La famille Gendron, le père,
Albert Gendron*, ouvrier agricole, la mère,
Marie-Louise* née Porteboeuf, ouvrière dans une laiterie, ses deux enfants issus d’un premier mariage, Fernand et Suzanne Choplain, 19 et 17 ans et leur fils, Bernard Gendron, 13 ans, habitent à
Requeil (Sarthe) au lieu dit Le Couran.
Chaim Akierman vient s’installer en France au début des années 20, accompagné d’une petite fille
Chana dite Clara (1914-2000), née d’un premier mariage.
En septembre 1939,
Chaim Akierman s’engage dans la Légion Etrangère (Matricule 10100) affecté au 21 ème Régiment de Marche de Volontaires Étrangers à
Septfonds, dans le Tarn-et-Garonne, mais il ne sera pas appelé au combat.
Au printemps 1941, des rumeurs persistantes font état d’arrestation des juifs étrangers.
Chaim Akierman dit Paul, part se réfugier à Castelsarrasin (chez Mr Ballarin, grainetier ) et il ne sera jamais inquiété.
En juin 1942,
Syma Taubé Akierman est convoquée au Commissariat de Police pour recevoir les étoiles jaunes, remises contre des tickets de rationnement. La famille doit porter l’étoile jaune. Cette mesure vexatoire s’ajoute à toutes les interdictions qui les frappent déjà (ne pas faire les courses après 18h, ne pas entrer dans les parcs et jardins publics, obligation de prendre le dernier métro, etc.).
Adèle se rends à l'école Jean-Jaurès le lendemain. Dans la cour, les fillettes juives subissent des quolibets de la part d’élèves. La directrice, Mme Perrin convoque toutes les classes, menaçant les élèves d’exclusion immédiate si de tels faits se reproduisaient. Il n’y eut plus jamais de tels débordements.
Étant établi que
Chaim Akierman est porté «disparu »,
Germaine Akierman, citoyenne française, est déclarée « soutien de famille », grâce à l’intervention d’une assistante sociale qui est mandatée par son employeur, Madame Dantzer. Germaine reçoit alors des subsides des Allocations Familiales du régime de Vichy.
Le 16 juillet 1942, deux agents en uniforme viennent prévenir les Akierman de préparer leurs valises. Ils reviennent l’après-midi et emmènent
Syma Akierman et ses enfants à l’école Marcelin-Berthelot où un Commissaire de Police, chargé d’accueillir les Juifs, leur signifie leur arrestation.
Interrogeant
Syma qui ne parle pas bien le français, il ne comprend pas pourquoi ses enfants portent le nom de leur père alors qu'elle est listée comme "Rosenberg".
Germaine Akierman lui explique que ses parents se sont mariés en Pologne religieusement et non civilement.
Le policier, excédé, les renvoie chez eux.
De juillet 1942 à février 1944, la famille mène une vie «normale » :
Germaine et
Jeanne travaillent, et les plus jeunes vont à l’école.
Après quelques jours,
Gitla Finkelstein et son fils
Bernard décidèrent de retourner chez eux. Quelques jours plus tard , ils furent tous trois arrêtés lors de la rafle du 16 juillet et déportés sans retour à Auschwitz.
Maurice Finkelstein fut déporté le 31 juillet 1942 par le convoi 13,
Gitla Finkelstein le 3 août par le convoi 14 et
Bernard le 24 août par le convoi 23.