Centres de résidence assignée, le Château du Doux est un centre d’accueil payant de la préfecture de la Corrèze. Il est installé dans un manoir perché sur une montagne, à 7 km de Beaulieu et fait partie du dispositif du SSE, le Service Social des Étrangers, entré en activité pendant l’hiver 1940-1941, est officiellement créé par une circulaire interministérielle du 4 juillet 1941.
Le 1er juillet 1943, il change de nom pour le "Contrôle Social des Étrangers” (CSE) et gère tous les grands camps existants à l’exception des camps répressifs (Vernet et Brens) et des camps pour l’internement de Français (Saint-Sulpice, Évaux-les-Bains, Sisteron, Saint-Paul-d’Eyjeaux).
Le rôle du SSE est de veiller à ce que la législation sociale soit appliquée aux incorporés des GTE, il est censé assurer le regroupement des familles, il doit soutenir financièrement les femmes et enfants des travailleurs des GTE et organiser le suivi médical des hommes et de leurs familles. Trois SSE serviront également à placer des travailleurs inapes (Tombebouc, Montmélian après le 25 janvier 1943, Sereilhac). Fin 1942, le SSE gère une dizaine de centres.
Le SSE loue des hôtels inexploités (Alboussière, Annecy-Marquisats), des châteaux (Château de Tombebouc, Château-Le-Roc, Château de Grammont) ou reprend des casernes désaffectées (Montmélian) ou des couvents (Reillanne). Trois centres seulement sont des camps de baraques (Douadic, Masseube, L’Isle Jourdain). Le nombre de personnes dans ces centres varie entre 50 et 300.
En avril et mai 1942, le SSE ouvre à L’Isle-Jourdain (Gers) un “Centre gratuit” pour des Juifs internés âgés en provenance de Gurs et pour ceux qui sont en mesure de payer, des “Centres de résidence assignée” installés dans des hôtels de la Creuse (Bonnat) et du Gers, gérés par des entrepreneurs privés et sous contrôle des autorités de police locales. Le premier centre de résidence assignée ouvre à Audaux (Basses-Pyrénées) fin 1941, puis La Bourboule, Le Mont-Dore, Saint-Nectaire (tous dans le Puy-de- Dôme), Evaux-les-Bains (Creuse).
Lorsque les déportations de Juifs à partir de la zone sud débutent en août 1942, les centres du SSE s’avèrent pour beaucoup d’entre eux des pièges mortels.
La préfecture a réquisitionné le Château du Doux et sous-loué en juillet 1942 à un couple de gérants et y envoie des personnes transférées des camps pouvant prouver être en possession de moyens financiers importants. En juin 1943, 28 personnes se trouvent au Château du Doux, et le 23 septembre de la même année, 45 “pensionnaires”, dont 44 Juifs.1
Au cours de l’année 1943, au moins par deux fois, des déportations vers Drancy ont eu lieu à partir du Château du Doux.
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12/04/1939 -Décret du 12 avril 1939 sur la création des CTE (Compagnies de Travailleurs Étrangers). 27/09/1940 -Loi du 27 septembre 1940 sur la création des GTE (Groupements des Travailleurs Étrangers). 22/02/1941 -Décret du 22 février 1941 sur les sanctions à appliquer dans les GTE (Groupements des Travailleurs Étrangers). 05/08/1942 -La circulaire n° 2765 du secrétaire général à la Police envoyée au préfet régional de Limoges vise les étrangers suivants en vue de leur transfert en zone occupée : "Les israélites allemands, autrichiens, tchécoslovaques, polonais, estoniens, lituaniens, lettons, dantzicois, sarrois, soviétiques et les réfugiés russes entrés en France postérieurement au 1er janvier 1936 incorporés dans des groupes de T.E., hébergés au centre du Service social des étrangers, dans les centres des comités privés ou dans ceux de l'UGIF, placés dans les centres de regroupement israélites en application des circulaires du 3 novembre 1941 et du 2 janvier 1942 ainsi que ceux en résidence libre, seront transportés en zone occupée avant le 15 septembre". La circulaire exclut quelques catégories de Juifs, dont les vieillards de plus de 60 ans, les enfants de moins de 18 ans non accompagnés, les femmes enceintes... 26/08/1942 -Rafle de Juifs réfugiés en Limousin. 446 Juifs dont 68 enfants de la région sont regroupés au camp de Nexon sont acheminés vers Drancy le 29 août 1942 et déportés vers Auschwitz par les convois n° 26 et 27. 02/11/1945 -Ordonnance du 2 novembre 1945 sur la dissolution des GTE (Groupements de Travailleurs Étrangers).
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Pierre Berger
(1941 - 1942) Pierre Jean Berger, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Antoine Lemoine
(01/05/1942 - 1943) Antoine Jean Marcel Lemoine, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
René Rivière
(Jan. 1943 - 1943) René Édouard Rivière, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Marc Freund-Valade
(11/09/1943 - 10/05/1944) Marc Paul Freund dit Freund-Valade, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
André Fourcade
(10/05/1944 - 06/1944) André Fourcade dit Vergnaud, Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne), arrêté par la Gestapo en juin 1944, fusillé à Buzet-sur-le-Tarn le 17 août 1944
Pierre Boursicot
(23/10/1944 - 1946) Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
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