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Pierre Draï



 
Paris 75018 - Paris
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Pierre-Draï
Au Nid fleuri. Au 1er Rang au centre, Pierrot et Nelly. Au 2e rang Paulo et au dernier rang au centre Alice, André et Jeanne Funé
source photo : Arch. fam. Jeanne Funé-Maré
crédit photo : D.R.
Histoire
Isaac Draï, né à Oran le 16 mars 1898, était employé dans une boucherie kasher à Tlemcen. Sa patronne ouvre une boucherie à Paris et lui propose le poste.
Français, originaires d'Algérie, Isaac et avec son épouse, Zahri, née Biton à Oran le 14 juin 1903, qui est couturière, arrivent à Paris après la naissance de leur 4e fils.

La famille Draï s’installe dans le 18e arrondissement de Paris et habite au 83 boulevard Ney.
Ils auront six enfants, cinq garçons et une fille : André, né le 27 mai 1927 à Oran, René, né le 2 mars 1929 à Oran, Raymond, né à Paris le 1er juillet 1931, Paulo (Marc) né le 3 janvier 1935 à Oran, Nelly née le 11 juillet 1938, et Pierrot (Pierre), né à Paris le 28 avril 1940.

Au tout début du mois de septembre 1943, Zahri apprend que la famille a été dénoncée comme Juive.
Pensant que l'arrestation ne concerne que les hommes, Isaac Draï part se cacher en province.

Les allemands, aidés de la police française, arrêtent les Juifs du quartier.

Zahri se rend à l'école communale, située près de l’église baptiste du Tabernacle, 163 bis rue Belliard, dans le 18e arrondissement chercher ses trois aînés.
Elle demande alors à Eugène Charlet, pasteur de cette église, qu’elle connaît, de garder les trois petits le temps d’aller chercher les trois grands, André, René et Raymond.
Mais arrivée à l’école, les Allemands sont là et l’arrêtent avec les trois aînés.
Zahri, 40 ans, et ses trois fils âgés de 12, 14 et 16 ans seront déportés sans retour le 2 septembre 1943 par le convoi n° 59 vers Auschwitz.

Le pasteur Charlet comprend qu’il s’est passé un malheur et confie les trois petits au pasteur André Funé* qui les emmène dans le centre de la rue Belliard. André Funé* et son épouse, Alice* ont une fille de 14 ans, Jeanne*. Paulo, Nelly et Pierrot, âgé de 8 ans, 5 ans et 3 ans, sont alors emmenés par les Funé* au "Nid Fleuri", dans l'Aube.
Centre d'accueil de l’église baptiste du Tabernacle, cette colonie de vacances (ancien orphelinat), située à Les Fosses par Fontette, à Saint-Usage, remplaçait la colonie agricole de "Liéfra" (Liberté, Égalité, Fraternité) créée en 1909.
Située sur un plateau au bord de la forêt de Clairvaux, à 225 km de Paris, et dotée de vaste locaux et d'un terrain magnifique, elle accueille durant la Seconde Guerre mondiale des enfants juifs, arméniens, catholiques et protestants.

André* et Alice Funé* ont tout fait pour nourrir les enfants et les protéger. Jeanne* s’occupe de Paulo et Nelly. Elle leur apprend à lire et à écrire. Elle les console.
Pierrot tombe gravement malade, malnutrition et ennuis pulmonaires. André* et Alice Funé* se battent pour le garder en vie. Ils le soigne, le protège, le garde dans leur chambre près d'eux.
Mais ils ne parviennent pas soigner la tuberculose de Pierrot et décident de l'envoyer à l'hôpital pour enfants de Margency (Val d'Oise). Il y restera jusqu'à la fin de la guerre, tandis que Paulo et Nelly resteront chez les Funé.

Pendant ce temps, Isaac Draï, le père, qui n’a aucune nouvelle de sa famille, revient sur Paris mais, à son tour, il est dénoncé et arrêté par un inspecteur de la police française accompagné de la police allemande, sur son lieu de travail.
Isaac Draï, 46 ans, est déporté sans retour le 3 février 1944 par le convoi n° 67 vers Auschwitz.

La vie a voulue que ces trois enfants soient séparés de la famille Funé* et qu'ils soient placés en orphelinat à Maubuisson et à Neuilly. Les deux aînés ont été envoyés chez leur oncle en Algérie.

La Famille Funé* n'a jamais fait état de leurs gestes généreux, courageux et désintéressés, mais aujourd'hui ces enfants veulent faire connaitre ces gens merveilleux.
André* et Alice Funé* sont décédés, mais Jeanne* est là et ils veulent lui dire qu'ils sont en vie grâce à eux et ils veulent la remercier ainsi que ses parents du plus profond de leur cœur, pour ce qu'ils ont fait pour eux.
Pierrot témoigne : "Nous serons toujours redevable envers eux".

02/07/2009

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Titre

La Mémoire déverrouillée

La Mémoire déverrouillée

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Auteur   Pierre Draï  
Édition   Éditions Gaussen  
Année   2011  
Genre   témoignage  
Description   Histoire d’un enfant caché (1943-1945) Préface de Serge Klarsfeld "La mémoire, c’est comme un tiroir. On y entasse tous ses souvenirs. Les plus anciens, tout en dessous. Puis un jour, on ferme le tiroir à clé. Le meuble est rangé dans une vieille grange." Ce n’est qu’en 2007, en remplissant un dossier d’indemnisation que Pierre Draï fait ce constat : "je n’ai jamais cherché à savoir pourquoi je suis encore en vie, alors que je suis orphelin depuis l’âge de trois ans. Comment ai-je pu survivre à ce cauchemar alors que mes parents étaient morts ? Et où étais-je ? Qui s’est occupé de moi ? Comment ai-je pu rester en vie ?" Il entame dès lors une patiente enquête : retrouver les documents qui témoignent de son histoire, retrouver les témoins où leurs enfants et surtout déverrouiller sa propre mémoire. Juillet 1943, boulevard Ney à Paris. Rosine Draï, qui vit seule avec ses six enfants depuis que son mari, travaillant dans une boucherie casher s’est réfugié dans l’Aisne, est prise dans une rafle avec ses trois ainés. Par précaution elle avait laissé dans une institution protestante caritative du quartier, dirigée par les pasteurs Charlet et Funé, ses trois enfants les plus jeunes. Quelques mois plus tard, Isaac Draï, sans nouvelles de sa famille, retourne un dimanche boulevard Ney. Un voisin zélé le repère sans doute. Quelques jours après les Allemands pénètrent dans la fabrique de cageots où il travaille comme ouvrier dans l’Aisnes et l’arrêtent. Isaac, Rosine et leur trois ainés seront gazés à Auschwitz. Pierre, ainsi que sa sœur Nelly et son frère Paul seront sauvés, pris en charge avec d’autres orphelins de guerre par le pasteur Funé et son épouse. Attendant depuis l’âge de ses trois ans le retour de ses parents, le jeune Pierre est en 1952 un enfant perturbé et indiscipliné. C’est pourquoi, il est envoyé dans un centre d’observation à Vitry puis à la République des enfants de Moulins-Vieux dans l’Isère. Dans cette institution aux pratiques pédagogiques innovantes et fondée en 1938 par Henri et Henriette Julien, Pierre s’épanouit tant bien que mal. Au terme "d’une enfance sans famille, sans personnalité, sans amour", Pierre Draï parvient à se construire professionnellement, sentimentalement (après deux divorces) et spirituellement entre engagement dans le communisme et prise de conscience de son judaïsme ("par absence de transmission, mes racines ont été saccagées, mais pas complètement arrachées…") Ce qui prévaut au terme de ce parcours, retracé avec sobriété et sincérité, c’est l’étonnement de s’en être sorti : car au départ, "je n’étais rien qu’un numéro. Certes la Nation réglait la facture de mon éducation mais j’étais seul. Ce n’était pas la Nation qui me berçait le soir. Ce n’était pas la Nation qui séchait mes larmes. Par contre, c’était la Nation qui décidait de m’envoyer là, ou là-bas, ou plus loin, pour déplacer le problème sans forcément le résoudre." L’auteur Après sa scolarisation à la République des enfants, Pierre Draï a été chaudronnier, dessinateur puis représentant de commerce, puis a fondé sa propre entreprise avant de prendre sa retraite. Depuis qu’il a entrepris de "déverrouiller sa mémoire", il participe régulièrement au réseau Paroles d’étoiles, au sein duquel des orphelins de la Shoah échangent leurs témoignages. Pierre Draï, est également membre du Conseil d’administration de la République de Moulin-Vieux. Il intervient dans les collèges pour transmettre son témoignage.  

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
2 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
6 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )



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