Moritz Heilbronn, né le 26/08/1886 à Falkenberg (Allemagne) épouse Rosa Horn, née le 05/08/1894 à Geilenkirchen (Allemagne). Ils ont deux enfants, Max, né le 20/06/1920 à Luxembourg, et Yvette, née le 26/05/1923 à Luxembourg. Rosa décède le 28/12/1928 à Luxembourg à l'âge de 34 ans.
Resté veuf, Moritz épouse Lise Bloch née à Saarbrucken (Allemagne). Leur fille Suzanne, nait le 20/05/1931 à Luxembourg.
Moritz Heilbronn et Max quittent Luxembourg et arrive en France en mai 1940. Ils rejoignent Toulouse où Moritz Heilbronn est arrêté en tant qu'Allemand, puisque né en Allemagne. Il est incarcéré au camp de Saint-Cyrprien.
Max, considéré comme luxembourgeois n'est pas arrêté. Au bout de quelques temps, il parvient à faire sortir son père du camp de Saint-Cyprien et ils sont assignés à résidence à Barbotan-les-Thermes, station thermale de Cazaubon.
Max, agriculteur, est réfugié au Centre du Bégué, fondé par la Direction des Centres d’accueil de l’abbé Alexandre Glasberg*.
En décembre 1940, Lise Heilbronn, Yvette et Suzanne sont expulsés de Luxembourg vers la France après l'annexion du Luxembourg par le 3e Reich. Elles rejoignent alors Moritz et Max à Cazaubon. De même, Selma Heilbronn, une soeur de Moritz âgée de 48 ans, née le 7 juillet 1894 à Falkenberg (Allemagne), de nationalité allemande, viendra les rejoindre à Cazaubon. Elle sera arrêtée à Cazaubon le 26 août 1942 et déportée sans retour le 4 septembre 1942 par le convoi n° 28 du camp de Drancy vers Auschwitz.
Arrêté parce que juif le 24/02/1943 par les gendarmes français, Max, 22 ans, sera déporté sans retour par le convoi n° 50 parti de Drancy le 04/03/1943 vers Majdanek (Pologne). 1
Moritz, arrêté en même temps que Max parvient à s'échapper. Il réussira à passer en Isère grace à la filière du Cardinal Pierre-Marie Gerlier* et s'installe à Clelles. Rejoint par son épouse Lise Heilbronn, Yvette et Suzanne, ainsi qu'une soeur de Lise et son mari, ils vont y rester jusqu'en septembre 1943, date à laquelle les Allemands remplacement les Italiens qui occupaient la zone.
Yvette malade est placée au Sanatorium des étudiants de France à Saint-Hilaire du Touvet.
Le reste de la famille fuit Clelles et se dirigent vers Nice où ils arrivent le même jour que les Allemands.
Suzanne est prise en charge et cachée sous le nom de "Lamarre" par le réseau Marcel de Moussa Abadi et Odette Rosenstock qui constitua un des principaux circuits de sauvetage de l’enfance juive de la zone sud qui avec l’aide de l’évêque de Nice, Monseigneur Paul Rémond*, du pasteur Évrard* et des siens, du pasteur Paul Gagnier et de quelques autres, sauvèrent dans les Alpes-Maritimes entre 1943 et 1945, 527 enfants juifs. En septembre 1943, Suzanne est cachée à l'Institution Sainte-Marthe à Grasse.
Moritz et Lise Heilbronn parviennent à se cacher quelques mois chez l’habitant, moyennant finance. La soeur de Lise et son mari seront raflés à Nice lors de leur deuxième nuit dans un hôtel.
Quelques mois plus tard, Moritz et Lise Heilbronn reviennent à Clelles.
Ils rentreront au Luxembourg après la guerre.2