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Albert Szerman



 
Paris 75012 - Paris
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Albert-Szerman
Albert et ses parents
source photo : Coll. fam.
crédit photo : D.R.
Histoire

Solange* et Henri Ardourel* sont crémiers rue Saint-Hilaire à La Varenne. Le 23 juillet 1944, ils sauvent Albert Szerman, 8 ans.

Les parents Albert Szerman, Josek Szerman et son épouse, Rywka née Basz, arrivent de Pologne dans les années 1930. En 1936, naît Albert. Ils sont tailleurs à domicile et habitent 29, avenue du Général Michel Bizot, dans le 12e arrondissement de Paris.

Le 16 juillet 1942, Josek, 34 ans, et Rywka Szerman, 33 ans, sont arrêtés à leur domicile lors de la rafle du Vél d’Hiv' et internés à Drancy. Le 22 juillet 1942, ils sont déportés sans retour par le convoi n° 9 de Drancy à Auschwitz.
Albert, placé en nourrice chez l’adjoint au maire d’Orsay à côté de Villacoublay, échappe à la rafle.
Devenu orphelin, le petit garçon âgé de 6 ans est placé de maisons d’enfants en orphelinats à d’Andrésy dans les Yvelines, Centre de l'UGIF MontreuilCentre de l'UGIF Lamarck qu'il quitte la veille de la rafle pour être envoyé à la Maison des orphelins de La Varenne, jusqu'en 1944.

Fin juillet 1944, les Alliés progressent en Normandie. Caen est libéré...
Un mois avant la libération de Paris, du 20 au 24 juillet 1944, le capitaine SS Aloïs Brunner, chargé des questions juives, fait arrêter 250 enfants des orphelinats de la région parisienne, à Paris, à Montreuil, à Louveciennes, à Neuilly, à Vincennes, à Saint-Mandé, à La Varenne Saint-Hilaire...
Dans la nuit du 21 au 22 juillet 1944, les enfants des orphelinats juifs de La Varenne sont raflés par les nazis et les miliciens.
Dix-huit enfants de l’Orphelinat Beiss Yessoïmim, 30 rue Saint-Hilaire, et dix enfants, deux membres du personnel, la cuisinière, Lucie Lithuac, 47 ans et mademoiselle Lévy, directrice du foyer de la Pension Zysman, 57, rue Georges-Clémenceau, sont arrêtés parce que juifs. Ils sont conduits à Drancy et déportés sans retour vers Auschwitz le 31 juillet 1944 par le convoi n° 77 qui transporte 1 300 personnes, dont 270 enfants et adolescents de moins de 18 ans.

Albert Szerman, âgé de 8 ans, se trouvait à l’Orphelinat Beiss Yessoïmim, la veille encore. Pris de vomissements, la lingère de l'institution, non juive, l'avait d'abord emmené à l'infirmerie, puis chez elle, juste en face de l'orphelinat, pour prendre soin de lui.
Depuis la fenêtre de cet appartement du premier étage, il fut témoin de l'arrestation des enfants et vit partir les autobus où les enfants sont placés avec leurs baluchons et leurs matelas pour être conduits à Drancy. En 2004, il témoignera dans Les Orphelins de La Varenne, 1941-1944, à l'initiative de l'Association Groupe Saint-Maurien Contre l'Oubli, paru aux éditions L’Harmattan.
Le lendemain, au petit matin, la lingère craignant des représailles le met sur le trottoir, rue Saint Hilaire.

Solange* et Henri Ardourel*, un couple de commerçants qui possèdent une épicerie non loin de l'Orphelinat, se rend à ses achats et découvre un gamin chétif, à moitié endormi. Ils comprennent qu'il s'agit d'un rescapé de la rafle de la veille. Ils le ramènent et le cachent dans leur arrière boutique.

Un deuxième enfant âgé de 10-12 ans était déjà chez Solange* et Henri Ardourel*. C'est difficile de garder les deux enfants sans éveiller de soupçons, et au bout de deux ou trois jours, Solange* demande à une cliente qu'elle pensait de confiance de prendre un des deux enfants. Elle choisit le plus grand... La cliente livrera directement le garçon aux Allemands et dénoncera les crémiers d'en cacher un autre. Arrêtée et jugée, cette femme sera fusillée à la Libération.
Solange* et Henri Ardourel* vont alors le cacher dans l’arrière boutique. Pendant plusieurs jours, ils fermeront leur boutique, évitant tout bruit, jusqu’à la libération de Paris et la venue de soldats américains à La Varenne le 25 aout 1944.

Après la Libération, Solange* et Henri Ardourel* n'ayant pas d'enfants songèrent à adopter Albert. Il va au patronnage, à l’église toute proche où il apprend les prières jusqu’au jour où son oncle Georges, le frère de Josek Szerman le retrouve et vient le chercher.

Quitter Solange* et Henri Ardourel* fut un déchirement pour Albert et un immense chagrin pour eux. Albert resta en contact avec eux, il leur écrivit, et il alla les voir sur leur lieu de retraite à Ciry-Salsogne. Il était resté pour Solange Ardourel*, "son petit garçon".

Albert est alors placé en nourrice par son oncle chez une veuve au hameau à Trézan, à côté de la ville Malesherbes dans le Loiret. C'est là qu'il commence à aller à l'école et apprend à lire. Il est ensuite placé chez M. et Mme Leblanc à Malesherbes. M. Leblanc était meunier et pompier volontaire. Ils avaient élevé 22 enfants, Albert était le dernier. Le petit garçon y restera 5 ans, très heureux chez les Leblanc.
Enfant brillant, il ne pourra poursuivre ses études car son oncle souhaite entre en apprentissage.
Le jeune Albert regrette de n'avoir pu rester grandir dans l'amour et la chaleur de Solange* et Henri Ardourel*...

Albert fait carrière dans le commerce de vêtements professionnels et de robes pour dames âgées. Il se mariera à Estelle Jafet en 1959, juive d’origine turque, cachée pendant l’occupation. Ils eurent deux garçons.
Employé dans un premier temps, Albert se met à son compte en 1981. Il ne prendra sa retraite qu’à l’âge de 76 ans...

27/11/2017

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Titre

Les Orphelins de la Varenne, 1914-1944

Les Orphelins de la Varenne, 1914-1944

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Auteurs   André Kaspi -Albert Szerman  
Édition   L'Harmattan  
Année   2004  
Genre   témoignage  
Description   A la Varenne, il y avait un Orphelinat et une pension d'enfants juifs. Dans la nuit du 21 au 22 juillet 1944, sur l'ordre du capitaine SS Aloïs Brunner, 28 orphelins y furent arrêtés.

Après un réveil brutal, ces enfants âgés de 4 à 11 ans, furent précipités dans les autobus avec baluchons et matelas, puis conduits à Drancy. Dans ce camps de la région parisienne, ils vécurent d'horribles journées d'angoisse avant d'être acheminés le 31 juillet 1944 vers Auschwitz, dans des wagons à bestiaux, par le convoi n°77.

Après un épouvantable voyage de deux jours et demi, entassés dans le noir, apeurés, assoiffés, suffocants, ils arrivèrent à Birkeneau à moitiés nus et sans chaussures pour la plupart.

A leur descente, ils furent immédiatement envoyés à la chambre à gaz et ne revinrent jamais.

De 1942 à 1944, en France, 11000 enfants juifs subirent le même sort. Dans le même temps, 70000 survécurent grâce à la solidarité et à l'aide d'hommes et de femmes qui s'opposèrent courageusement à ces "crimes contre l'humanité".

Groupe Saint-Maurien Contre L'Oubli (B.P.140 - 94101 Saint-Maur Cedex)
Préface de André Kaspi
En coédition avec la Société d'Histoire et d'Archéologie "Le Vieux Saint-Maur".
Avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles d'Île-de-France  - Ministère de la culture et le Conseil général du Val-de-Marne

 

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
2 Albert Szerman, rescapé des rafles du Vél d'Hiv' et de La Varenne (Le 20 mai 2012, une cérémonie de reconnaissance des sauveurs d'Albert Szerman, les Justes Solange* et Henri Ardourel*, s'est déroulée à la Salle polyvalente de Crouy. Témoignage d'Albert Szerman. )
3 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
4 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
5 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
6 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
7 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )



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