Les parents de Louis Bieber*, alsaciens protestants, originaires de Mackwiller (Bas-Rhin) était arrivée dans la Meuse en 1872, fuyant l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne.
Lors de la 1re Guerre Mondiale, Louis Bieber*, jeune Poilu de 20 ans, est fait prisonnier par les Allemands. Blessé, il s’évade, est repris, mis dans un camp de représailles. Il sera décoré pour sa bravoure.
Louis Bieber* joue du violoncelle et apprend l’anglais. Ce qui va lui servir durant la guerre, notamment pour aider les prisonniers anglais, mais aussi d’autres prisonniers étrangers.
Pendant l’occupation, Jeanne* et Louis Bieber* habitent avec leurs trois enfants à Revigny-sur-Orain, près de Bar-le-Duc.
Louis Bieber* est chef de District EDF, responsable de la Compagnie d'électricité de la Meuse et de la Marne. A ce titre, il pouvait se déplacer en camionnette à gazogène, de jour comme de nuit.
En novembre 1940, Alfred Reichner, Julien Samuel (futur président de l’OSE - Oeuvre de Secours aux Enfants) et Nolly Salomon, trois soldats français, israélites, s'évadent d’un camp allemand situé près de Sarreguemines.
Les trois évadés arrivent à Bar-le-Duc, où ils sont pris en charge par Jeanne* et Louis Bieber*, des amis d'Alfred Reichner.
Ils parviendront ensuite à traverser la ligne de démarcation à pied pour se rendre dans la Zone libre.
Revigny-sur-Ornain était un nœud ferroviaire d’importance majeure pour le 3è Reich, passage quotidien pour les escadrilles de forteresses volantes américaines et de bombardiers lourds anglais en mission vers l’Est ; lorsque des avions étaient abattus, les équipages survivants étaient recueillis par les habitants de la région, logés, réconfortés, soignés, habillés de vêtements civils, enfin renvoyés si possible vers leurs bases de départ,
Dans les comptes-rendus anglais sur ces sauvetages, Louis Bieber* y est cité comme membre actif de ces filières.
En 1943, Louis Bieber* va rendre visite à la famille d’Alfred et d'Alice Reichner, réfugiée de Strasbourg à Clermont-Ferrand. Il se rend compte des conditions dans lesquelles cette famille juive tente de survivre à 6 alors que pèsent sur eux des menaces d'arrestation et de déportation (la Zone Libre étant devenue Occupée).
Il propose aux parents de mettre en sécurité Simone, 12 ans, dont l’état de santé est déficient, en la prenant en pension chez lui, à Revigny-sur-Ornain.
C’est ainsi que munies des laissez-passer nécessaires Simone part de Clermont-Ferrand par le train, accompagnée par sa mèreAlice Reichner.
Accueillie à bras ouverts par Jeanne* et Louis Bieber*, Simone est considérée comme un de leurs propres enfants, pendant l’année scolaire 1943-1944. Leurs enfants l’adoptent comme leur sœur.
Ni l’instituteur, ni les autres parents, ni le voisinage ne dénonceront la petite fille aux Allemands.
A la libération de l'Auvergne en août 1944, Simone retourne à Clermont-Ferrand.