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Nicolas Mariot



 
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Face à la persécution. 991 Juifs dans la guerre

Face à la persécution. 991 Juifs dans la guerre

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Auteurs   Nicolas Mariot -Claire Zalc  
Édition   Odile Jacob  
Année   2010  
Genre   article de revue  
Description   Ils étaient 991 en 1939. 991 immigrants arrivés d'Europe orientale, Français et étrangers. 991 hommes et femmes, grands-parents, parents, enfants, célibataires, voisins, amis ou simples connaissances, travailleurs indépendants, salariés ou sans profession. 991 Juifs, identifiés par l'administration ou venus d'eux-mêmes se déclarer aux autorités françaises à l'automne 1940. 991 habitants de Lens victimes des politiques antisémites menées par les Allemands et leurs appuis locaux. En 1945, seuls 530 d'entre eux sont encore en vie. 487 ont été arrêtés, 466 déportés à Auschwitz ou Maïdanek parmi lesquels 17 seulement ont survécu. Ce livre se propose de raconter leurs parcours pendant ces cinq années. Les faits sont aujourd'hui connus : être juif dans l'Europe nazie, c'est être identifié, poursuivi, stigmatisé, discriminé, persécuté, assassiné, anéanti.
Une historiographie aussi solide qu'abondante décrit avec force et minutie les étapes, acteurs et moyens de la destruction des Juifs d'Europe. Qu'apporte donc l'histoire des 991 ? D'abord, elle aborde la question non du point de vue des bourreaux, qu'ils soient décideurs ou exécuteurs, mais du point de vue des victimes. Cette perspective n'est pas inédite. Dès le milieu des années 1970, un travail considérable a été mené pour compter les victimes de la Shoah. Leurs témoignages, non entendus d'abord, sollicités dans un contexte judiciaire ensuite, collectés en nombre dans une perspective mémorielle enfin sont venus profondément renouveler les connaissances du fait génocidaire. Mais que dire de ceux qui se sont tus ? Que dire de ceux qui ne sont plus ? Les morts ont pourtant laissé des traces.
Plus récemment, certains sont partis à la recherche des "disparus", à l'instar de Daniel Mendelsohn qui relate dans le roman éponyme sa quête minutieuse des siens tués par les nazis. La démarche intime, singulière et littéraire n'est pas isolée. D'autres essais récents se sont employés à recueillir les documents d'archives portant sur les victimes. L'historien allemand Götz Aly, dans Into the Tunnel, rassemble, à la manière du Pinagot d'Alain Corbin, toutes les sources disponibles pour raconter la vie d'une petite fille, née le 27 juillet 1931 en Allemagne, tuée à Auschwitz le 3 mars 1943 alors qu'elle n'a pas 12 ans, victime anonyme parmi tant d'autres de la Shoah.
Si notre livre prétend renverser la perspective, ce n'est donc pas seulement parce que les 991 sont des victimes, mais parce qu'ils sont 991 – et pas une famille ou une personne – et parce qu'ils sont voisins, parents, amis et connaissances. Autrement dit parce qu'ils forment un groupe social dans lequel leurs destins se croisent et se répondent, avant, pendant et après le génocide. Écrire l'histoire de ce groupe est notre ambition. L'écrire au ras du sol est notre choix. Reconstituer les réseaux d'interconnaissance, décrire les trajectoires au sein des familles, observer les itinéraires au jour le jour permet d'interroger les choix auxquels les 991 ont été confrontés. Faut-il se déclarer ? Quand ? Poursuivre ses activités ? Fuir ? Comment ? Doit-on rester ensemble ? Se séparer ? Que faire de ses biens ? À qui faire confiance ? Parce que ces interrogations relèveraient de l'intimité des théâtres intérieurs, on estime généralement qu'elles ne peuvent faire l'objet d'une investigation historique. On en cherche les réponses dans les consciences individuelles. Se décline, dès lors, le registre du choix voire du jugement moral qui oppose la "naïveté" des uns à la "lucidité" des autres : les décisions ont-elles été judicieuses, pesées et opportunes ? Notre démarche propose une autre approche : il ne s'agit pas d'apprécier si les choix ont été bons ou mauvais, mais d'analyser le plus finement possible les conditions dans lesquelles les arbitrages ont été pris. Suivre une cohorte d'individus tout au long de la guerre amène à rendre compte de la variété des parcours. Ceci permet également de proposer des explications. Les décisions familiales, volontaires ou imposées, ont toujours une épaisseur sociale : elles n'ont de sens que dans les limites circonscrites d'un milieu de vie où sont repérées et analysées les relations entre les gens et les ressources dont ils disposent.
Ni l'un ni l'autre ne connaissions Lens et le bassin minier avant d'avoir commencé ce travail. Ou par quelques images, partagées par tous : son équipe de football, ses mines aujourd'hui fermées. Mais Lens n'était pas le propos. Ce livre est né de la rencontre entre une interrogation épistémologique et un formidable corpus de sources. Les archives sont aujourd'hui ouvertes sans restriction aux chercheurs. Des archives du Pas-de-Calais à celles de l'United States Holocaust Memorial Museum de Washington (USHMM), partout nous avons cherché la trace des 991. Jusqu'à ressentir de l'attachement, presque une familiarité avec eux. Cette recherche mobilise une considérable masse documentaire : dossiers et lettres de déclarations, fichiers de recensements, comptes rendus de surveillance, courriers adressés aux administrations, dossiers d'aryanisation, listes de convois, dossiers de naturalisation mais également les archives suisses relatives aux réfugiés et celles des camps d'extermination. Au sein de cet ensemble, les témoignages sont extrêmement rares. C'est que les survivants sont très peu nombreux. Sans témoignage, cette histoire n'est pourtant pas sans parole. S'atteler à suivre les parcours des uns et des autres en se plongeant dans les dossiers administratifs nous a conduits à dénicher des récits extraordinaires cachés dans un formulaire de naturalisation ou un procès-verbal d'arrestation.
Cette histoire part de Lens, dans le Pas-de-Calais, zone dite "interdite" à partir de mai 1940, située entre trois pays de référence : l'Allemagne, pays occupant, la France puisque l'ensemble des agents de l'État dépendent d'autorités centrales à Paris et à Vichy, la Belgique enfin à laquelle la zone interdite est rattachée. L'ensemble des acteurs de la discrimination y jouent un rôle : autorités allemandes, police et fonctionnaires français. La violence qui s'y déroule est particulièrement marquée : la moitié des Juifs lensois sont déportés (contre environ 25% pour la France). Mais l'histoire sort bien vite du bassin minier pour suivre les trajets de ceux qui partent, en zone occupée, en zone libre, en Suisse. Elle passe par Malines, le camp d'internement belge. Elle finit dans les camps de la mort.
L'acharnement mis à traquer les Juifs est remarquable. Mettre au jour les traces matérielles de l'histoire de l'extermination, c'est toucher du doigt les preuves matérielles de la déshumanisation : les registres austères des camps nazis ne contiennent plus de noms, seulement des numéros. "Unir l'étude des morts au temps des vivants", disait Marc Bloch. Fouiller, dépouiller les fonds d'archives pour avancer sur le chemin du savoir. Nourrir les récits de faits, traquer les traces, construire un sens. Notre histoire répond à une grande question par 991 histoires, des histoires d'hommes, de femmes, d'enfants qui disent bien mieux que des grands mots, la diversité des trajectoires face à la force des persécutions. Mais elles permettent surtout de comprendre ce que fut, dans un lieu et un temps donné, être juif.

Nicolas Mariot est chargé de recherches au CNRS (CURAPP, Amiens), membre du comité de rédaction de la revue Genèses, sciences sociales et histoire. Il a publié Bains de foule. Les voyages présidentiels en province, 1888-2002 (Belin, 2006) et C’est en marchant qu’on devient président. La République et ses chefs de l’État, 1848-2007 (Aux Lieux d’Être, 2007). Il vient d’éditer, avec André Loez, Obéir / désobéir. Les mutineries de 1917 en perspective (La Découverte, 2008).

Claire Zalc est chargée de recherches au CNRS (Institut d’histoire moderne et contemporaine, ENS). Ses travaux portent sur l’histoire de l’immigration dans la France du XXe siècle, notamment sur l’histoire des entrepreneurs étrangers. Elle vient de publier Melting Shops. Une histoire des commerçants étrangers en France (Perrin, 2010) et co-dirigé 1931, les étrangers au temps de l’exposition coloniale (Gallimard, 2008), le catalogue de l’exposition du même nom qui s’est tenue à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (mai-octobre 2008). Parallèlement, elle mène une réflexion sur les manières de faire et d’écrire l’histoire : elle a publié, avec Claire Lemercier, Méthodes quantitatives pour l’historien (La Découverte, "Repères", 2008).
 

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
2 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
6 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )



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