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Juste parmi les Nations

Aimée Galop


Dossier Yad Vashem : 5023
Remise de la médaille de Juste : 11/02/1992
Sauvetage : Montrouge 92120 - Hauts-de-Seine
Religion : Protestante
Nom d'épouse: Galop

Date de décès: 1991
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Aimee-Galop
Les Justes de France au Panthéon
source photo : YV _ FMS
crédit photo : D.R.
Notice

Né en 1909, Gabriel Galop* habitait dans une petite maison à Montrouge (Seine) avec sa femme Aimée* et leurs deux filles âgées de deux et quatre ans.
Gabriel Galop* fabriquait des décors de théâtre en plâtre.

En faisant ses courses au marché de Montrouge, Aimée Galop* rencontra un jour Claire Garih.

Benjamin Garih, né en 1903, et Claire née Alfandary, née en 1901, étaient de nationalité turque nés à Constantinople.
Claire était la fille de Nissim Alfandary et Rachel née Montias, tous les deux turcs.
Benjamin Garih et Claire étaient arrivés à Paris en 1923 et s'étaient mariés en 1928.
Benjamin Garih travaillait dans une usine de confection et la famille vivait dans la maison du concierge de l’usine, où Claire restait à la maison en prenant soin de ses enfants Jacqueline, née en 1930, Gilberte, née en 1933 et Albert né en 1938.

En mai 1940, l’Allemagne envahit la France et occupe Paris. Parmi les quelque 175 000 Juifs vivant à Paris, beaucoup ont tenté de fuir la ville avant les Allemands qui progressaient. Les Garih se dirigèrent vers le sud sans destination particulière et passèrent plusieurs nuits dans un château le long de la Loire, dormant à même le sol. Avec nulle part où aller, cependant, ils retournent à Paris, où ils sont soumis aux nouvelles mesures anti-juives.

En juillet 1942, les Garih sont obligés d’emménager dans un appartement de deux pièces sans salle de bains ni douche, avec seulement des toilettes et une petite cuisine.

En septembre 1943, Benjamin Garih est réquisitionné pour le travail obligatoire et envoyé dans les îles anglo-normandes, le seul territoire britannique occupé par les puissances de l’Axe.
Claire Garih se retrouvait seule avec ses trois enfants. Elle confia à Aimée Galop* qu'elle était juive et qu'elle vivait dans la terreur de ce qui risquait de leur arriver, à elle et à ses enfants. Aimée Galop* discuta de la situation avec son mari et les Galop décidèrent d'héberger les Garih chez eux, en dépit des risques. Tous quatre passèrent l'hiver 1943-1944 chez Aimée* et Gabriel Galop*, présentés comme des cousins de province.

Après le débarquement en Normandie en juin 1944, convaincue que le danger était passé, elle rentra chez elle. Mais les Allemands les Allemands intensifièrent la chasse aux Juifs. Peu après le retour des Garih à leur domicile, des policiers français vinrent les avertir qu'une rafle était prévue dans les prochains jours.
Claire et ses enfants rentrent chez eux, et reçoivent la visite de deux inspecteurs de la police française en juin 1944. Bien que la Gestapo leur ait ordonné d'arrêter les Garih, la police déclare qu'ils n'étaient pas à la maison. Claire et Albert passèrent les nuits suivantes avec leurs voisins communistes, Suzanne* et Robert Ménétrier*, tandis que Jacqueline, et Gilberte se cachaient au rez-de-chaussée de leur immeuble avec le concierge.

Suzanne* et Robert Ménétrier* vivaient dans un petit appartement de deux pièces à Montrouge (Seine). Suzanne* travaillait dans une imprimerie. Son mari, réfractaire du travail obligatoire en Allemagne, était considéré à ce titre comme déserteur.
Les Garih passèrent dix jours avec eux en attendant qu'on leur trouva un abri plus sûr.

Avec l'aide d'un travailleur social local, les Garih ont trouvé des endroits où rester. Claire Garih a travaillé comme gouvernante pour une famille parisienne. Albert a été placé dans un pensionnat catholique pour garçons pendant que ses sœurs étaient placées dans une école pour filles, toutes deux dans la banlieue nord-est de Montfermeil.
Les enfants n'avaient aucun moyen de communiquer avec leur mère. Bien qu'Albert ait été protégé par la directrice bien qu'elle le soupçonne d'être juif, il est devenu incroyablement maigre et affaibli par la pénurie de nourriture en temps de guerre.

En août 1944, les puissances alliées libèrent Paris et Montfermeil peu après. Dès la remise en service du train, Claire Garih se rend à Montfermeil et ramène ses enfants à Paris.

En mai 1944, juste un mois avant le jour J, les autorités allemandes évacuent les prisonniers détenus sur l'île d'Aurigny, via Cherbourg vers Boulogne. Des prisonniers, dont Benjamin Garih sont déployés comme travailleurs forcés dans le triangle Boulogne-Calais-Dunkerque, réparant des installations de fortifications côtières allemandes endommagées par les bombardements alliés. En août, peu de temps après le départ des Alliés de la tête de pont de Normandie, les Allemands avaient l'intention de transporter ces Juifs dans des camps de concentration en Allemagne, mais les résistants belges arrêtent le train et libèrent les prisonniers restants. y compris Benjamin Garih.
Benjamin Garih rentra chez lui de Dixmude, en Belgique, à Paris et arriva le matin de Roch Hachana.

Après la guerre, les familles restèrent amis.

En 1962, Albert est diplômé en traduction anglaise et espagnole de l'École supérieure de traduction et d'interprétation de la Sorbonne. En 1967, il épouse Marcelle Ohayon, avec qui il a trois filles et dix petits-enfants. Il a travaillé comme traducteur dans plusieurs organisations majeures, dont le bureau de traduction du président du Cameroun; une agence des Nations Unies à Montréal; et la Banque mondiale, qui l'a amené à Washington, DC, en 1976.

Le 11 février 1992, Yad Vashem a décerné à Aimée* et Gabriel Galop* et à Suzanne* et Robert Ménétrier*, le titre de Juste parmi les Nations.

Lien vers le Comité français pour Yad Vashem



 
Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Aimée Galop
Claire Garih
Jacqueline Garih
Gilberte Garih
Albert Garih

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Etoile jaune: le silence du consistoire centrale , Mémoire ou thèse 7 pages, réalisation 2013
Auteur : Thierry Noël-Guitelman - terminal
Lorsque la 8e ordonnance allemande du 29 mai 1942 instaure l'étoile jaune en zone occupée, on peut s'attendre à la réaction du consistoire central. Cette étape ignoble de la répression antisémite succédait aux statuts des juifs d'octobre 1940 et juin 1941, aux recensements, aux rafles, aux décisions allemandes d'élimination des juifs de la vie économique, et au premier convoi de déportés pour Auschwitz du 27 mars 1942, le consistoire centrale ne protesta pas.


Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Juifs en psychiatrie sous l'Occupation. L'hospitalisation des Juifs en psychiatrie sous Vichy dans le département de la Seine (Par une recherche approfondie des archives hospitalières et départementales de la Seine, l'auteur opère une approche critique des dossiers concernant des personnes de confession juive internées à titre médical, parfois simplement préventif dans le contexte des risques et des suspicions propres à cette période. La pénurie alimentaire est confirmée, influant nettement sur la morbidité. Ce premier travail sera complété par un examen aussi exhaustif que possible des documents conservés pour amener une conclusion. )
2 Héros de Goussainville - ROMANET André (Héros de Goussainville - Page ROMANET André )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )

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