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Texte pour ecartement lateral

Éric Thorn

Texte pour ecartement lateral

Montmorency 95160 Val-d'Oise


Nationalité : Autrichien
Parcours : Autriche - Villa Helvetia à Montmorency - Les Tourelles - château de Chaumont - États-Unis
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eric-Thorn
Jolan Thorn, sa mère
source photo : Arch. fam.
crédit photo : D.R.
eric-Thorn
Siegfried Thorn, son père
source photo : Arch. fam.
crédit photo : D.R.
eric-Thorn
Éric Thorn, âgé de 13 ans, après son arrivée aux États-Unis
source photo : Arch. fam.
crédit photo : D.R.
Histoire
Éric Thorn est un enfant autrichien, placé par l'OSE à la Villa Helvetia à Montmorency. Il est ensuite déplacé aux Tourelles à Soisy-sous-Monrmorency, et enfin au Château de Chaumont à Mainsat d'octobre-novembre 1939 jusqu'en juillet 1941, date à laquelle il peut partir avec un convoi d'enfants vers les États-Unis.

06/03/2010

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Éric Thorn : de l'Autriche à Chaumont...

D'après le témoignage d'Éric Thorn, en septembre 2000, traduit de l'américain par Alain Pruchon avec l'aide de Serge Bouyat et de Jean-Marie Mazin

Après un passage à la Villa Helvétia de Montmorency, l'arrivée à Chaumont
Je fais partie d'un groupe d'enfants autrichiens qui furent d'abord planqués à la Villa Helvétia de Montmorency (dont le directeur s'appelait Ernst Papanek). Je suis parti ensuite pour une maison appelée "Les Tourelles" et suis arrivé à Chaumont, où je suis resté d'octobre ou novembre 1939 jusqu'à juillet 1941. A cette date a eu lieu mon départ vers les États-Unis en compagnie d'autres enfants. Quand j’ai été confié aux soins de l’OSE j’avais 9 ans et 3 mois, lorsque je suis arrivé à Chaumont, j’avais presque 10 ans.

Mes parents étaient restés à Vienne car ils ne pouvaient pas obtenir de visa...
Mes parents avaient prévu de m’emmener aux États Unis ou bien vers un autre pays pour lequel il serait possible d'obtenir un visa. Ma mère est morte de n’avoir pas été soignée correctement à Vienne. Mon père, deux grands-mères et tous mes autres parents qui étaient encore à Vienne ont été en fin de compte déportés et sont morts dans les camps.

A mon arrivée à Chaumont, j’ai été placé avec les "grands"...
J’étais le plus jeune du groupe des grands (un autre nom du groupe me revient à l’esprit : Guenther Wolfgang Loewenstein). Peu après, un autre garçon (Heinz Hirschorn) et moi avons fait des bêtises. Les responsables décidèrent de nous séparer. Je fus transféré dans le groupe "moyens" où j’étais le second plus âgé. L’aîné, Raymond Loker était légèrement attardé.

Nos activités variaient suivant les saisons. La principale occupation, pour ceux d'entre nous qui étaient en âge d'y aller, c'étaient les longs trajets pour aller et venir de l’école. Nous habitions sur une hauteur et Mainsat était dans la vallée. Ceci était plutôt déplaisant en hiver : nos habits étaient loin d’être adaptés, et nos chaussures avaient des semelles en bois entourées par des lanières de caoutchouc synthétique. La neige s’infiltrait dans les espaces entre les lanières en caoutchouc jusqu’à ce que nous glissions sur de lourdes épaisseurs de glace de 10 à 15 cm de haut.

A deux occasions, il y eut une grève pour protester contre le fait d’aller à l’école, mais aucune ne dura très longtemps.

Pendant l’année scolaire, nous passions la majeure partie de notre temps à notre travail scolaire. L’école de garçons de Mainsat avait alors deux salles : celle du bas pour les cours préparatoire (2 années) et élémentaire (2 années) et celle du haut pour les deux années du cour moyen et les deux années de cours supérieur (une année pour ceux qui continueraient au lycée, deux pour ceux dont les études s’arrêteraient là).

Par beau temps, particulièrement durant les mois chauds, un peu de travail nous était proposé : aider à désherber le jardin, cueillir les baies (mûres et framboises), éliminer les doryphores sur les patates. Je crois que certaines des filles les plus âgées devaient aider à la cuisine, mais je n’en suis pas sûr.

Nous passions vraiment la majeure partie de notre temps à jouer au "Voelkerball" (c'est le nom d'un jeu pour lequel je n’arrive pas à trouver de traduction précise en français ou en anglais), à marcher, et à aller nager dans un étang pas très loin de Mainsat. Cet étang portait le nom de Lac du Mont (nous ne nous baignions pas dans les étangs de la Chirade et de Mainsat). A deux occasions nous sommes partis pour une marche jusqu’aux cascades de Beaulieu, je ne sais plus où.

En ce qui me concerne, j’ai passé la plupart de mon temps libre à lire. Jusqu’à ce que je m’en débarrasse, j’avais un carnet où figuraient cent trente cinq titres de livres en français et en allemand que j’avais lu durant une année.

Le château de Chaumont
Ce qu'il reste du château de Chaumont : aujourd'hui le bâtiment est en ruine et le parc est envahi par les arbres et les broussailles (janvier 2001)
Je me souviens assez bien des installations que l’on trouvait à chaque étage : au sous-sol se trouvaient le chauffage et les récipients à charbon, la cuisine, le cellier, les réserves, la buanderie, le stock de bois. Au rez-de-chaussée il y avait dans l’entrée les lavabos et plus loin dans les trois ailes du château, les trois salles à manger : pour les petits, les moyens et les grands. En dehors des heures des repas ces salles à manger étaient utilisées pour différents autres usages.

La salle à manger pour les grands était reliée à un espace immédiatement à l’extérieur de la cuisine par un escalier, mais il n’y avait pas de perron ou de balcon comme ceux que les deux autres salles à manger possédaient.

Deux piliers cylindriques en granit flanquaient l’escalier qui conduisait au second étage (le second étage aux États-Unis correspond au premier en France). Il y avait ici deux dortoirs pour les petits, ainsi que deux petites pièces pour les surveillantes. Une d’entre elle s’appelait Nina, une autre Henriette. Malheureusement je n’ai jamais su leur nom complet. La troisième personne responsable de ce groupe s’appelait Mirrha ( ?) Polzer, qui avait aussi séjourné à Helvetia (à Montmorency) tout comme son mari, Karl, qui était employé à différentes tâches. Leur fils, "Joshi" (Joseph) était aussi à Chaumont. ( Il est actuellement professeur d’Histoire de l’Art dans une université canadienne).

Il y avait aussi à cet étage les installations pour le cuisinier, pour les deux autres membres du personnel et un grand espace où l’on trouvait des douches et des toilettes – mais il n’était pas possible de se laver.

A l’étage immédiatement supérieur il y avait deux dortoirs pour les moyens ; les garçons et les filles partageaient les chambres. Si mes souvenirs sont exacts, à mon époque, il y avait 15 enfants dans l’une et 14 dans l’autre. Parmi ceux-ci il y avait Anjuta (Anna Judith) Schwarz, la fille de Lotte Schwartz. La personne principalement en charge de ce groupe était Estelle Ashkenazi, dont la chambre était aussi à cet étage. Elle fût aidée à plusieurs périodes par Colette (Mayer ?) et par Nina. Toujours à cet étage on trouvait aussi le dortoir des grands garçons et un petit dispensaire.

Un autre étage atteignait la base de la tour. On trouvait ici le dortoir des grandes filles ainsi que le logement de Lotte Schwartz (dont la biographie partielle est déjà sur votre site). En plus d’être à la tête de l’établissement, elle avait la charge des grands. Je lui ai rendu une brève visite en 1953 durant un passage à Paris pendant mon séjour en Allemagne lorsque j’étais dans l’armée américaine et je revis également sa fille, encore plus rapidement. Étant donné les sympathies communistes de Lotte, la visite d’un soldat U.S. en uniforme a pu paraître inopportune. A ce moment il me semble que la fille était dans une École de Médecine, et elle est probablement actuellement médecin.

Encore plus en haut de la tour il y avait une pièce qui servait de débarras, et encore plus haut, tout à fait au sommet, il y avait une petite pièce à laquelle on n’avait trouvé aucun usage et que j’utilisais avec un couple d’amis comme salle de réunion.

Parmi la population locale, je me souviens de François Favar, de Bussières-Vieille qui était à l’époque l'homme à tout faire.

Je me souviens de certains noms...
Je me souviens de certains autres noms d’enfants : les frères Joachim et Martin Levine, Eduard Goldschmidt, Ralph Moratz, Alfred et Otto Berg, Richard Hirschhorn, les sœurs Klein (leur mère, médecin, et leur père résidèrent au château pendant un moment), Raymond Loker et sa sœur Solange (NDL : il s'agit probablement de Marguerite, Jean Gelernter et Markus Balaban ( qui, m'a-t-on rapporté, fut responsable de la fermeture de Chaumont). Tous ceux-ci faisaient partie du groupe des moyens.
Parmi les grands je me souviens de Louis Ohnstein, Sali Fuchs, Heinz Hirschhorn (qui n’était pas parent avec Richard). Je me souviens aussi de Manfred Rosenthal de Herbert Karliner (en apprentissage dans une boulangerie de Mainsat) et de son frère, Walter (apprenti lui aussi chez un charpentier). Les deux frères Karliner étaient sur le Saint-Louis et sont partis aux États-Unis.

Le Serpa Pinto qui, comme le Saint-Louis, effectua des transports vers les États-Unis

Je n’avais pas beaucoup de contacts avec les filles du groupe des grandes, celles qui fréquentaient l’école de Mainsat : elles avaient des horaires différents de ceux qui fréquentaient l’école des garçons . Cependant, j’avais déjà rencontré une des filles de ce groupe auparavant à Helvetia. Elle s’appelait Helga Kahn, je devais la rencontrer de nouveau aux États-Unis chez les Polzers et me marier avec elle en 1949. Nous divorçâmes quelque 17 années plus tard, elle vit toujours à quelques minutes de chez moi et nous sommes en contact régulier. Quand je suis parti pour les États-Unis en 1941, elle était toujours en Creuse et passa la plus grande partie des années de guerre "planquée".

Éric Thorn, âgé de 13 ans, après son arrivée aux États-Unis.

09/02/2011
Lien : Témoignage d'Éric Thorn

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Etoile jaune: le silence du consistoire centrale , Mémoire ou thèse 7 pages, réalisation 2013
Auteur : Thierry Noël-Guitelman - terminal
Lorsque la 8e ordonnance allemande du 29 mai 1942 instaure l'étoile jaune en zone occupée, on peut s'attendre à la réaction du consistoire central. Cette étape ignoble de la répression antisémite succédait aux statuts des juifs d'octobre 1940 et juin 1941, aux recensements, aux rafles, aux décisions allemandes d'élimination des juifs de la vie économique, et au premier convoi de déportés pour Auschwitz du 27 mars 1942, le consistoire centrale ne protesta pas.


Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Juifs en psychiatrie sous l'Occupation. L'hospitalisation des Juifs en psychiatrie sous Vichy dans le département de la Seine (Par une recherche approfondie des archives hospitalières et départementales de la Seine, l'auteur opère une approche critique des dossiers concernant des personnes de confession juive internées à titre médical, parfois simplement préventif dans le contexte des risques et des suspicions propres à cette période. La pénurie alimentaire est confirmée, influant nettement sur la morbidité. Ce premier travail sera complété par un examen aussi exhaustif que possible des documents conservés pour amener une conclusion. )
2 Héros de Goussainville - ROMANET André (Héros de Goussainville - Page ROMANET André )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )

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