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Marcel Gotlieb



 
Paris 75000 - Paris
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Histoire
Ervin (Erwin) Gotlieb, né le 8 août 1896 à Ceica (Roumanie) est juif. Il arrive à Paris et exerce la profession de peintre en bâtiment. Il rencontre Régine, une juive hongroise qu'il épouse. Le couple habite Paris.
Ils auront une fille et un garçon, Marcel, né à Paris le 14 juillet 1934.

A la déclaration de guerre, Ervin Gotlieb s'engage dans l'armée française. Puis est démobilisé en 1940.

En 1942, la police vient arrêter Ervin parce que juif. Alors qu'il vient de partir, le concierge indique aux policiers qu'ils pourront le rattraper à l'arrêt du bus... Ils est conduit à Drancy.
Régine et ses enfants parviennent à le voir et à lui parler à travers les grilles. Ils reçoivent également quelques lettres de camp, passées par la censure, et que Régine récupère prudemment chez la voisine.1
Il sera déporté sans retour le 25 septembre 1942 vers Auschwitz.2

Régine Gotlieb et ses enfants, restés à Paris, portent l'étoile.

Quelques mois plus tard, Régine Gotlieb, prévenue de la rafle par un gendarme, réussit à le cacher lui et sa sœur chez des paysans "pas très sympas, genre les Thénardier : ils ouvraient nos colis, se servaient, il n'y avait que l'argent qui les intéressait. C'est là où j'ai été le plus malheureux. La seule chaleur, c'était la chèvre que je gardais".3

Gotlib raconte sa vie à la campagne, alors qu'il est caché en Normandie : "Dès lors, je fis mon apprentissage de la vie en milieu rural. J'observais les animaux avec
passion. Surtout les poules en train de couver, qui me fascinaient. Un jour que j'étais accroupi, face à
l'une d'elles et les yeux dans les yeux, j'ai ressenti une très brève et très violente douleur au-dessus
de mon sourcil droit. La couveuse m'avait envoyé un coup de bec si rapide que je ne l'avais même
pas vue bouger d'un poil. C'était la façon qu'elle avait trouvée pour me dire : 'Tu veux ma photo, des fois ?'
"4
"Mais la plupart du temps, j'allais garder la chèvre. Dès le matin, je me rendais vers un pâturage
bien vert, de cette belle herbe normande, riche et grasse, dont la chèvre allait pouvoir s'empiffrer tout son soûl.
5

Après la Seconde Guerre mondiale, à partir de 1947, Marcel Gotlieb passe trois ans au château des Groux à Verneuil-sur-Seine, sorte d’orphelinat, où il découvre ce qu’il appellera plus tard les "filles du sexe opposé", et notamment Klara, une jeune fille d’origine hongroise. Cette partie de la vie de Gotlib a fait l'objet d'une autobiographie de jeunesse intitulée J'existe, je me suis rencontré.

En 1959, Gotlib rencontre Claudie. Ils travailleront ensemble, et se marieront en 1962.
Ils auront une fille, Ariane.

07/07/2011
Auteur : HK

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Titre

J'existe. Je me suis rencontré

J'existe. Je me suis rencontré

Auteur   Marcel Gotlieb  
Édition   Flammarion  
Année   1993  
Genre   témoignage  
Description   Mon nom est Marcel Gotlieb, alias "Gotlib".
Je suis né à Paris, le 14 juillet 1934, à 1 heure du matin. Ma mère m'a raconté que, cette nuit-là, la ville en liesse dansait dans les rues pour célébrer la venue de l'Enfant-Roi.
Dans la salle d'attente de la clinique, mon père faisait les cent pas. Une très belle femme entra, tenant dans ses bras un fragile paquet emmailloté dans un drap rose. "- Ciel, une fille ! - Non. - Un garçon, alors ? - Non plus. C'est un paquet de linge sale. Je suis la femme de ménage." Ce quiproquo fut le premier d'une longue série qui devait durer un demi-siècle.
De la joie en abondance, du bonheur à foison.
Le tout empreint d'une certaine gravité pudiquement dissimulée entre les lignes. Il y a aussi un peu de sexe, parce que tout de même, faut ce qu'y faut.

Autre édition : J'ai Lu n°3719 édité en 1994.
 

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
2 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
6 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )

Notes

- 1 - Interview de Gotlieb, réalisé par Stéphane Jarno, Télérama, 07/04/2007.
- 2 - Le Mémorial de la déportation des juifs de France, Beate et Serge Klarsfeld, Paris 1978.
- 3 - Interview de Gotlieb, réalisé par Stéphane Jarno, Télérama, 07/04/2007.
- 4 - GOTLIB M., J'existe. Je me suis rencontré., Flammarion, 1993, pp. 70-71.
- 5 - Gotlib M., J'existe. Je me suis rencontré., Flammarion, 1994, p. 73.



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