Profession: Evêque de Clermont-Ferrand de 1933 à 1952 Qualité: Arrêté par la Gestapo le 28 mai 1944 et déporté à Dachau Religion : Catholique Nom de naissance: Gabriel Emmanuel Joseph Piguet Date de naissance: 24/02/1887 (Macon)
Date de décès: 03/07/1952
Enfance et jeunesse Gabriel Piguet* est né le 24 février 1887 dans une famille bourgeoise de Macon.
Il fréquente l’école primaire de Villefranche-sur-Saône, puis le collège des jésuites à Montpré et passe le baccalauréat en section philosophie à Mâcon-sur-Saône.
Il fait ses études au séminaire Saint-Sulpice à Paris.
En 19O5, âgé de 18 ans, il est volontaire pour le service militaire et est enrôlé dans l’infanterie.
Ordonné prêtre
Il est ordonné prêtre le 2 juillet 1910 par l'archevêque de Paris.
Après ses études à l’Angelicum à Rome, il est titulaire d’un doctorat en théologie et il
retourne dans son diocèse natal d’Autun.
En 1912 il est nommé vicaire de la cathédrale d'Autun.
1914-1918
En 1914, Gabriel Piguet*, volontaire comme infirmier, est incorporé à Sarrebruck.
Il rejoint le front, où il est blessé en septembre 1915 dans la forêt d’Apremont. Il est évacué sur ordre du général Philippe Pétain. En 1917, il est réformé avec les décorations militaires et il
rejoignit la cathédrale d’Autun.
Entre deux-guerres
A Autun, Mgr Piguet* développe l'action catholique et la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).
En 1925, il devient sous-directeur des œuvres diocésaines.
En 1929, il est nommé vicaire général et archidiacre de Châlon-sur-Saône et de Louhans et en 1933, après la mort de l’évêque de Clermont, il est nommé évêque du diocèse de Clermont.
Après la défaite, juin 1940
Après la défaite de juin 1940, comme la quasi-totalité des évêques français, Mgr Piguet* devient un fervent pétainiste. Le 11 novembre 1940, devant Pétain et ses ministres, l'évêque de Clermont déclare lors de son prêche : "[...] Nous demandons à Dieu, Monsieur le Maréchal, de bénir votre personne vénérée et respectueusement aimée, et de lui permettre de mener à bien son œuvre courageuse et magnifique de renouveau, pour le bonheur de la France, dotée, une fois de plus par la providence, au milieu de ses infortunes, de l'homme capable d'atténuer son malheur, de reconstruire ses ruines, de préparer l'avenir... "
Sauver les enfants Juifs
Dés 1940, Mgr Piguet* aurait demandé officieusement à toutes les supérieures de congrégations qui avaient des écoles, que l'on cache des enfants juifs.1
C'est en tout cas par son intervention directe que trois familles juives, Mina et Henri Berkowitz, Léon Riveline et sa femme Esther Pertchuck et les frères Joseph et Maurice X ont été cachées dans des institutions religieuses du diocèse.2
Il place également des enfants confiés à sa nièce, sœur Marie Lafarge*, directrice des études du couvent Sainte-Marguerite.
Marie-Antoinette Lietchy a échoué à son examen d’infirmière et cherche un emploi. On lui conseille d’être assistante sociale pour les juifs, compte tenu qu’elle a déjà un certain âge (35 ans) et qu’elle connaît le région.
Elle s’occupe alors de placer les enfants juifs qui n’avaient pas de famille soit dans une famille d’accueil, soit dans des institutions religieuses (écoles, collèges ou lycées), soit dans des fermes.
Elle va couvrir le Puy-de-dôme, l’Allier et le Cantal, surtout à Murat. Marie-Antoinette Lietchy va placer des enfants chez les sœurs du Bon Pasteur à Clermont-Ferrand, chez les frères des écoles chrétiennes de Pontgibaud.
Le réseau Garel couvrait notamment l’Auvergne et le Limousin. Il plaçait et suivait des enfants sortis des camps du sud de la France ou recommandés par Mgr Piguet*, l'évêque de Clermont… Albert Pavivoda était hébergé avec son frère Maurice à l’école des frères chrétiens. Albert a témoigné pour le frère Genestier*, qui l'a recueilli et protégé à cette école, avec son frère Maurice et deux autres enfants juifs, Simon Bernholc, Fernand et Jacob Nakache (dit Claude). Simon Berenholc se souvient avoir eu un entretien personnel avec Mgr Piguet*, attentif au suivi de ses études, un jour où Mgr Piguet* est venu à Pontgibaud.
L’évêque de Clermont exige le respect des droits de la personne humaine
Le 24 mai 1943, il dénonce le national-socialisme : "L’évêque de Clermont exige le respect des
droits de la personne humaine et de l’autorité et dénonce publiquement la violation des lois de la guerre, le mysticisme de la haine et l’égarement des esprits. Il ne voit comme seul salut et comme vraie paix que le retour des personnes à la foi en Dieu dans un réel amour à l’égard du prochain et dans l’unité. Il donne des indications pratiques pour le maintien de l'ordre social".
Arrestation et déportation
Sur dénonciation, alors que les Allemands ne soupçonnent pas Mgr Piguet* d'aider les Juifs, il est convoqué par la Gestapo à Clermont-Ferrand le 28 mai 1944 sous le prétexte d'avoir émis une fausse autorisation de célébrer à Jean de Viry, prêtre du diocèse d’Annecy et aumônier des scouts.
Son témoignage : ""C’est le dimanche de la Pentecôte, le 28 mai 1944. Après la messe pontificale que j'ai célébrée dans ma cathédrale, un policier allemand m’adresse la parole sur le seuil du palais épiscopal et m’ordonne de me rendre sur le champ chez le chef de la Gestapo de Clermont-Ferrand. Je n’ai habituellement pas besoin de recevoir un mandat de comparution de la part de ceux qui veulent me rencontrer ; et vous avez toute possibilité de me trouver ici, voilà ce que je lui répondis d’une façon spontanée. Mais le ton impérieux de cette notification ne pouvait laisser de doute et je n’insistai pas davantage. Et c’est ainsi que je me rendis au siège de la Gestapo de Chamalières dans ma propre voiture conduite par mon chauffeur et secrétaire particulier, Paul Vignancourt, et accompagné d’un de mes vicaires généraux et du policier."
Enfermé à la prison de Clermont, puis interné au Struthof-Natzweiler, il sera déporté à Dachau en septembre 1944 et le seul évêque français déporté à Dachau.
A Dachau, il est assigné à la "baraque des prêtres" qui est un ensemble de quatre baraques hébergeant quelque 1 500 prêtres provenant de toute l'Europe, essentiellement polonais et allemands.
24/02/1887 -Naissance à Mâcon. 07/04/1933 -Ordonné évêque de Clermont-Ferrand, il sera intronisé le 11 mars 1934. 28/05/1944 -Arrêté par la Gestapo, il est interné et sera déporté à Dachau. 14/05/1945 -Mgr Piguet, libéré, rentre à Clermont-Ferrand. 03/07/1952 -Décès à Clermont-Ferrand.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Camille Fontanel
(30/06/1934 - 30/10/1940) Sous-préfet de Riom
Alfred Baffrey
(1936 - 1940) Préfet du Puy-de-Dôme
Charles Fougeron
(30/10/1940 - 18/06/1942) Sous-préfet de Riom
Louis de Peretti
(1940 - 1941) Louis Alexandre Valère de Peretti della Rocca, Préfet du Puy-de-Dôme
Charles Chevreux
(1941 - 1941) Jacques Charles Adrien Chevreux, Préfet de la région de Clermont-Ferrand (Cantal, Haute-Loire, Puy-de-Dôme et la partie non-occupée de l'Allier)(1883-1951)
Honoré Guerrin
(1942 - 1944) Préfet délégué du Puy-de-Dôme
Clément Vieu
(18/06/1942 - 11/08/1943) Sous-préfet de Riom
Paul Brun
(1942 - 1944) Paul Ferdinand Eugène Brun, Préfet de la région de Clermont-Ferrand (Cantal, Haute-Loire, Puy-de-Dôme et la partie non-occupée de l'Allier) (1892-1965)
Maurice Daudin
(11/08/1943 - 11/09/1944) Sous-préfet de Riom
Henri Ingrand
(1944 - 1946) Commissaire régional de la République (Cantal, Haute-Loire, Puy-de-Dôme et la partie non-occupée de l'Allier)(1908-2003)
Pierre Sauvanet
(1944 - 1946) Préfet du Puy-de-Dôme
Pierre Mitanchez
(01/09/1944 - 24/10/1946) Sous-préfet de Riom
Gabriel Delaunay
(1946 - 1948) Préfet du Puy-de-Dôme
Louis Ferrand
(24/10/1946 - 02/08/1949) Sous-préfet de Riom
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