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Victor Brombert



 
Paris 75000 - Paris
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Victor-Brombert
Victor Brombert
source photo : Arch. fam.
crédit photo : D.R.
Histoire
Arrivé en France de Leipzig (Allemagne) avec ses parents dans les années trente, fuyant le nazisme, Victor Brombert a fait ses études dans un grand lycée parisien. En septembre 39, il a quinze ans, et pendant les mois de la drôle de guerre il prépare son bac à Deauville.
Puis vient la foudroyante invasion allemande, l'exode. La famille arrive à Bordeaux, puis part pour Nice, où son père, sagement pessimiste, réussit à en 1942 obtenir un visa pour emmener toute sa famille en Espagne. Ils partent de Séville à bord du Navemar, un bananier qui transporte 1600 passagers, pour les États-Unis.

14/10/2009
Auteur : Joseph Sungolowsky

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Biography

Victor was born in Berlin in 1923, after his family had fled the revolution in Russia during the First World War. When Hitler comes to power in 1933, the family moves again: this time to France. Paris becomes Victor’s new home. In 1941 Victor and his parents leave for New York at the very last moment – on a steamship carrying bananas.

Two years later Victor is drafted into the U.S. Army. In Camp Ritchie he is trained as an interrogator in French and German. Two days after D-Day he lands in Normandy. He fights in France and witnesses the liberation of Paris, the home of his youth. Just when he thinks that for him the war is over, he is sent to the Huertgen Forest, one of the most fierce and bloody battles of World War II.

After Germany’s capitulation he works as an interpreter and interrogator in the process of de-nazification in Germany. In the end of 1946 he leaves the army and returns to the USA. Today he is professor for French language and literature at Princeton University.

»It was total elation to come back to Paris: a sense of great freedom and power and maturity. Here was the little schoolboy back, with the Army, in uniform. And of course I went immediately on a pilgrimage to our house, our home, our street, our playgrounds, school . But then, of course I drove right into the heart of the city and it was so easy to drive and all of Paris became not only small but accessible, it became mine.« Victor Brombert

14/10/2009

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Victor Brombert : Les Trains du souvenir, Paris, Editions de Fallois, 2005, 336 p., 18,90 €.

Si le symbolisme du train sur lequel s’ouvre cette autobiographie des années de guerre, publiée d’abord en anglais, évoque typiquement le thème de l’errance, il y acquiert par ailleurs une série de divers signifiés. Victor Brombert, l’éminent professeur de littérature française aux universités de Yale et de Princeton, y retrace les pérégrinations de sa famille ayant quitté la Russie, séjourné en Allemagne et en France et réussi  à gagner les Etats-Unis afin d’échapper à la barbarie hitlérienne. Pour l’enfant, le train représente le bonheur du départ de la famille en vacances, pour l’adolescent et le jeune homme, il suscite des images de rencontres inattendues, de mystère et de volupté, pour l’auteur, il correspond au va-et-vient perpétuel entre les souvenirs et les lectures qui se pressent avec une abondance étonnante au fil des pages.
Brombert explique qu’il cherche certes à reconstruire les parties de son moi mais aussi « les fragments d’un monde presque totalement disparu. » Ces  pages sont encore pour lui « un moyen de s’accrocher, de ne pas tout perdre » car il a failli « ne pas être. » Il présente des portraits pittoresques de sa famille, un grand-père vigoureux qui a envoyé son fils faire du droit à Paris, une grand-mère autoritaire qui ne tolère nullement la complaisance de soi chez son petit-fils, un père à la personnalité un peu guindée mais doué d’un pragmatisme tenace grâce auquel il a pu sauver sa famille au moment où les portes se refermaient sur les juifs d’Europe, une mère très portée sur la littérature, la culture et l’art qu’elle essaie désespérément  d’inculquer à son fils. C’est sans doute ce qui explique chez lui le plaisir de la lecture, la passion de la musique et du chant et la sensibilité à la beauté des paysages.
L’adolescent découvre Paris avec délice lorsque la famille s’y installe après 1933. Il est charmé par les voyages en métro. Elève au lycée Janson-de-Sailly, il est plutôt à la recherche des plaisirs faciles et ses bulletins trimestriels ne satisfont pas tout à fait ses parents. Mais la montée de l’antisémitisme se fait sentir. On crie « sale juif » lorsque Léon Blum paraît aux actualités et, au lycée, il se bagarre avec un camarade qui lui a lancé la même insulte. A Paris, Maurice Chevalier et Charles Trenet chantent Y a d’la joie alors que la Troisième République est moribonde, surtout au moment des accords de Munich entre la France et l’Allemagne nazie. Même ses parents semblent vivre dans l’insouciance. La famille passe ses vacances à Marienbad, Nice, Deauville et en Suisse. Mais, après 1939, l’étau se resserre lorsque le gouvernement de Vichy instaure le « Statut des Juifs » qui leur interdit l’exercice de leur profession, installe un administrateur « aryen » dans leurs entreprises commerciales et exige leur recensement qui  facilitera leur déportation. C’est alors que le père réussit à obtenir des places sur le Navemar, un bateau qui transportera la famille en Amérique.
    Victor Brombert communique au lecteur les affres de la guerre avec intensité. Il décrit l’horreur de la traversée qui dura six semaines sur le Navemar, un bananier dans lequel s’entassent douze cents passagers obligés de voyager dans la cale du fait qu’il n’y a de cabines disponibles que pour quinze personnes. Peu après son arrivée aux Etats-Unis, il a hâte de retourner en France afin de combattre contre les Nazis. Mobilisé dans l’armée américaine comme interprète, il participe au débarquement allié en Normandie. Au cours de la campagne de France et des combats en Allemagne, il se retrouve au milieu de régiments presque entièrement décimés. Sous les bombardements à Omaha Beach, il fait le vœu de ne jamais se plaindre de rien s’il réussit à survivre car il se rend compte que sa vie « serait un cadeau précieux quoiqu’il arrive. »
    Il reste aussi très conscient de la tragédie de la Shoah. Le symbolisme du train s’élargit car ce sont des wagons à bestiaux qui vont emmener des êtres humains vers des « destinations terribles. » Il écrit qu’il lui est difficile d’imaginer son amie Danny Wolf qu’il avait rencontrée à Deauville et s’était mariée par la suite,  « l’œil hagard, assoiffée, étreignant son enfant de deux ans dans le wagon de marchandises qui l’emmenait à Auschwitz. » Sur le Navemar, il y a un groupe d’anciens détenus de camps de concentration. Ils sont impossibles à vivre à tel point qu’on les a surnommés les « sauvages. » Mais c’est qu’ils « savaient quelque chose que nous ne savions pas et ils nous en voulaient pour cela. » Après la capitulation allemande, il découvre l’horreur des camps. Il est témoin de la détresse des juifs d’Europe « même si les chambres à gaz et les fours crématoires avaient cessé de fonctionner. » Il voit la misère des survivants dont personne ne veut et qui se déplacent comme des « mendiants. » Enfin, il est indigné par le processus de la dénazification qu’il considère comme « une vaste blague » car les officiels nazis arrêtés sont relâchés dans les quarante-huit heures sous prétexte que leurs services sont indispensables pour la bonne marche des rouages de l’administration.
    Les Trains du souvenir reste bien le travail d’un universitaire car les souvenirs s’y doublent d’un florilège de références littéraires. Le symbolisme du train se rattache à La Bête humaine de Zola et à La Modification de Butor. L’aventure du narrateur jeune et de son ami visitant la maison close à Paris rappelle celle de Frédéric et son ami Deslauriers dans L’Education sentimentale de Flaubert. La découverte de Paris le rendra plus sensible aux « Tableaux  parisiens » de Baudelaire. La complaisance des Français à la veille de la deuxième guerre mondiale se reflète dans La guerre de Troie n’aura pas lieu de Giraudoux. Il se remémore les vers de l’Ancient Mariner de Coleridge comme antidote à son voyage sur le Navemar et, devenu critique de Flaubert au cours de sa carrière, il cherchera les traces du romancier au cours d’un voyage en Egypte.
    Dans les dernières pages de son livre, Victor Brombert évoque la belle figure du Professeur Henri Peyre, chef du département de français de l’université Yale, qui l’engagea à devenir enseignant de français comme il le fit pour beaucoup d’autres disciples (parmi lesquels l’auteur de ces lignes) pendant plusieurs décades. Grâce au foisonnement des souvenirs, à l’encadrement littéraire et culturel, à l’interdépendance de l’art et du vécu constamment soulignée, à la posture même du narrateur à qui la vie semble avoir souri malgré tout, cet ouvrage occupe une place privilégiée dans l’écriture autobiographique de la deuxième guerre mondiale.

Article paru dans la revue parue Tsafon n° 56, Automne 2008-Hiver 2009, pp.183-84, avec l'aimable autorisation de l'auteur, Joseph Sungolowsky, professeur de littérature française et d'études juives à Queens College, Université de la ville de New York.

14/10/2009
Lien : Joseph Sungolowsky

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Titre

Les trains du souvenir : Paris-New York-Omaha Beach-Berlin

Les trains du souvenir : Paris-New York-Omaha Beach-Berlin

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Auteur   Victor Brombert  
Édition   Ed. de Fallois  
Année   2005  
Genre   témoignage  
Description   Au mois de juin 2004, devant la plage d'Omaha Beach, entouré de quelques vétérans, un homme se souvient. C'était... il y a soixante ans!

Arrivé en France avec ses parents dans les années trente, pour fuir le nazisme, Victor Brombert a fait ses études dans un grand lycée parisien. En septembre 39, il a quinze ans, et pendant les mois de la «drôle de guerre» il prépare son bac à Deauville. Puis vient la foudroyante invasion allemande, l'exode, et il se retrouve à Bordeaux, et enfin à Nice, où son père, sagement pessimiste, réussit à obtenir un visa pour emmener toute sa famille en Espagne d'abord, puis à New York. Sauvés!

Alors le film commence à se dérouler à l'envers. Après Pearl Harbor, les États-Unis entrent en guerre. Victor s'engage dans l'armée américaine, apprend le métier de soldat, passe en Angleterre, débarque en Normandie, résiste dans les Ardennes à la dernière contre-offensive allemande, pénètre avec ses camarades dans ce qui fut la patrie de Goethe et de Beethoven, écrasée sous les bombes, pour finir son périple à Berlin: un brasier.

Cette authentique et peu banale aventure nous est racontée par celui qui en fut le héros, et qui ne se prend nullement pour un héros. Il écrit avec une simplicité charmante, de l'humour, le don de faire revivre les jours enfuis. On le sent plus proche de Stendhal que d'Hemingway. Devenu un universitaire de grand renom, professeur de littérature française à Yale et à Princeton, il n'a eu aucun mal à rédiger ses souvenirs - qu'il avait d'abord écrits en anglais - dans notre langue, cette langue française que pendant des années il a fait découvrir et aimer par ses étudiants.
 

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
2 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
6 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )



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