La guerre d'Espagne
La Guerre d'Espagne amène à partir de 1936 un afflux de réfugiés opposants à Franco dans l'Allier.
Certaines communes du département réquisitionnent des bâtiments pour loger les exilés et les habitants organisent des collectes pour les aider.
L'entrée en guerre de la France
Après l'invasion de la Pologne par l'Allemagne, le 1er septembre 1939, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939.
520 000 français sont évacués des zones frontalières comprises entre la ligne Maginot et l’Allemagne.L'Allemagne nazie envahit la France, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas le 10 mai 1940.
Le gouvernement désemparé se replie à Bordeaux dès le 11 juin.
La France est envahie. C’est l’exode vers le sud.
Le président du Conseil, Paul Reynaud, est contraint de démissionner. Le maréchal Pétain forme alors un nouveau gouvernement.
La France est coupée en deux
Le 22 juin 1940, la France écrasée signe l'Armistice. De nombreux hommes sont fait prisonniers.
Le 10 juillet 1940, trois parlementaires de l'Allier font partie des "quatre-vingts" qui refusent de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain : le sénateur SFIO Marx Dormoy de Montluçon, le député maire de Commentry Isidore Thivrier et l’ex communiste Eugène Jardon, élu député à la complémentaire d’avril 1939.
Les Allemands mettent en place toute une série de mesures pour limiter sur le territoire la circulation des personnes et des marchandises et le trafic postal entre deux grandes zones délimitées par la ligne de démarcation qui sépare la zone libre où s’exerce l’autorité du gouvernement de Vichy, de la zone occupée par les Allemands.
La ligne de démarcation traverse treize départements sur 1 200 km : Ain, Allier, Charente, Cher, Dordogne, Gironde, Indre-et-Loire, Jura, Landes, Loir-et-Cher, Pyrénées-Atlantiques, Saône-et-Loire, Vienne.
Montluçon est situé en zone libre, alors que la rive droite de Moulins est soumis dès l'Armistice à l'occupant nazi et que Vichy est devenu le siège du gouvernement de Pétain et de l'État français après l'occupation de Bordeaux.
Les réfugiés affluent par milliers et s'installent dans la zone restée libre du département.
La Demarkationslinie - la ligne de démarcation - ne disparaîtra que le 1er mars 1943, plusieurs mois après l’occupation totale de la France, le 11 novembre 1942.
Les débuts de la Révolution nationale
Dès le 11 juillet 1940, après la proclamation de l'État français, la République disparaît et le nouveau régime cherche des responsables de la défaite.
Ce sera d'abord les Anglais, puis les hommes politiques de la IIIe République, avec la loi du 17 juillet 1940 qui donne le droit de révoquer tout fonctionnaire paraissant être un élément de désordre, et les étrangers.
Les francs-maçons, responsable de la décadence, sont mis au ban de la société dès le 13 août 1940. Le maréchal Pétain affirmait que si un juif n'était pas responsable de ses origines, "un franc-maçon l'était toujours de son choix". 1A Montluçon, la loge Union et Solidarité est frappée de séquestre et les francs-maçons fonctionnaires publics sont poursuivis en correctionnelle. Les hommes politiques de la IIIe République francs-maçons sont jugés devant la Cour suprême de Justice.
Puis, après la chasse aux communistes, le gouvernement de Vichy entame la répression contre les Juifs avec la publication du "statut des juifs", le 2 octobre 1940, première loi antisémite officialisant la politique d'exclusion.
Le nouveau statut des juifs, du 2 juin 1941 sera encore plus sévère. Puis une loi du 22 juillet 1941 porte sur les entreprises juives et le contrôle des fonds appartenant aux Juifs.
Les rafles
Le recensement des Juifs, effectué en 1941, donnait pour l'Allier, un total de 3 669 personnes, dont 2 894 Juifs français et 775 Juifs étrangers.
Dans l'arrondissement de Montluçon, c'est Néris-les-Bains qui en accueille le plus grand nombre, la plupart séjournant à l'hôtel ou dans des pensions de famille, puis Montluçon, Villebret, Commentry.
L'arrondissement de Montluçon recense en tout 501 Juifs.
Le port de l'étoile n'est pas imposé en zone sud.
En vue des rafles prévues dans l'Allier, l'administration libère en août 1942 le Centre régional de rassemblement des Israélites du camp du Textile, afin d'y recevoir les Juifs étrangers des quatre départements de la région de Clermont-Ferrand, sur l'emplacement d'une usine désaffectée qui fabriquait avant la guerre du textile synthétique.
Ce camp, situé à la lisière de la ville, gardé par des gendarmes français et sous le commandement d'un commissaire des renseignements généraux, Martrou, avait déjà hébergé des réfugiés depuis 1940.
La rafle du 26 août 1942, débute à 5 h du matin et concerne 18 communes de l'Allier. Sept équipes de policiers arrêtent des personnes habitant les départements de la région de Clermont-Ferrand à leur domicile parce que Juives.
170 personnes sont rassemblées au camp du Textile de Prémilhat : 95 hommes, 60 femmes et 15 enfants.
Après l'opération dite "de criblage", 143 Juifs du camp, ne bénéficiant d'aucune des exceptions prévues, dont la plus jeune a 2 ans, sont emmenés à la gare de la Petite Vitesse à Montluçon et quittent la ville le 3 septembre à destination de Châteauroux-Vierzon sous escorte de 48 gardiens du GMR.Ils seront déportés sans retour de Drancy vers Auschwitz le 14 septembre 1942 par le convoi n° 32.2
Résistance
A partir de novembre 1942, la présence de l'occupant sur tout le département est de plus en plus pesante pour les habitants.
La Résistance socialiste recrute surtout parmi les fonctionnaires et les employés municipaux, utilisant souvent les infrastructures locales.
La répression à l'encontre des personnes soupçonnés d'aider la résistance s'amplifie dès l'automne 1943.
Les Allemands se sentent de plus en plus menacés par la résistance et à partir du 26 juin 1944, le couvre-feu est imposé à 22 h 30.
2 Familles hébergées, cachées ou sauvées de l'Allier
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- Le Mayet-de-Montagne -
Famille Sclarovitz - Monsieur Paul Sclarovitz, son épouse et ses deux fillettes Paulette et Jacqueline, de Nancy, ont été cachés par Monsieur et Madame Etaix au Mayet-de-Montagne, près de Vichy dans l’Allier. Les parents sont ensuite cachés par la famille Roche à Saint-Germain-Laval, alors que les fillettes sont prises en charge par la famille Roux à Saint-André-d'Apchon. Après la guerre, les Sclarovitz habitent Nancy, 42 rue Albert Ier.
- Vicq -
1941 Famille Rothschild - Des membres de la famille Rothschild vivent à l'abri à Vicq de 1941 à 1944.
49 Familles arrêtées dans le département
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- Molles - 1943Famille Levy - Édith Georgette, 33 ans, née Lieber, à Barr le 23 février 1910, épouse de Camille Levy médecin, demeurant à Mulhouse, réfugiée à Molles dans l'Allier avec son fils Claude 10 ans, sont arrêtés et déportés sans retour par le convoi n° 64 le 7 décembre 1943 du camp de Drancy vers Auschwitz qui transportait 1000 déportés (42 survivants en 1945).
(Numéro de convoi: 64 )
- Montluçon - 13/04/1943Famille Bastide - Denise participe, à partir de 1941, au Secours populaire français et au Front national de lutte pour l'indépendance dans le département de la Loire. Elle participe en 1943 à l'activité des Francs-tireurs et partisans de l'Allier, et est arrêtée le 13 avril 1943 à Montluçon, par la police, puis condamnée à six ans de réclusion, le 29 mars 1944, par le tribunal de Lyon. Elle est alors emprisonnée à Chalons-sur-Marne, puis à Romainville, avant d'être déportée à Ravensbrück, puis à Swodau, d'où les alliés la libèrent.
16/10/1943Famille Combanaire - Maurice Combanaire, résistant du réseau Marco Polo, propriétaire de l'hôtel Terminus réquisitionné par les Allemands, est arrêté par la Gestapo, probablement suite à une dénonciation. Transféré à Bourges pour interrogatoire, il sera déporté en Allemagne.
29/12/1943Famille Garnier - Henri Garnier, professeur de lettres du Lycée de Montluçon, résistant, accusé de fabriquer de faux papiers, est arrêté.
1944Famille Weil - Marcel, 47 ans, originaire de Strasbourg, a été fusillé en 1944 à Montluçon.
- 1 - Propos prêtés à Pétain par Adrien Marquet, alors ministre de l'Intérieur, cités par Robert Aron, Histoire de Vichy, p. 225.
- 2 - Montluçon, 1940-1944, par André Touret, éd. Créer
Louis Nicolas Henri Adam (17/11/1934 - 17/09/1940)
Joseph Porte (17/09/1940 - 08/02/1943)
Charles Chevreux (1941 - 1941) Jacques Charles Adrien Chevreux, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie)
Alfred Hontebeyrie (1941 - 1941) Alfred Roger Hontebeyrie, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1895-1969)
Charles Donati (1941 - 1943) Charles Guérin Joseph Louis Donati, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (né en 1891)
Paul Brun (1942 - 1944) Paul Ferdinand Eugène Brun, Préfet de la région de Clermont-Ferrand (Cantal, Haute-Loire, Puy-de-Dôme et la partie non-occupée de l'Allier) (1892-1965)
Jean Quenette (07/1943 - 30/12/1943) Jean François Quenette, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie), révoqué par Vichy et recherché par la Gestapo pour son activité de résistant (1903-1971)
Félix Picot (03/02/1943 - 02/09/1944) Préfet de l'Allier
Robert Fleury (02/09/1944 - 16/02/1949)
Henri Ingrand (1944 - 1946) Commissaire régional de la République (Cantal, Haute-Loire, Puy-de-Dôme et la partie non-occupée de l'Allier)(1908-2003)
Georges Bernard (1944 - 1944) Georges Albert Maurice Bernard, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1890 - 1953)
Jean Bouhey (Mars 1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1898-1963)
Jean Mairey (1945 - 1946) Jean Marie Albert Mairey, Commissaire régional de la République par intérim de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1907-1982)