Aron, 51 ans, né le 17/10/1891 à Radymno (Galicie), commerçant en bonneterie, et son épouse Hinda Mirel, 55 ans, née Rotenberg le 20/08/1888 à Berdichev (Ukraine), polonais, vivaient à Anvers (Belgique) avec leur fils Mozes Hillinger, né en 1914, son épouse Léa, née Lieberman en 1912, et leurs trois enfants : David-Léon, né en 1936, Suzy, née en 1938, et Éva, née en février 1940.
Fuyant l'invasion nazie, la famille quitte Anvers et arrive à Gand à bord d'un grand camion déniché par Mozes. Avec beaucoup de difficultés, ils arrivent à trouver une chambre d'hôtel, mais serons mis dehors deux heures plus tard, le fils du propriétaire ne voulant pas de Juifs dans son hôtel... Ils rejoignent le camion pour y passer le reste de la nuit, nuit durant laquelle l'hôtel sera bombardé. Au matin, il ne restait que des décombres.
Ils parviennent à rejoindre la frontière le 15 mai 1940, mais se font voler camion et bagages et doivent alors poursuivre le voyage par le train.
Alors que Mozes Hillinger fait sa prière avec ses tefilim, les gendarmes veulent l'arrêter car ils pensent qu'il utilise un émetteur à ondes courtes. Heureusement qu'un brave curé français qui se trouve à côté leur explique qu'il s'agit d'un Juif en train de prier.
Ils arrivent au Jougla à Marions (Gironde).
Ils sont ensuite assignés à résidence à Lavazan avec leur famille. Se trouvent là Mme Rotenberg, la grand-mère d'Hinda Mirel (qui meurt quelques jours avant la rafle), David et Eidla Rotenberg, les parents d'Hinda Mirel, son fils Mozes Hillinger, son épouse Léa et leurs trois enfants David-Léon, Suzy et Éva. Grâce à l'aide d'un laissez-passer obtenu auprès de l'adjoint au maire de Lavazan, Mozes Hillinger, Léa et leurs trois enfants, quittent Lavazan pour Castillonnès (Lot et Garonne).
Le 26 août 1942, quelques heures après le départ de leur fils, Hinda Mirel et Aron sont arrêtés parce que juifs. Ils sont envoyés au Camp de Sauvaud (dit Camp de la Gare) à Casseneuil, avant d'être déportés sans retour du Camp de Drancy vers Auschwitz par le convoi n° 30 du 9 septembre 1942.
A leur arrivée à Castillonnès, il y a de nombreux refugiés juifs et même un rabbin qui tue les poules de façon rituelle. Chaque samedi, un local était mis à leur disposition la prière du shabbat qui se terminait par une visite à la gendarmerie où ils devaient faire constater et enregistrer leur présence dans la commune.
David Lasser, réfugié également à Castillonnès avec sa femme et ses deux enfants, sera arrêté par un gendarme français et déporté sans retour à Auschwitz.
Mozes Hillinger décide alors de quitter Castillonnès et conseille au rabbin de prévenir tous les Juifs de se cacher.
Mozes Hillinger n'a pas été écouté et lors de la rafle à Castillonnès, tous ont été arrêtés et déportés. Il ne restera qu'un seul survivant de cette rafle.
Mozes Hillinger et Léa se cachent à Bron, près de Lyon, à proximité du champ d'aviation de la Luftwaffe.
Suzy et Éva sont cachées à Villeneuve-sur-Lot : Suzy chez une marchande de legumes,et Éva chez le bijoutier au centre de la ville. Elles seront ensuite cachées ensemble à Pont-de-Veyle (Ain) et à Saint-Jean-sur-Veyle (Ain)
David-Léon, quant à lui est d'abord caché chez le concierge d'une fabrique de métaux à Villeneuve-sur-Lot, mais quand il était saoul il battait le petit garçon. Il est alors envoyé chez une comtesse, dans un château de Villeneuve-sur-Lot, puis quelques mois au couvent de Villeneuve-sur-Lot, et ensuite à l'hôpital, puis dans la montagne, à Bouillac (Tarn-et-Garonne).
En 1943, David-Léon, accompagné par une résistante juive, Mme Maje, prend le train de nuit entre Lyon et Macon pour rejoindre Pont-de-Veyle. Il raconte : "Le train était bondé, pas éclairé, seulement une ampoule bleue, à cause des bombardements allies sur tout ce qui bougeait. J'étais debout dans le corridor, avec ma petite valise, et la dame, à quelques mètres de moi, pour la sécurité. A une certaine halte est monté un soldat allemand. Il s'est mis près de moi. Il avait son équipement complet, son fusil-baïonnette, sa gourde. A un certain moment il m'a regardé, peut être que je le faisais penser a quelqu'un de sa famille, ou bien il avait compris Il a mis sa main a sa poche, a sorti son portefeuille, a sorti un billet de 100 reichsmaks, et me l'a donne.je lui ai dit merci".
David-Léon arrive à Pont-de-Veyle où il est d'abord caché chez Mme poncet, et finalement chez Mme Rozan, rue Gabonnières.1
Mozes Hillinger, Léa et leurs trois enfants, David-Léon, Suzy et la petite Éva survivront grâce à l'aide d'une grande partie de la population.