La famille Lebrun en septembre 1942 : de gauche à droite Germaine Jamard*, Marthe Lebrun*, Christiane Jamard, Alfred Lebrun, Pierre Lebrun* et le petit René Lebrun.
source photo : Arch. Denise Wolnerman
crédit photo : D.R.
Pierre Lebrun vers 1943
source photo : Arch. Denise Wolnerman
crédit photo : D.R.
Diplôme d'honneur remis à Pierre Lebrun et Marthe Lebrun-Jamard
source photo : Arch. René Lebrun
crédit photo : D.R.
Leur fils Eugène, quincaillier à Notre-Dame-de-Cenilly, est marié et père de René, né en 1939, et Lucienne.
Ils ont un autre fils, marié, qui vit dans un village voisin et qui a un fils, René, né en 1936, qui vient souvent voir ses grands-parents.
A la demande de Germaine Jamard*, la sœur de Marthe*, Simone Jamard* va convoyer, par le train Paris-Granville, la petite Denise, née en octobre 1936, devenue Denise Volner, "la petite parisienne, fille de leurs amis, venue pour se refaire une santé", âgée de 7 ans chez les Lebrun, à 20 km de Saint-Lô. Marthe* est une femme corpulente, une gentille grand-mère et un véritable cordon bleu puisqu’elle avait travaillé avant son mariage comme cuisinière chez des gens fortunés, et Pierre Lebrun* est un petit monsieur trapu, tous les deux catholiques pratiquant et des gens de grand cœur.
Denise va rester 18 mois chez les Lebrun, entre mars 1943 et septembre 1944 et elle sera accueillie non seulement par "oncle Pierre et tante Marthe", mais par l’ensemble de la famille Lebrun, et par les gens du village.
Les clients de la boulangerie et du café, y compris les Allemands qui fréquentent les lieux, ne chercheront jamais à en savoir plus sur la petite parisienne.
A Notre-Dame-de-Cenilly, Denise est loin de la guerre. Les privations et les exactions contre les juifs sont inexistantes. D'ailleurs, probablement, personne n’avait jamais vu un Juif de sa vie. Seuls l’institutrice Madame Leconte et l’abbé Villain sont mis dans la confidence.
Denise est émerveillé par Pierre* et Alfred Lebrun qui se levaient vers quatre heures du matin tous les jours, pour pétrir avec le levain de la veille et enfourner les différents pains de 12 et 6 livres et préparer les gâteaux.
Denise est traitée comme une petite princesse, va à l'école dans la classe de Mme Lecomte, au catéchisme avec l'abbé Villain et à la messe le dimanche, jour du marché, tout comme elle participe aux fêtes de familles, aux fiançailles, aux noces et aux fêtes du village avec beaucoup de bonheur.
La famille de Denise est sauvée grâce à l'aide de Simone Jamard* et de sa mère, Germaine Jamard*.
Sa mère Frymeta Wolnerman, et son frère Maurice sont cachés au domicile des Jamard*, 106, avenue Victor Hugo, dans leur appartement de deux pièces, situé sous les toits, au 6e étage,
Son père Isaac Wolnerman, qui était chapelier, et sa grande sœur Rose, dans l'obligation de travailler, continuent quant à eux à résider dans leur immeuble, boulevard de Ménilmontant dans le 20e arrondissement de Paris en prenant de nombreuses précautions.
Le 6 juin 1944, le débarquement allié a bel et bien lieu en Normandie alors que la tempête faisait rage, rendant la mer si dangereuse qu’aucun navire allemand ne s’y hasarda.
Les Américains débarquent à Utah Beach et Omaha Beach, plages situées à une cinquantaine de kilomètres au nord de Notre-Dame-de-Cenilly. Une division aéroportée est larguée à Sainte-Mère-Eglise à 7 kilomètres dans les terres.
Quant aux Anglais, ils débarquent plus à l’est, au nord de Caen.
A Notre-Dame-de-Cenilly, les habitants apprennent le débarquement allié par la presse.
Après le débarquement les combats et les bombardements s’intensifient dans la région.
La route qui longe le village est bombardée épisodiquement.
La maison des Lebrun* et toutes celles du bourg sont alignées sur le bord de la route.
Les Lebrun*, cherchant à mettre Denise davantage à l’abri, et l'envoie de temps en temps passer quelques jours dans une ferme des environs, à 1 km au nord du bourg, au hameau de la Picanière. Là, habite Angelina, une vieille amie des Lebrun* qui gardait justement pendant les vacances un petit-fils de son âge.
Le 26 juillet, les mitraillages se rapprochent encore, beaucoup d’avions circulent au-dessus du village. Pierre* et Alfred décident de mettre la famille à l'abri à la Picanière.
A peine partent-ils, ils avaient parcouru une centaine de mètres, que plusieurs explosions violentes se font entendre derrière eux. En pressant le pas, ils atteignent sans encombre la Picanière. Une bombe alliée tombée sur leur maison, l'avait entièrement détruite, tout comme sur la maison voisine des Levionnois, qui n'avaient pas voulu fuir. Monsieur Levionnois devait s’en sortir boiteux pour la vie. Sa femme et sa belle-mère furent tuées sur le coup et la malheureuse Ginette, mortellement atteinte, agonisa toute la nuit et mourut le matin. Elle avait 16 ans.
La maison des Quesnel, les voisins d'en face est détruite également, mais ils avaient eu le temps de fuir et d'arriver jusqu'à la Picanière.
Le 27 au matin, tous les hommes décident d’aller au village voir ce qui se passe.
Une vingtaine de femmes et d’enfants restent au hameau.
Au début de l’après midi des fusillades ont lieu dans le secteur, puis la maison d'Angelina est prise pour cible. Christiane Jamard proposa alors de hisser le drapeau blanc, fait d'un torchon attaché par deux bouts à un manche à balai. Christiane entrouvrit la porte et passa, avec précaution, le manche. Le mitraillage cessa ! mais la maison était en feu.
Tous se précipitèrent dehors et arrivèrent sains et saufs au village, ne croisant que des soldats alliés.
Des amis des Lebrun* leur proposent de coucher chez eux. Ils vont y rester quelques jours. Marthe* et Pierre Lebrun* possédaient une autre maison à Notre-Dame-de-Cenilly, à usage uniquement professionnel. Après la destruction de leur habitation, c’est là qu’ils se réinstallèrent avec Denise.
Le 24 août 1944, Paris fut libéré à son tour.
En septembre 1944, sans nouvelle de sa famille normande et de la petite Denise et au mépris du danger toujours présent, Simone Jamard* décide de se rendre chez sa tante, Marthe Lebrun*, en faisant du stop.
Un beau jour de septembre, Denise dit au revoir à l’oncle Pierre* et à la tante Marthe*, qu'elle reverra chaque vacances d’été les années suivantes.
Simone Jamard* et Denise partent sur les routes. Elles passent par à Saint-Lô, par Bayeux, traversent Caen, et font le trajet de Mantes à Paris juchées sur un grand camion découvert, plein de gros tonneaux rouges de mazout.
Denise retrouve sa famille au complet, 108 boulevard de Ménilmontant.
Maurice Wolnerman et sa sœur Denise ont décidé, en 2007, d’établir un dossier de preuves pour l'Institut Yad Vashem de Jérusalem, en vue de l'attribution du titre de "juste parmi les nations", plus haute distinction accordée par le gouvernement israélien, récompensant les personnes non juives, ayant sauvé des juifs sous l'occupation allemande.
Denise Wolnerman dira, lors de la remise de la médaille des Justes aux Lebrun : "Je suis heureuse d'avoir contribué à ce que l'humanisme de Marthe et de Pierre Lebrun soit enfin reconnu. Avec eux j'ai connu la vie de famille, la vie rurale où tout le monde connaît tout le monde...
Jusqu'en 1959, j'ai passé toutes mes vacances à Notre-Dame chez eux.
Après, je ne suis plus revenue, comme pour évacuer cette époque. Je ne voulais pas vivre uniquement dans le passé. Mais j'ai écrit durant quarante ans aux Lebrun..."
Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Pierre Lebrun Denise Wolnerman
Chronologie[Ajouter]
Cet article n'est pas encore renseigné par l'AJPN, mais n'hésitez pas à le faire afin de restituer à cette commune sa mémoire de la Seconde Guerre mondiale.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Pas de travaux actuellement sur ce sujet… Vous pouvez mettre le votre en ligne sur le site ajpn.org.
Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Archives Normandie 1939-1945 (Base de données qui a pour but de réaliser un inventaire aussi complet que possible des photographies qui ont été prises pendant l'occupation, la libération et la reconstruction de la Basse-Normandie. Elle doit aussi permettre d'améliorer l'identification des documents.
Elle constitue un outil de recherche et d'information historique pérenne et librement accessible.
Cet outil, de service public, a été financé par le Conseil Régional de Basse Normandie. )
2 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)
René Bouffet
(1940 - 08/1942) Préfet de la Seine-Inférieure et à partir de 1941 Préfet régional de la région de Rouen (Calvados, Eure, Manche, Orne et Seine-Inférieure (= Seine-Maritime). Arrêté et révoqué par la Résistance le 19 août 1944 (1896-1945)
M. Dop
(1940 - 01/1943) Sous-préfet d'Avranches. Adhérant au RNP, au MSR, puis à la Milice.
Gaston Muller
(25/09/1940 - 16/06/1942) Préfet de la Manche
André Parmentier
(1942 - 19/08/1944) André Auguste Parmentier, Préfet régional de la région de Rouen (Calvados, Eure, Manche, Orne et Seine-Inférieure (= Seine-Maritime). Arrêté et révoqué par la Résistance, il est relevé de sa condamnation pour faits de Résistance (1896-1991)
Henri Faugères
(16/06/1942 - 14/05/1944) Préfet de la Manche, Henri Faugères (1900-1970) sera arrêté par les Allemands le 14 mai 1944.
Lionel Audigier
(06/1942 - 1944) Lionel Audigier (1909-1944), sous-préfet de Cherbourg, résistant, mort à la prison de Saint-Lô.
Louis Dramard
(1944 - 1944) Louis Marie Charles Dramard, Préfet régional de la région de Rouen (Calvados, Eure, Manche, Orne et Seine-Inférieure (= Seine-Maritime)
Édouard Lebas
(1944 - 1952) Préfet de la Manche
Henri Bourdeau de Fontenay
(29/08/1944 - 31/03/1946) Commissaire régional de la République de la région de Rouen (Calvados, Eure, Manche, Orne et Seine-Inférieure (= Seine-Maritime) (1900-1969)
Avertissement Les informations affichées sur le site de l'AJPN sont fournies par les personnes qui contribuent à l'enrichissement de notre base de données. Certaines, notamment les témoignages, ne peuvent être vérifiées par l'AJPN et ne peuvent donc pas être considérées d'une fiabilité totale. Nous citons les sources de ces informations chaque fois qu'elles nous sont communiquées. Toutes les demandes de rectification de données erronées sont bienvenues et, dans ce cas, les corrections nécessaires sont appliquées dans les meilleurs délais en citant la source de ces corrections. C'est par cette vigilance des visiteurs de notre site que nous pouvons assurer la qualité des informations conservées dans notre base de données.
Justes parmi les Nations -
Righteous among the Nations
- De Gerechten mank de Völker -
Giusti tra
le nazioni - Drept între
popoare -
Gerechter unter den Völkern - Sprawiedliwy
wsród Narodów Swiata -
Rechtvaardige onder de Volkeren -
Justuloj inter la popoloj - Rättfärdig bland folken - Spravodlivý medzi národmi - Spravedlivý mezi národy
-
Vanhurskaat kansakuntien joukossa - Világ Igaza - Justos entre as nações - Justos entre las Naciones - Justos
entre les Nacions