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Colette Zeif



 
Paris 75000 - Paris
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Colette-Zeif
Colette Zeif, 5 ans
source photo : Arch. Colette Zeif
crédit photo : D.R.
Colette-Zeif
Colette, 5 ans
source photo : Arch. Colette Zeif
crédit photo : D.R.
Histoire

Marguerite* et Jean Beyrand*, agriculteurs à la retraite, avait quitté leur village voisin pour rejoindre leur fils, garagiste, installé avec sa famille à Limoges.

Vers la fin de l’année 1942, ils accueillirent sous leur toit deux sœurs d’origine juive Jacqueline, née le 17 janvier 1925, et la petite Colette, née le 1er octobre 1936.

Le père des deux filles, Berko Zeif était né le 11 octobre 1898 à Brest Litowsk (Pologne). La famille habitait à Paris avec son épouse et leurs deux filles, Jacqueline et Colette.

En 1942, Colette, qui avait 6 ans, se souvient de l'arrestation de sa mère : "C'était un jour d'été, il faisait très beau... Les voilages de la fenêtre s'agitaient un petit peu au vent. J'étais toute seule en train de manger des pâtes. On a frappé violemment à la porte. Il y a eu des cris dans l'immeuble. Un agent de police français est entré dans l'appartement. Ma mère avait une robe noire qui était serrée au cou, avec des manches longues. Et je revois son visage en face de moi, tenant le dossier de la chaise à la main, moi en train de manger, l'officier français, ma sœur debout à côté de ma mère. Et l'officier de police voulait nous amener aussi. Ma mère n'a pas voulu, elle a dit : "La grande s'occupera de la petite". Mon enfance s'est arrêtée ce jour-là. Ce jour-là, je suis devenue adulte. J'avais six ans. J'ai en mémoire le visage d'une mère comme toutes les mères sans doute, aimante, affectueuse, particulièrement généreuse."

Son épouse déportée, Berko Zeif est réfugié à Limoges lorsqu'il est arrêté en 1943.
Il sera arrêté parce que juif et déporté sans retour le 6 mars 1943 par le convoi n° 51, de Drancy vers Majdanek.

Les deux sœurs âgées de 18 et 7 ans cherchent à se cacher. Elles rencontrent Marguerite* et Jean Beyrand* qui vont les recueillir, leur donner leur nom pour établir de faux papiers d'identité, les protéger et les chérir, ne faisant aucune différence avec leur petit-fils Noël du même âge que Colette.
Lors d’une visite de deux délateurs, les Beyrand organisèrent la fuite des deux réfugiées par le portail arrière de leur jardin. Ils prenaient de gros risques, la kommandantur allemande se trouvant à deux pas de leur domicile.

Les deux enfants sauvées resteront très attachées à leurs sauveurs, longtemps après la guerre.

03/01/2013

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Titre

La grande s'occupera de la petite

La grande s'occupera de la petite

Auteur   Colette Zeif  
Édition   Les Menédières  
Année   2009  
Genre   témoignage  
Description   Colette Zeif, dans ces pages raconte sa vie... avec son cœur ! Orpheline à cinq ans, à l'âge où l'on se blottit dans les bras de sa mère, égarée pendant l'exode, alors que ce mot lui est parfaitement étranger, traquée bien que pour elle être juif ne signifie rien, ballottée d'école en école avec comme étiquette "Pas au niveau" - mais comment aurait-elle pu l'être dans une telle situation ? Colette Zeif va devoir affronter la vie. Et cette dernière ne va pas lui faire de cadeaux : meurtrie dans sa vie d'adulte aussi bien par des trahisons que par la maladie ou les deuils, elle rebondira toujours, faisant face aux difficultés avec une rare ténacité, assumant ses projets, rayonnant de vitalité, de chaleur et d'esprit. Ce livre, en définitive, est une leçon de vie. A lire aussi bien par ceux qui ont connu cette période que par ceux qui veulent en savoir plus...  

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
2 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
6 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )



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