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Nadia Kaluski-Jacobson



 
Paris 75011 - Paris
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Histoire

Jeanne* et Hèlène Régnier*, deux soeurs nées en 1907 et en 1909, vivaient ensemble dans le douzième arrondissement de Paris. 

Lors de la grande rafle des Juifs de Paris du 16 juillet 1942, elles furent témoins de l'arrestation brutale de plusieurs Juifs dans le quartier. Profondément choquées, Jeanne* et Hèlène Régnier*, catholiques pratiquantes, se précipitèrent chez les Jacobson qui habitaient 8 rue des Boulets dans le 11e arrondissement de Paris depuis 1932 et leur offrirent l'hospitalité. 

Zakhar Jacobson, né le 2 avril 1882 à Dvinsk en Lettonie était arrivé en France en 1907. Ebéniste d'art et excellent ouvrier, il trouve du travail sans difficulté.
Son épouse, Golda Velzland , dite Olga, née le 3 octobre 1887 à Nowemiasto (Pologne) était la deuxième de sept enfant d'une famille qui tenait un commerce de vêtement.
Ils auront trois enfants, Charles, né en 1914, Nadia, née en 1918, institutrice depuis 1938, et Louise, née le 24/12/1924 à Paris.

Le 3 septembre 1939, Charles et Gilbert Kaluski sont mobilisés. Le 19 décembre 1939, Gilbert Kaluski obtient une permission pour épouse Nadia.
Le 19 décembre 1941, Nadia est chassée de l'Education nationale sans indemnité parce que juive, elle apprend la sténographie et accepte tous les petits boulots qu'elle trouve.

Démobilisé, Charles Jacobson et son épouse Colette partent se réfugier à Lyon.

Zakhar Jacobson s'était réfugié en zone sud avec son fils aîné. Son épouse Golda et ses deux filles, Nadia et Louise acceptèrent immédiatement. 
Louise fréquentait le lycée du Cours de Vincennes (actuel lycée Hélène-Boucher) et préparait son baccalauréat

Au bout de quelques jours, elles rentrèrent chez elles afin de ne pas déranger davantage les deux soeurs. Ces dernières vinrent plusieurs fois les prévenir dans les jours suivants de nouvelles rafles en préparation, les ramenant chaque fois chez elles pour les cacher. Nadia, dont le mari était prisonnier de guerre en Allemagne, décida de tenter de passer en zone sud. 
Après avoir en vain essayé de convaincre sa mère et sa jeune soeur de la suivre, elle partit seule et réussit à franchir la ligne de démarcation, mais ne retrouvera son mari Gilbert Kaluski que le 12 avril 1945. 

Fin août 1942, Jeanne* et Hèlène Régnier* durent se rendre en province à l'enterrement de leur frère, tué dans un accident. A leur retour, elles apprirent que pendant leur absence les Allemands avaient arrêté Golda Jacobson et sa fille Louise
Une lettre anonyme dénonce Louise et le 1er septembre 1942 elle est arrêtée à son domicile, au 8 rue des Boulets dans le 11e arrondissement de Paris, par les inspecteurs Curinier et Lasalle, policiers français, pour n'avoir pas porté l'étoile jaune. Golda Jacobson, emmenée avec sa fille, sera emprisonnée à la Petite Roquette, tandis que Louise est internée à la prison de Fresnes du 1er septembre au 13 octobre 1942 puis à Drancy jusqu'au 13 février 1943.

Dans sa dernière lettre avant son départ pour Auschwitz Louise écrit :
Mon cher petit papa, Triste nouvelle mon cher papa. Après ma tante c’est mon tour de partir. Mais ça ne fait rien. J’ai un moral excellent, comme tout le monde d’ailleurs. Il ne faut pas te faire de bile papa. (...)
Je vois d’ici ta tête mon cher papa et justement je voudrais que tu aies autant de courage que moi, je sentirais j’en suis sûre que tu supportes bien cette nouvelle tuile. Écris cette nouvelle en zone libre avec des ménagements. Quant à maman il vaudrait peut-être mieux qu’elle ne sache rien. C’est absolument inutile qu’elle se fasse du mauvais sang surtout que je peux très bien revenir avant qu’elle ne sorte de prison. C’est demain matin que nous partons. Je suis avec des amis car il y en a beaucoup qui partent. J’ai confié ma montre et le reste de mes affaires à d’honnêtes gens de ma chambre. Mon papa, je t’embrasse cent mille fois de toutes mes forces. Bon courage et à bientôt. 
Ta fille, Louise.


Golda Jacobson, 56 ans, et sa fille Louise, 18 ans, seront déportées sans retour de Drancy à Auschwitz par le convoi n° 48 du 13/02/1943.

Le 18 juillet 1995, Yad Vashem a décerné à Jeanne* et Hèlène Régnier* le titre de Juste parmi les Nations.

02/12/2018

asso 11203

 


Titre

Les lettres de Louise Jacobson et de ses proches

Les lettres de Louise Jacobson et de ses proches

ACHETER EN LIGNE

Auteur   Nadia Kaluski-Jacobson  
Édition   Robert Laffont  
Année   1997  
Genre   témoignage  
Description   Louise Jacobson meurt gazée à Auschwitz le 18 février 1943, à tout juste dix-huit ans, laissant derrière elle six mois de lettres écrites durant sa captivité et destinées à sa famille et à ses amis, qui seront publiées dans un recueil (constitué de vingt-septs lettres écrites à Fresnes et six à Drancy, datées du 1er septembre 1942 au 13 février 1943) par sa sœur Nadia Kaluski-Jacobson en 1997 avec une préface de Serge Klarsfeld.

Dans sa dernière lettre avant son départ pour Auschwitz elle écrit :
Mon cher petit papa, Triste nouvelle mon cher papa. Après ma tante c’est mon tour de partir. Mais ça ne fait rien. J’ai un moral excellent, comme tout le monde d’ailleurs. Il ne faut pas te faire de bile papa. (...)
Je vois d’ici ta tête mon cher papa et justement je voudrais que tu aies autant de courage que moi, je sentirais j’en suis sûre que tu supportes bien cette nouvelle tuile. Écris cette nouvelle en zone libre avec des ménagements. Quant à maman il vaudrait peut-être mieux qu’elle ne sache rien. C’est absolument inutile qu’elle se fasse du mauvais sang surtout que je peux très bien revenir avant qu’elle ne sorte de prison. C’est demain matin que nous partons. Je suis avec des amis car il y en a beaucoup qui partent. J’ai confié ma montre et le reste de mes affaires à d’honnêtes gens de ma chambre. Mon papa, je t’embrasse cent mille fois de toutes mes forces. Bon courage et à bientôt.
Ta fille, Louise
 

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
2 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
6 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )



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