En 1933, M. et Mme Arthur Herschkowitz, juifs d’origine polonaise, et leur trois fils, Yvon, Marcel et Félix, fuient l’Allemagne nazie pour la France.
Arthur Herschkowitz ouvre un commerce de confection à Paris. En 1939, il exploite quatre boutiques dans Paris.
En 1940 la famille se réfugie en zone dite "libre".
Yvon, lui, n’a qu’une idée en tête : rejoindre la vraie France Libre. Le 28 février 1941, il parvient à quitter clandestinement Marseille pour l’Algérie, caché dans la cale d'un bateau. Arrêté, il est incarcéré puis transféré à la prison de Toulon.
Libéré après quatre mois de détention, Yvon est appelé avec Marcel, son frère jumeau, aux Chantiers de la Jeunesse Française à Cavaillon (ces CJF sont un substitut du service militaire et destinés à des travaux d’intérêt général).
C’est là qu’Yvon et Marcel Herschkowitz se lient d’amitiés avec Jean Brottes* et Raoul Mazoyer.
Jean Brottes* est né au Chambon-sur-Lignon en 1921 et est l’aîné de six enfants. Il vient d’obtenir un baccalauréat technique en mécanique générale quand il est affecté aux Chantiers de la Jeunesse Française.
Les quatre jeunes gens deviennent vite inséparables, s’épaulant mutuellement.
En juillet 1942, ils se quittent avec "une certaine nostalgie" comme en témoigne Jean Brottes*. Il retourne à Intres en Ardèche chez ses parents, tandis qu’Yvon regagne Paris.
L’étau se resserre autour des juifs, les rafles s’intensifient.
C’est ainsi qu’à l’automne 1942, Jean Brottes* reçoit la visite d’Yvon (alias Hervais) qui lui demande de lui "prêter" ses papiers d’identité et ses papiers d’incorporation aux Chantiers de la Jeunesse. Yvon espère ainsi pouvoir circuler plus librement et poursuivre son activité de résistant. Il sera d'ailleurs décoré de la Légion d’Honneur pour ses actions. Jean Brottes* donne sans aucune hésitation et dans la plus grand secret tous ses papiers à son ami.
Mais le risque est grand pour ce Cévenol, qui n’a plus la possibilité de justifier de son identité en cas de contrôle et qui refuse de partir pour le STO. Jean Brottes* décide alors de rejoindre le maquis avec lequel il se battra jusqu’à la fin de la guerre.
Jean Brottes* a également aidé ses parents, Charles et Célina, à cacher le Grand Rabbin de France Isaï Schwartz et sa famille, dont son fils, dans leur maison de Champignac-en-Ardèche avant de le confier à la sœur de Célina Brottes, Judith Picot*. Judith Picot* et son mari, Édouard, ont été honoré du titre de Justes parmi les Nations en 1999.
Jean Brottes* se marie en 1953 avec Marcelle Barbereux au Temple d’Intres. Ils élèveront leurs cinq enfants dans la foi protestante.
Les liens noués entre les quatre amis pendant cette période difficile ont perduré.
Toute sa vie, Yvon Herschowitz, qui a pris le nom de Hervais en 1952, a été reconnaissant à Jean Brottes* de lui avoir sauvé la vie.
Les deux amis n’ont pas cessé de correspondre et comme le dit Jean Brottes* : "Il n’y a que la mort qui a interrompu notre correspondance".
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Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Blog sur quelques Justes et sur le livre (Blog hébergé par la Tribune de Genève sur quelques justes honorés par Yad Vashem sur l'intervention du délégué pour la Suisse et la région frontalière Ain et Haute-Savoie, Herbert Herz, ainsi que sur divers événements organisés autour de la parution du livre "Mon combat dans la Résistance FTP-MOI" ) 2 Le site du poète Pierre Emmanuel (Le site officiel du poète Pierre Emmanuel. Vous y trouverez aussi des pages sur sa vie et son action à Dieulefit durant la guerre, à Beauvallon, puis à la Roseraie. ) 3 Guy Sanglerat, ancien membre du Coq Enchaîné (Le Coq Enchaîné était un réseau de résistance de la région qui pendant l'occupation allemande rassemblait des syndicalistes, des socialistes et des radicaux de la mouvance d’Édouard Herriot. Membre du réseau, Guy Sanglerat publie ses souvenirs.. )
4 Le Coq enchaîné (Le Coq enchaîné : un journal clandestin sous l'occupation allemande. Le premier numéro fait son apparition en mars 1942. Les membres du Coq Enchaîné mèneront aussi des actions de résistance. Il a compté jusqu'à 400 membres. Le réseau sera décimé en 1943. Guy Sanglerat raconte ... )
5 Les archives du conseil général de Savoie (La liste des 168 "travailleurs israëlites" en partance de Ruffieux, établie le 24 Août 1942. ) 6 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)
André Faure
(1937 - 1941) André Jean Faure, Préfet de l'Ardèche
Alexandre Angeli
(1940 - 1944) Alexandre Benoît Joseph Angeli, Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1893-1962)
Eugène Hild
(1941 - 1942) Préfet de l'Ardèche
Jean Esquirol
(1942 - 1943) Préfet de l'Ardèche
Jules André Mariacci
(1943 - 1944) Préfet de l'Ardèche
André Boutemy
(1944 - 1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1905-1959)
Édouard Bonnefoy (24/01/1944 - 05/1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire). Résistant, il sera dénoncé par la Milice, arrêté par la Gestapo et déporté à Neuengamme (1899-1945).
Robert Pissere
(1944 - 1948) Préfet de l'Ardèche
Yves Farge
(1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1899-1953)
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