Mobilisé en 1914, il a fait connaissance d'André Vormus, né le 4 aout 1988 à Lille.
Les deux hommes restent en contact après la guerre.
Début 1943,la situation des juifs devenant plus préoccupante, même en zone libre, occupée depuis novembre 1942, Alphonse Puech* propose à son ami hospitalité et protection discrète.
Celui ci, replié en Corrèze dès 1940 tient à y rester auprès de ses deux sœurs Victorine et Yvonne, de leurs maris et de sa nièce Thérèse s'y croyant en sécurité.
Il refuse donc l'offre d'Alphonse Puech*, mais lui demande avec succès, d'accepter d'héberger le fils de son associé, un jeune homme de 18 ans, Jean-Claude Lajeunesse.
Celui ci n'avait pas besoin de faux papiers et termina ses études en étant inscrit à partir de mars 1943 au collège Champollion de Figeac.
Il y termina sa scolarité secondaire, passa le bac et s'inscrivit à la rentrée 1943 en première année de droit à Toulouse, partageant désormais son temps entre son domicile officiel, chez Alphonse* et Germaine Puech et Toulouse.
En avril (?) 1943, André Vormus1 et son beau-frère, Robert Lévy2, le mari de sa sœur Victorine, furent arrêtés sur dénonciation par la milice de Brive-la-Gaillarde. Internés à Drancy et à Compiègne ils furent déportés sans retour vers Auschwitz le 18 juillet 1943 par le convoi n° 57.
Les proches des deux beaux frères arrêtés, quittent alors précipitamment leur domicile et se réfugient dans le Tarn où ils vécurent sans faux papiers.
Fin avril 1944,la situation devenant des plus critiques, désemparés, ne sachant ou aller ils se rappellent l'amitié d'André Vormus et d'Alphonse Puech* et décident de se rendre chez celui ci.
Ils y arrivent dans les premiers jours de mai. Alphonse* et Germaine Puech n'hésitèrent pas: Ils leur ouvrirent la propre maison et les confinèrent à l'étage supérieur avec interdiction de sortir. Alphonse Puech* fit alors parvenir leur photos respectives à son gendre Maurice Cazotte, originaire d'Aubin dans l'Aveyron, alors instituteur et secrétaire de mairie dans une petite commune voisine de Maurs (Cantal). Celui ci, habitué à ce type d'opération s'acquitta tout naturellement de cette tache.
Le 11 mai 1944, les quatre fugitifs étaient munis de papiers.
Entre temps , Jean-Claude Lajeunesse était revenu de Toulouse, sur l'incitation d'Alphonse Puech*, qui avait trouvé à le faire embaucher à la SNCF grâce à l'appui d'un réseau d'amis cadres des chemins de fer. Un contrat d'emploi fictif, protection supplémentaire, devait être signé incessamment.
Les événements en décidèrent autrement.
En effet,d'importants éléments de la division SS Das Reich, alors en repos à Montauban, investit Figeac et plusieurs localités proches le 12 mai 1944.
Chaque maison fut fouillée entre 5 h et 9 h et tous les hommes de 18 à 65 ans arrêtés puis rassemblés. L'opération n'était pas spécialement dirigée contre les Juifs, mais il s'agissait de représailles et de recherches policières, à la suite d'un attentat qui, quelques jours auparavant avait entraîné la mort de plusieurs officiers de la division en déplacement près de Figeac.
Alphonse Puech*, Simon Blum et Jean-Claude Lajeunesse furent ainsi parqués avec des centaines d'hommes dont beaucoup furent libérés au cours de la journée : les anciens combattants, les plus âges et les non suspects selon les indications de la milice locale. Alphonse Puech* et Simon Blum qui disposait depuis la veille d'une identité, furent libérés en raison de leur âge.
Jusqu'à la libération, les quatre protégés de Alphonse* et Germaine Puech restèrent cachés, sans sortir.
En fin de journée, 550 à 600 hommes non libérés dont quelques juifs trouvés par hasard, furent transférés à Montauban. Jean-Claude Lajeunesse sous sa véritable identité et sur vue de sa carte d'étudiant fit partie d'une sélection de non suspects et des plus valides de 350 hommes qui firent l'objet d'un convoi n° 1
Les autres, suspects, Juifs reconnus ou les faibles physiquement , soit environ 200 à 250 personnes furent dirigés vers des camps de concentration.
De ce convoi n°2, 175 personnes (sauf erreur) ne sont pas revenues.
Les gens plus favorisés du convoi n° 1 furent envoyés dans un usine d'armement à Grottau dans le Sudetenland. Bien que le régime y fût dur, il n'y eut pas d'extermination systématique .
Quelques décès dus à des fautes de discipline ou à l'épuisement.
La presque totalité survécut à la libération par les Russes le 8 mai 1945
A leur retour, ils furent qualifiés de déportés politiques mais à la demande justifiée des survivants des camps, cette qualification leur fût retirée au profit d'une catégorie spécialement inventée à la demande de l'association de "Patriote français transféré en Allemagne" pour les différencier des travailleurs libres et des survivants des camps.
L'association des survivants du 12 mai s'est dissoute faute de membres actifs encore en vie.
Les archives de cette association ont été confiées à l'association des anciens combattants de Figeac.
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