La famille Gendron, le père, Albert*, ouvrier agricole, la mère, Marie-Louise* née Porteboeuf, ouvrière dans une laiterie, ses deux enfants d’un premier mariage, Fernand et Suzanne Choplain, 19 et 17 ans et leur fils, Bernard Gendron, 13 ans, habitent à Requeil (Sarthe) au lieu dit Le Couran.
A la fin de janvier 1944, la police française vient frapper à la porte de l’appartement à Montreuil de la famille Akierman où se trouvaient la mère Syma Tauba, 47 ans, ses filles Germaine-Jeanne, 19 ans et Adèle, 17 ans et ses fils, Bernard 14 ans et Roger 3 ans. Ils ne répondirent pas aux injonctions de la police, pas plus que les autres locataires, juifs comme eux et, lassés, les policiers repartent.
Aussitôt les Akierman quittent leur logement et se réfugient pour la nuit chez des voisins compatissants.
Le lendemain matin, la sœur aînée demanda à l’UGIF (Union Des Israélites de France) d’héberger pour quelques jours la petite Adèle et Bernard. Ils y resteront quinze jours avant d'être pris en charge par la Congrégation de Notre Dame de Sion dirigée par le Père Devaux*.
Germaine est arrêtée puis transférée à Drancy et déportée en juillet 1944 (elle sera survivante en juin 1945).
Le Père Devaux* prend en charge les deux jeunes enfants et les accompagne lui-même à la gare Montparnasse pour rejoindre leur refuge, à la campagne. Ils furent confiés à deux jeunes femmes qui avaient déjà en charge deux jeunes garçons Alfred et Léon Rosenblat de 12 et 10 ans.
Les enfants arrivent dans la Sarthe à Yvré-le-Pôlin où Auguste Landau* vint les chercher en carriole et les emmena chez lui où ils resteront 3 jours.
Auguste Landau* emmena ensuite tout ce petit monde à Requeil (Sarthe) au lieu dit Le Couran dans la famille Gendron*.
Dès les premiers jours, la famille témoigna aux jeunes réfugiés une gentillesse et une affection qui perdurent encore aujourd’hui. Du fait du métier d'Albert Gendron*, la nourriture était excellente, variée et abondante. Les légumes et les fruits venaient du potager et le reste des fermes voisines. Le jeune Bernard partageait avec le fils de la famille un grand lit dans une chambre confortable. Cependant, les garçons n’étaient pas scolarisés, le maire du village ayant peur des dénonciations car, au Château de la Roche Mailly, dans la commune, était stationné de nombreux soldats allemands.
Malgré leurs tampons "juifs" sur leurs cartes d’identité, le maire de Requeil fournissait à Marie-Louise Gendron* des tickets d’alimentation.
Marie-Louise* et Albert Gendron* étaient des gens aux revenus des plus modestes, mais au grand cœur. Marie-Louise Gendron* pour pouvoir nourrir ces trois bouches supplémentaires était dans l’obligation absolue de recevoir une toute petite participation financière. C’est donc Germaine Akierman qui, sur son petit salaire d’ouvrière de l’usine Dantzer, envoyait chaque mois à Notre Dame de Sion une somme d’argent, qui par l’intermédiaire d'Auguste Landau*, la faisait parvenir à Marie-Louise Gendron*.
Les questions religieuses ne furent jamais abordées ni par les Gendron*, ni par le Père Devaux*.
En octobre 1944, Auguste* et Marie-Rose Landau* recueillirent les enfants dans leur ferme où se trouvait déjà une dizaine d’enfants et quelques adultes, tous juifs qu'Auguste Landau* dispersait dans la campagne pour les cacher.
Un camion envoyé de Paris à la Libération rapatria tout ce petit monde dans un centre du 14e arrondissement où deux jours plus tard la famille Akierman récupéra ses enfants.
Albert Gendron* est décédé, son épouse Marie Louise* veuve Gendron remariée Aîné, est aussi décédée.
L'école de Yvré-le-Pôlin porte le nom de Marie-Louise Gendron-Aîné.
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