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Saul Friedländer



 
Paris 75009 - Paris
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Saul-Friedländer
Saul Friedländer
source photo : Arch.
crédit photo : D.R.
Histoire

Jan Friedländer, né le 21 août 1897 à Prague (Tchécoslovaquie) épouse Elli Glaser, née le 23 avril 1905 à Röchlitz (Autriche-Hongrie; auj. Rochlice, quartier de Liberec, Rép. tchèque; anc. Reichenberg) . Elle est la fille de Gustav et Lilly née Schuk.
Ils ont un fils Pavel né le 11 octobre 1932 à Prague, trois mois avant l'arrivée de Hitler au pouvoir.
Sa gouvernante lui chante des chansons en tchèque et lui parle tchèque, tandis que ses parents, comme de nombreux Juifs de Prague, lui parlent surtout la langue de Schiller et de Goethe. La famille passait une bonne partie de l’année dans les Sudètes, région germanophone.
Sa grand-mère maternelle a été l’une des premières étudiantes françaises à être diplômée d’anglais à Oxford.

La famille Friedländer quitte Prague en train en avril 1939 et arrive à Paris où ils s'installent 15, rue Montyon dans le 9ème arrondissement.

Selon Saul, "dans l'espoir d'obtenir un visa canadien, Jan partit pour Aurillac afin de s'initier à un métier très recherché au-delà de l'Atlantique: la fabrication des fromages. Pendant ce temps Elli fait un stage d'esthéticienne et Pavel est placé dans une maison de l'OSE à Montmorency dans la banlieue parisienne.

Au moment de l'offensive allemande de mai 1940, ils se réfugient à Néris-les-Bains (Allier) où la famille s'installe 1, route de Clermont. Elli donne des soins de beauté et fait des ménages. Ils vont y rester deux ans.

En juillet 1942, après la Rafle du Vel'd'Hiv, Pavel est placé par ses parents dans une maison de l'OSE à La Souterraine dans la Creuse.
Jan qui souffre d'un ulcère doit être hospitalisé à Montluçon par deux fois: du 7 au 13 août 1942 et du 23 août au 25 septembre 1942. Considéré comme intransportable il échappe ainsi que son épouse à la rafle de la zone sud du 26 août 1942.

Elli et Jan Friendländer décident de passer en Suisse et cachent Pavel, âgé de 10 ans, dans une institution catholique en le confiant, sous le nom de "Paul-Henri" à un pensionnat de Montluçon.

Laure Francken* se souvient d'un couple de Juifs tchécoslovaques qui sont restés quelques jours au chalet à Novel avant de passer en Suisse.

Le 28 septembre 1942, Elli et Jan tentent de passer en Suisse à Novel (74), mais ils sont refoulés par la police helvètique qui les remet à la brigade de gendarmerie de Saint-Gingolph (74).

Le 30 septembre 1942, Jan Friedländer écrit :
"Nous avons gagné la Suisse après un voyage très fatigant et nous fûmes refoulés. On ne nous avait pas bien informés. Nous attendons maintenant notre transfert au Camp Joffre à Rivesaltes où on décidera de notre sort de la manière que vous connaissez bien. Nous n'avons pas de paroles pour vous décrire notre malheur et notre désespoir. En outre, nous sommes sans nos bagages. Pouvez-vous vous imaginer notre état physique et psychique ? ...Peut-être une intervention à Vichy pourrait nous épargner le pire. Ce n'est pas le camp que nous craignons. Vous le savez bien. Si vous avez la moindre possibilité de nous aider, n'hésitez pas, nous vous en supplions. Agissez vite. On trouvera certainement à Vichy une solution qui serait moins catastrophique pour nous. N'oubliez pas le petit !"

Elli et Jan sont alors transférés au Centre d'Hébergement de Rivesaltes (66) où ils arrivent le 2 octobre.
Le 3 octobre 1942 Jan Friedländer envoie un télégramme :
"Sans intervention ministère Intérieur, notre prochain départ inévitable. Amitié" Jan FRIEDLANDER 3548 Rivesaltes, îlot K.
Le 5 octobre, ils sont dirigé vers Drancy. Jan jettera sa dernière lettre sur le quai de la gare de Rivesaltes où elle sera récupérée par des Quackers :
"Madame, je vous écris dans le train qui nous emmène en Allemagne. Je vous ai envoyé au dernier moment, par un représentant des Quakers, 6000 francs, un bracelet avec des breloques et, par une dame, un classeur avec des timbres. Gardez tout pour le petit et acceptez, pour la dernière fois, nos remerciements infinis et nos vœux les plus chaleureux pour vous et votre famille tout entière. N'abandonnez pas le petit ! Que Dieu vous récompense et qu'il vous bénisse vous et votre famille tout entière. Elli et Jan FRIEDLÄNDER."1

Jan, 45 ans, et Elli Friedländer, 37 ans, seront déportés sans retour du Camp de Drancy vers à Auschwitz le 3 novembre 1942 par le convoi n° 40.
Saul Friedländer évoquera le sort de ses parents dans un livre publié en France sous le titre Quand vient le souvenir.

Dans l'institution catholique qui le cache, il devient "Paul-Henri Ferland".

Sans nouvelles de ses parents, Saul Friedländer apprend en 1945 que ses parents sont morts en déportation.

Âgé de 15 ans, il arrive en Israël, en 1948, et choisit Saul comme prénom (équivalent de Paul).

Après avoir obtenu un doctorat en Histoire à l'université de Genève, Saul Friedländer s'engage activement dans les combats du mouvement sioniste en Israël en rejoignant les rangs de l'Irgoun.

Dès les années 1980, il devient un militant de la cause pacifiste et soutient La paix maintenant.
Professeur d'histoire, il enseigne à l'université de Californie à Los Angeles (UCLA) et à l'université de Tel-Aviv.

Dans son ouvrage, L'Allemagne nazie et les Juifs, Saul Friedländer s'efforce d'écrire une histoire globale, où s'entremêlent le mécanisme des bourreaux et la vision des vaincus.

14/12/2012

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Titre

Quand vient le souvenir

Quand vient le souvenir

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Auteur   Saul Friedländer  
Édition   Seuil. Collection Point  
Année   1998  
Genre   témoignage  
Description   1932 : Pavel naît à Prague.
1939 : Paul arrive à Paris avec ses parents.
1942 : Paul-Henri est confié à un pensionnat de Montluçon.
1948 : Shaul débarque en Israël.
1977 : Saul raconte les seize premières années de sa vie bouleversée par la guerre, se remémore comment Pavel, juif, tchèque, fils unique chéri de ses parents devient Paul-Henri, catholique, français et orphelin.

Cinq prénoms, une seule et même personne.
 

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
2 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
6 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )



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