures antisémites, notamment après la rafle du Vel' d'Hiv de juillet 1942. Le 23 août 1942, Jules Saliège*, archevêque de Toulouse avec lequel l'évêque de Montauban est en étroite relation, fait lire dans son diocèse une lettre épiscopale - Et clamor Jerusalem ascendit - retentissante.
Le 26 août, le gouvernement de Vichy lance des rafles à Montauban et dans le département de Tarn-et-Garonne. Pierre-Marie Théas* fait lire à la messe du 30 août 1942 cette lettre portée par sa fidèle secrétaire Marie-Rose Gineste*, dans laquelle il condamne les mesures antisémites du gouvernement de Vichy : "des hommes et des femmes sont traités comme un vil troupeau et envoyés vers une destination inconnue avec la perspective des plus grands dangers. Je proclame que tous les hommes, aryens ou non aryens, sont frères (...) que tous les hommes, quelle que soit leur race ou leur religion, ont droit au respect des individus et des États".
Cette lettre sera publiée dans le journal clandestin, Témoignage Chrétien.
Monseigneur Pierre-Marie Théas* protestera publiquement contre le départ des jeunes français au Service de Travail Obligatoire (STO).
Le 6 mai 1944, Monseigneur Pierre-Marie Théas* adresse une lettre au commandant de la Kommandantur dans laquelle il condamne les exactions commises par les troupes SS de la Das Reich le 2 mai 1944 à Montpezat-de-Quercy.
Pierre-Marie Théas* est arrêté le 9 juin 1944 par la Gestapo, le même jour que Mgr Jules Saliège*. Il est enfermé à Toulouse et interné en compagnie de Jean Baylet, maire de Valence-d’Agen, au camp de Compiègne. Monseigneur Pierre-Marie Théas* est libéré le 25 août 1944 par la Division Leclerc.
Il eut un rôle national à la Libération, s'élevant contre l'épuration et faisant le lien entre le général de Gaulle et le pape Pie XII.
Il fut un pionnier du dialogue social et de l’œcuménisme.
Lettre de Monseigneur l’Evêque de Montauban, sur le respect de la personne humaine
Le dimanche 30 août 1942, les églises et chapelles du diocèse de Montauban résonnent à l’unisson d’un message épiscopal, rédigé le 26 août, placé sous l’intitulé "Lettre de Monseigneur évêque de Montauban, sur le respect de la personne humaine", et "à lire sans commentaire" est-il précisé au bas de la signature de Pierre-Marie Théas :
"Mes biens chers Frères,
Des scènes douloureuses et parfois horribles se déroulent en France, sans que la France en soit responsable.
A Paris, par dizaines de milliers, des Juifs ont été traités avec la plus barbare sauvagerie. Et voici que dans nos régions on assiste à un spectacle navrant ; des familles sont disloquées ; des hommes et des femmes sont traités comme un vil troupeau, et envoyés vers une destination inconnue, avec la perspective des plus graves dangers.
Je fais entendre la protestation indignée de la conscience chrétienne et je proclame que tous les hommes, aryens ou non aryens, sont frères parce que créés par le même Dieu ; que les hommes, quelle que soit leur race ou leur religion, ont droit au respect des individus et des États.
Or les mesures antisémites actuelles sont un mépris de la dignité humaine, une violation des droits les plus sacrés de la personne et de la famille.
Que Dieu console et fortifie ceux qui sont iniquement persécutés ! Qu’il accorde au monde la paix véritable et durable, fondée sur la justice et la charité !"
The sisters of the Belgian Catholic order, who lived in Heverlee, near Leuven, abandoned their convent during the war. They moved to the département of Tarn-et-Garonne in southwestern France and settled in a previously abandoned convent in Auvillar (Tarn-et-Garonne). By the summer of 1942, the Jewish Scouts in Moissac were involved in underground activity, searching for hiding places for Jewish youngsters. The Scouts’ underground organization, La Sixième, arranged shelter for Jewish children and teenagers in different places. They found convents and monasteries in which the youngsters could be hidden in the guise of students, staff members, and the like. The convent in Auvillar, run by the Mother Superior, Marie Placide, sheltered about forty Jewish children and teenagers. Placide agreed to the request of the bishops of Toulouse, Monsignor Jules Saliège (q.v.) and Montauban, Monsignor Théas, who had publicly denounced the Vichy regime’s anti-Jewish policies and persecutions. La Sixième activists in nearby Moissac brought the Jewish children hidden in the convent to her. Most of the children had been spirited out of internment camps in Gurs, Septfonds, and Rivesaltes, after the OSE and the EIF, aided by sympathetic Christian organizations, liberated interned children before they could be deported to Geramany. Upon their arrival, the children were given fictitious names and despite occasional searches, no one was arrested. After the war, the French Government awarded Mother Marie Placide a decoration for her courage.
On July 15, 1981, Yad Vashem recognized Mother Marie Placide as Righteous Among the Nations.
Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Pierre-Marie Théas Shatta Simon(dite Alice Pelous) Bouli Simon(dit Édouard Ginisty)
Chronologie[Ajouter]
Cet article n'est pas encore renseigné par l'AJPN, mais n'hésitez pas à le faire afin de restituer à cette commune sa mémoire de la Seconde Guerre mondiale.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Les Juifs réfugiés à Varennes durant la Seconde Guerre mondiale , Le Tambour de Varennes n° 2323 pages,
réalisation 2012 Auteur :
Régis Pinson
- terminal
Après le colloque sur la lettre de protestation du 26/08/1942 de Mgr Théas, évêque de Montauban, le travail de mémoire et d’histoire se poursuit. Le Tambour de Varennes printemps-été 2012, n° 23, est en grande partie consacré au sort des Juifs réfugiés à Varennes.
Autres articles parus dans le site de l'AJPN
1 Pierre-Marie Théas* (Pierre-Marie Théas*, Juste de France, a été évêque de Montauban puis de Tarbes et de Lourdes. Il est à l'origine de la construction de la Basilique Saint-Pie X à Lourdes. )
Louis Boucoiran
(1937 - 1940) Louis Maurice Casimir Boucoiran, préfet du Tarn-et-Garonne
Léopold Chénaux de Leyritz
(25/06/1940 - 24/01/1944) Léopold Marie Frédéric Chéneaux de Leyritz, Préfet de Haute-Garonne et préfet régional de la région de Toulouse à partir de 1941 (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1896-1970)
Albert Durocher
(1940 - 1941) Albert Lucien Jules Durocher, préfet du Tarn-et-Garonne
François Martin
(1941 - 1943) François Louis Alfred Martin, député de l'Aveyron de 1936 à 1940. Issu d’une famille protestante de Millau, il vote les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain et entre au Conseil national de Vichy. Nommé préfet du Tarn-et-Garonne, il démissionne fin 1943 et rejoint la Résistance. (06/09/1900 à Millau-20/04/1964 à Millau)
André Sadon
(24/01/1944 - 06/02/1944) André Paul Sadon, Préfet régional de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1891-1965)
Jean Cassou
(1944 - 1944) Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1897-1981)
Pierre Berteaux
(1944 - 1946) Pierre Félix Berteaux, Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1907-1986)
Maurice Vincent
(1944 - 17/11/1944) Maurice Paul Vincent, préfet du Tarn-et-Garonne, suspendu de ses fonctions le 17 novembre 1944.
Auguste Rouanet
(21/08/1944 - 21/03/1946) Auguste Jacques Joseph Rouanet, désigné préfet du Tarn-et-Garonne à titre provisoire par le commissaire de la république de la région de Toulouse le 21 août 1944, délégué dans les fonctions le 18 novembre 1944. Fin de délégation le 21 mars 1946.
Avertissement Les informations affichées sur le site de l'AJPN sont fournies par les personnes qui contribuent à l'enrichissement de notre base de données. Certaines, notamment les témoignages, ne peuvent être vérifiées par l'AJPN et ne peuvent donc pas être considérées d'une fiabilité totale. Nous citons les sources de ces informations chaque fois qu'elles nous sont communiquées. Toutes les demandes de rectification de données erronées sont bienvenues et, dans ce cas, les corrections nécessaires sont appliquées dans les meilleurs délais en citant la source de ces corrections. C'est par cette vigilance des visiteurs de notre site que nous pouvons assurer la qualité des informations conservées dans notre base de données.
Justes parmi les Nations -
Righteous among the Nations
- De Gerechten mank de Völker -
Giusti tra
le nazioni - Drept între
popoare -
Gerechter unter den Völkern - Sprawiedliwy
wsród Narodów Swiata -
Rechtvaardige onder de Volkeren -
Justuloj inter la popoloj - Rättfärdig bland folken - Spravodlivý medzi národmi - Spravedlivý mezi národy
-
Vanhurskaat kansakuntien joukossa - Világ Igaza - Justos entre as nações - Justos entre las Naciones - Justos
entre les Nacions