Période d'activité: Janvier 1939-mai 1945 Superficie: 45 baraques de planches couvertes de tôles ondulées sur 50 ha Capacité: 2 500 personnes Population internée: Étrangers, communistes, Juifs
Le camp de Septfonds est créé pour y interner les réfugiés Républicains espagnols à partir de janvier 1939 et les populations juives de l'Est, les Ostjuden, fuyant l'Allemagne d'Hitler. Le camp fonctionnera ainsi jusqu'au 1er mars 1940.
La loi du 27 septembre 1940 supprime les compagnies de travailleurs étrangers (CTE) et institue les groupements de travailleurs étrangers (GTE). Trois groupes sont formés au camp de Septfonds : les groupes 552 et 533 composés d'Espagnols et le groupe 302 (302e Groupe "palestinien" de travailleurs étrangers), réservé aux volontaires étrangers démobilisés, majoritairement composé de Juifs.
En janvier 1941 le camp comprend ainsi un centre d'internement pour étrangers, des groupements de travailleurs étrangers et une annexe à l'hôpital de la ville.
Menacé de fermeture à l'automne 1941, le camp devient alors un centre de triage régional pour les étrangers jugés indésirables ou en situation irrégulière, arrêtés dans le département.
Sur ordre du ministère de l'Intérieur, le 30 juin 1942, les internés sont évacués et le camp est fermé jusqu'à sa ré-ouverture en août 1942 dans le cadre du dispositif de la solution finale.
Au total, pour l'année 1942, 295 Juifs auront transité par Septfonds.
En novembre, la zone libre n'est plus. Le camp reste en activité : au printemps 1943, aux 70 déportés viennent se joindre des étrangers astreints au "Travail obligatoire" dans les chantiers de l'organisation Todt, ainsi que des femmes juives "sans ressource et sans emploi" à partir de septembre 1943. Septfonds est libéré par la résistance au cours de la première quinzaine d'août 1944, lors de "l'attaque de la nuit de Carnaval 1944".
Entre août 1944 et mai 1945, date de fermeture définitive du camp, les lieux sont utilisés pour la détention de cinq cents personnes soupçonnées de collaboration dans le département.
Février 1939 – Mars 1940 Centre d’hébergement de réfugiés espagnols
25 février 1939
Le gouvernement Daladier, pressé de décongestionner les camps de réfugiés espagnols des Pyrénées-Orientales, choisit le Tarn-et-Garonne pour implanter l’un des cinq nouveaux camps destinés à l’hébergement de 15000 personnes.
27 février 1939
Les autorités civiles et militaires du département arrêtent le choix définitif d’un vaste terrain situé à Lalande et à Judes, commune de Septfonds, à un kilomètre du village. Soucieuses de rassurer les populations locales les autorités affectent plus d’un millier de gardes-mobiles, de fantassins, de dragons et de tirailleurs sénégalais à la surveillance du camp, et abandonnent le projet initial d’arrivée d’Espagnols en gare de Caussade, qui impliquait la traversée de la ville entière et du village de Septfonds. La petite gare de Borredon située à Montalzat, d’où le trajet peut s’effectuer en rase campagne est finalement retenue.
5-12 mars 1939
2 500 "miliciens espagnols" sont déversés quotidiennement sur le quai de la gare de Borredon à Montalzat, puis conduits sur le site de Septfonds encore en cours d’aménagement. L’autorité militaire décide alors l’ouverture d’un camp provisoire à Lalande, où les Espagnols sont hébergés avant d’être envoyés au camp définitif de Judes au fur et à mesure de l’achèvement des baraques.
20 mars 1939
Le transfert des Républicains espagnols au camp de Judes est achevé. 16 000 Espagnols sont désormais internés à Septfonds.
Mars 1939 – Février 1940
Le grand ennemi à vaincre derrière les barbelés est l’ennui, mais les réfugiés s’organisent : une troupe de théâtre est montée par un acteur professionnel, un orchestre amateur, un atelier de peinture mis en place. La vie politique se réorganise elle aussi : des cellules et des comités regroupant les militants du Parti Communiste Espagnol sont créés. Des groupes de travailleurs sont aussi rassemblés par l’armée qui les utilise pour l’entretien du camp et pour exécuter des travaux de terrassement sur le camp militaire de Caylus. Conscient de l’énorme réservoir de main d’œuvre que représentent les réfugiés, le gouvernement offre la possibilité aux internés de quitter le camp en signant un contrat de travail. Des centaines d’Espagnols sont ainsi embauchés comme ouvriers agricoles dans tout le département. D’autres, sélectionnés pour leurs qualifications, sont transférés dans des camps spéciaux et recrutés dans l’industrie.
Février – Mars 1940
La population espagnole est progressivement évacuée du camp. Selon leurs aptitudes professionnelles, leur santé et leur comportement, les réfugiés sont versés dans les autres camps du sud-ouest. Le 15 février, 4 Compagnies de Travailleurs Étrangers sont également constituées. Seules les 220e CTE et 221e CTE affectées à l’entretien du camp sont maintenues à Septfonds.
15 mars 1940
Le camp de Septfonds devient Centre de Mobilisation pour les étrangers désireux de s’engager dans les "Régiments de Marche de Volontaires Étrangers". Une partie du camp est mise à la disposition de l’armée polonaise en France, qui y instruisit environ 800 hommes relevant de l’armée de l’air (ensuite transférés à Lyon-Bron).
Été 1940 – Été 1942 Centre de triage et d’hébergement des étrangers en surnombre
Été – automne 1940
À la suite de la signature de l’armistice franco-allemand, l’autorité militaire utilise le camp de Septfonds comme centre de démobilisation pour les Engagés Volontaires Étrangers. Le Ministre du travail de Vichy y constitue quant à lui de nouveaux Groupes de Travailleurs Étrangers, dont le 302e Groupe composé de Juifs.
2 janvier 1941
Création d’un camp de triage et d’hébergement, relevant du Ministère de l’Intérieur, sur la parcelle cédée par le Ministère de la Guerre. Cet enclos, contenant 6 baraquements et isolé par une clôture barbelée, est désormais destiné aux "étrangers en surnombre dans l’économie départementale". Le gouvernement de Vichy crée "un centre spécial destiné aux officiers des armées ex-alliées ayant tenté de quitter la France clandestinement" : des militaires belges et polonais, arrêtés et jugés, sont retenus à Septfonds, d’avril à juillet 1941.
28 mai 1941
Désaffectation officielle du camp de triage : les internés devront être transférés dans les camps des Pyrénées-Orientales et de Haute-Garonne. Maintien d’un îlot de sûreté pour les "étrangers suspects" du département.
Été 1942 – 1944 Centre de rassemblement pour individus dangereux
Février – Juin 1942
Maintenu par le Préfet de Tarn-et-Garonne, le camp réservé aux étrangers en surnombre accueille maintenant une centaine d’internés. Le 15 mars, en raison des multiples conflits et en vue de "l’incorporation prochaine d’Israélites en nombre important" dans le 302e GTE, Vichy transfère le camp de triage dans une zone isolée au sud de l’enceinte de Judes, pour finalement le fermer définitivement le 1er juillet.
Juillet 1942
En application du plan gouvernemental de maintien de l’ordre, un "centre de rassemblement pour individus dangereux" est créé en lieu et place du camp de triage.
24 août 1942
84 internés juifs appartenant à la 302e Compagnie de Travailleurs Étrangers sont conduits en gare de Caussade, parqués dans un même wagon, à destination d’Auschwitz via Drancy.
26 août 1942
211 juifs étrangers (hommes, femmes, enfants) raflés par la police et la gendarmerie françaises en Tarn-et-Garonne et pour 39 d’entre eux dans le Lot, sont conduits par camion au Centre de Rassemblement de Septfonds.
Nuit du 2 au 3 septembre 1942
Les 211 internés sont acheminés en gare de Caussade et intégrés à un important convoi régional qui rejoint Drancy le 4 Septembre, pour arriver a Auschwitz cinq jours plus tard. Au total, 295 personnes sont déportées depuis le camp de Septfonds vers l’enfer concentrationnaire nazi.
1943-1944
Le 302e Groupe de Travailleurs Étrangers subsiste au camp jusqu’à la Libération. En mars 1943, il ne compte plus que 70 Israélites à la suite d’un "prélèvement" effectué par les autorités allemandes. Les internés, soumis à une discipline militaire sont employés à des travaux de terrassement, de culture et d’entretien du camp.
Le camp de Septfonds sera utilisé une dernière fois après la libération pour l’internement de Français accusés de collaboration. Il est définitivement fermé en mai 1945.1
Article non renseigné. Si vous avez connaissance de personnes internées dans ce camp, cliquez ci-dessus sur “Compléter” et ajoutez leur nom, prénom, les circonstances de l'internement et la date de l'internement, si possible.
12/04/1939 -Décret du 12 avril 1939 sur la création des CTE (Compagnies de Travailleurs Étrangers). 27/09/1940 -Loi du 27 septembre 1940 sur la création des GTE (Groupements des Travailleurs Étrangers). 22/02/1941 -Décret du 22 février 1941 sur les sanctions à appliquer dans les GTE (Groupements des Travailleurs Étrangers). 02/11/1945 -Ordonnance du 2 novembre 1945 sur la dissolution des GTE (Groupements de Travailleurs Étrangers).
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Les Juifs réfugiés à Varennes durant la Seconde Guerre mondiale , Le Tambour de Varennes n° 2323 pages,
réalisation 2012 Auteur :
Régis Pinson
- terminal
Après le colloque sur la lettre de protestation du 26/08/1942 de Mgr Théas, évêque de Montauban, le travail de mémoire et d’histoire se poursuit. Le Tambour de Varennes printemps-été 2012, n° 23, est en grande partie consacré au sort des Juifs réfugiés à Varennes.
Notes
- 1 - Texte extrait des panneaux historiques réalisés par le Musée de la Résistance de Montauban (1997).
Louis Boucoiran
(1937 - 1940) Louis Maurice Casimir Boucoiran, préfet du Tarn-et-Garonne
Léopold Chénaux de Leyritz
(25/06/1940 - 24/01/1944) Léopold Marie Frédéric Chéneaux de Leyritz, Préfet de Haute-Garonne et préfet régional de la région de Toulouse à partir de 1941 (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1896-1970)
Albert Durocher
(1940 - 1941) Albert Lucien Jules Durocher, préfet du Tarn-et-Garonne
François Martin
(1941 - 1943) François Louis Alfred Martin, député de l'Aveyron de 1936 à 1940. Issu d’une famille protestante de Millau, il vote les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain et entre au Conseil national de Vichy. Nommé préfet du Tarn-et-Garonne, il démissionne fin 1943 et rejoint la Résistance. (06/09/1900 à Millau-20/04/1964 à Millau)
André Sadon
(24/01/1944 - 06/02/1944) André Paul Sadon, Préfet régional de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1891-1965)
Jean Cassou
(1944 - 1944) Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1897-1981)
Pierre Berteaux
(1944 - 1946) Pierre Félix Berteaux, Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1907-1986)
Maurice Vincent
(1944 - 17/11/1944) Maurice Paul Vincent, préfet du Tarn-et-Garonne, suspendu de ses fonctions le 17 novembre 1944.
Auguste Rouanet
(21/08/1944 - 21/03/1946) Auguste Jacques Joseph Rouanet, désigné préfet du Tarn-et-Garonne à titre provisoire par le commissaire de la république de la région de Toulouse le 21 août 1944, délégué dans les fonctions le 18 novembre 1944. Fin de délégation le 21 mars 1946.
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