Lucien* et Agnès Bertrand* sont boulangers à Lagrasse et vivent et leurs trois filles dans ce joli village située dans les Corbières, dans le département de l’Aude, en zone sud.
Paula Niger, après avoir été par chance libéré du camp de Gurs, fut assignée à résidence dans cette ville début 1941 et y avait loué une maison, avec l’aide d’une organisation juive de Carcassonne. En tant que juive, elle n’avait pas le droit de travailler, l'ensemble de ses papiers d'identité portant distinctement la mention JUIVE.
Paula cachait dans le grener de sa maison un autre réfugié juif, Martin Tattman.
En mai 1944, elle appris que la Gestapo s’apprêtait à lancer une opération dans le village, destinée à arrêter les Juifs et les résistants. Elle chercha de l’aide.
Elle demanda tout d’abord à l'épouse du commandant de gendarmerie, dont le fils avait été recquis pour le STO. Le commandant lui dit qu’il ne la dénoncerait pas, ni elle ni son compagnon, mais qu’il ne pouvait pas faire plus.
Le médecin de Lagrasse, quant à lui, était prêt à l’aider, mais pas à aider son compagnon, pensant qu’il était trop risqué d’aider deux personnes.
Paula s'est alors souvenu que Lucien Bertrand*, faisait des rondes périodiques pour livrer du pain dans les villages environnants et qu’il connaissait peut-être une cachette dans la région chez des paysans compatissants.
Elle vint alors à la boulangerie, et y trouva Agnès Bertrand*. Elle lui dit le but de sa visite. Agnès* lui promis de discuter avec son mari Lucien* et lui suggère de revenir dans deux heures.
"Ces deux heures m’ont semblé une éternité" se souvient Paula, "et que ce serait-il passé si Monsieur Bertrand* avait refusé ?"
Elle revint deux heures plus tard et Lucien Bertrand*, conscient du danger que courait Paula, lui proposa sans hésiter de la cacher dans une petite pièce au-dessus du four à pain si elle ne trouvait pas de meilleure cachette.
Paula, émue aux larmes commença par refuser : d’une part elle n’avait pas d’argent pour payer et de l’autre il y avait Martin Tattman qu’elle cachait depuis huit mois. Le boulanger déclara sans hésitation qu’ils acceptaient également la présence de l’ami juif de celle-ci, et refusa toute rémunération. Agnès ajouta : "Nous ne voulons pas d'argent, ni maintenant, ni jamais. Si nous pouvons vous aider, ce sera notre récompense".
Devant les risques qu’impliquait une telle action, ils insistèrent sur la nécessité de garder le secret même à leurs trois filles.
Tard dans la nuit, Paul et Martin déguisé en femme s’introduisaient dans la maison. Les Bertrand* firent tout ce qu’ils pouvaient pour qu’ils se sentent aussi bien que possible.
Ils ne devaient pas sortir. Les Bertrand* leur amenaient tout ce dont ils avaient besoin, dont de l’eau pour asperger le plancher lorsque le four fonctionnait.
Évidemment, leurs filles âgées de 7 à 11 ans se rendirent compte qu’il se passait quelque chose. Les parents leurs expliquèrent alors que deux personnes qui courraient un grave danger se cachaient dans la maison, que c’était un secret qu’il ne fallait révéler à personne, pas même à des parents ou à des amis. Les petites comprirent la situation et promirent de garder le silence. Lucien* se sentit soulagé maintenant que les enfants étaient dans le secret.
Trois mois plus tard, la Gestapo qui avait appris qu'un chef de la résistance locale était venu à la boulangerie des Bertrand*, menaça Lucien d’une perquisition minutieuse des locaux.
Paula et Martin trouvèrent alors une autre cachette.
Le boulanger, emmené par la Gestapo fut torturé, mais ne parla pas.
Remis en liberté, il continua à envoyer, par l’intermédiaire de ses filles, des colis de nourriture aux jeunes gens jusqu’à la Libération en août 1944.
Paula et Martin se marièrent à la fin de la guerre et émigrèrent aux États-Unis en 1953. Ils gardèrent le contact avec les Bertrand* qu’ils appelaient "les anges qui nous ont sauvés".
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Pierre Olivier de Sardan
(1941 - 1942) Préfet de la région de Montpellier (Aude, Aveyron, Hérault, Lozère et Pyrénées-Orientales)
Jean Cabouat
(1941 - 1943) Préfet de l'Aude
Alfred Hontebeyrie
(11/10/1942 - 16/07/1944) Alfred Roger Hontebeyrie, Préfet de l'Hérault et de la région de Montpellier (Aude, Aveyron, Hérault, Lozère et Pyrénées-Orientales) (1895-1969)
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