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Maxi Librati



 
Saint-Fons 69190 - Rhône
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Histoire

Max Librati, Chevalier de la Légion d'Honneur

Cérémonie de remise de la décoration de Chevalier de la Légion d’Honneur à M. Maxi Librati

Vous êtes, Mardochée Librati, l’aîné de 16 enfants. Votre père était manoeuvre, balayeur. Il a quitté Taroudant en 1916 ; votre mère vient de Casablanca. Ils sont venus en France pour travailler, dans les années de la 1ère guerre mondiale, comme une ou deux centaines de juifs marocains. C’est le 4 juillet 1943 que vous êtes arrêté comme juif. Enfermé au fort Montluc à Lyon puis envoyé à Drancy, vous partez, le 2 septembre 1943, avec le convoi 59 pour Auschwitz. Vous devenez le matricule 145 922. En octobre 1943, vous êtes transporté à Varsovie avec 2000 à 3000 déportés. Un camp de travail a été mis en place pour récupérer tout le matériel des ruines du ghetto détruit six mois plus tôt après la révolte. Vous y resterez 6 mois. En juillet 1944, les Russes arrivent aux portes de Varsovie, vous échappez à la destruction du Revier. Après une longue et terrible marche en Lituanie, vous êtes envoyé en Bavière, dans un sous camp de Dachau où vous passerez neuf mois. Comme tous les déportés, il en aura fallu des hasards pour que vous surviviez, mais il y a eu trop de morts pour qu’on appelle ces hasards des miracles…

Retour à Paris, vous retrouvez votre famille, toute votre famille. Cachée dans des cachettes à la Tour du Pins par le Patron de M. Librati père, M. Amblard, la famille Librati a survécu. Le 16 juin 1997, Georges Amblard a reçu de Yad Vashem le statut de Juste des Nations.

Votre vie professionnelle est une « success story » du sentier ; depuis vos débuts comme commis de vente de tissu à l’étage jusqu’aux boutiques de Saint Germain des Près. Quel pied de nez pour ce matricule 145 922 qui devient sous votre propre nom de Maxi Librati, une marque connue dans le monde entier !

Fidélité à votre famille. Fidélité à votre famille de destin, celle des déportés. Responsabilité qui vous amène plusieurs fois par an à Auschwitz avec des jeunes du CDJC. Solidarité qui fait de vous une référence dans la plupart des oeuvres de soutien à des organisations juives, françaises ou israéliennes. Vous êtes un de ceux qui ont soutenu avec plus d’ardeur les récents développements de Yad Vashem. Votre nom est lié, entre autres, à la place Janusz Korczak et à une salle du nouveau musée. Mme Miry Gross, directrice des affaires francophones est venue à cette cérémonie témoigner de l’affection que vous porte Yad Vashem et que partagent tous les membres de notre Comité français. Yad Vashem n’est pas que le Mémorial israélien de la Shoah. C’est le lieu du monde où les souffles de vos amis qui, dans les camps n’ont pas eu votre chance, et tous ceux qui, engloutis avec toutes leurs familles sans qu’il reste personne pour dire l’Yzkor. Fidélité, responsabilité, solidarité, amour de la vie. Ces valeurs ne sont pas spécifiquement juives, ce sont les valeurs vers quoi devrait tendre toute société humaine, en particulier notre République française.

C’est pourquoi, Mardochée Librati, je suis fier de vous dire : Au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Chevalier de la Légion d’Honneur. »
1

17/04/2009

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Lettre de Maxi Librati de Drancy

Lettre de Maxi Librati envoyée de Drancy à ses parents à Lyon. Après l'avoir reçue, ses parents écriront candidement au maréchal Pétain pour demander la libération de Maxi qui avait déjà été déporté à Birkenau.

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Paris, le 31 août 1943

Chers parents, frères, et sœurs,

Je vous écris cette lettre pour vous donner de mes nouvelles. Nous avons tous été convoqués pour être déportés quelque part en France, ou à la frontière allemande. Nous sommes trois camarades qui ne nous séparons pas. Nous avons un très bon moral. Surtout, ne vous faites pas de mauvais sang pour moi, car vous pouvez, je vous assure, avoir confiance en votre fils Mardoché. Je travaillerai, puisque j'en suis capable. Vous n'avez pas à vous inquiéter sur mon sort, car, comme vous le savez, nous mangeons très bien, et nous avons été habillés complètement.

Je vois Françoise, Sol, Mariette, et Marcelle, qui ainsi partent avec moi. Elles ont versé quelques larmes, mais avec moi ; je leur remonte le moral.

Je vous écris cette lettre en vitesse, car je n'ai guère le temps. Nous avons un très très bon moral, et malgré ce départ nous sommes très joyeux tous les trois, puisque nous vous savons en sécurité.

On dit que les voyages forment la jeunesse, alors ne vous faites pas de mauvais sang. N'importe où nous allons, nous serons traités comme il faut, si nous avons la volonté de travailler.

Vous, chers frères et sœurs, je pense à vous, et je remercie Dieu de vous savoir près de mon père et de ma chère maman. Ne vous laissez pas abattre. Prenez la vie comme elle vient, car vous pouvez avoir confiance en votre fils, qui lui a un très bon moral, se porte mieux que jamais, et est encore jeune, avec beaucoup d'espoir de vous revoir bientôt, plus tôt que vous ne le pensez.

Maman chérie, je comprends ta peine, avec celle de Papa. Mais que voulez-vous, c'est la vie. Je me suis débrouillé à vous écrire. Ne vous en faites pas ; chaque fois que je pourrai, je tâcherai de vous écrire. Surtout, ne vous faites pas de mauvais sang si vous ne recevez pas de mes nouvelles. J'espère, chers parents, que vous vous portez bien, ainsi que mes frères et sœurs. Je voudrais que vous puissiez me voir, comme j'ai grossi et bronzé.

Maman chérie, j'espère que ma lettre te trouvera en parfaite santé, avec un bon moral, si tu ne veux pas être fatiguée. Passe le bonjour aux camarades et amis. Embrassez bien mon oncle et ma tante Marcelle, que j'aime beaucoup, ainsi que ses enfants, la Perlette, M. et Mme Bounan, Nina, son mari et sa famille, enfin tous ceux qui demandent après moi, Schneider, Amiral, particulièrement la famille Christo, qui me rend un grand service, mon chef, directeur, et camarade.

Je vous demande encore une fois, très chers Papa, Maman, frères et sœurs, de ne pas vous en faire. Je vous en supplie. Pensez à vous, je me débrouillerai de mon côté.Ne m'envoyez pas de réponse.

Nous autres les célibataires sommes tous ensemble. Il en arrive presque tous les jours de Paris. La plupart sont de là. Je n'ai plus rien à vous dire pour le moment.

Je suis content, très content, de vous savoir en sécurité.

Un petit voyage, je vous assure, chers parents, cela ne nous fera pas de mal, puisque nous allons voir du pays et que quand nous serons réunis, je pourrai vous raconter mon histoire, qui commence à être belle, pleine d'imprévu, de courage, et de volonté.

Ici, dans le camp, on achève les préparatifs pour mille personnes. Le départ est proche. J'ai avec moi deux couvertures très chaudes, ainsi que deux gros pull-overs, du linge de camp, trois chemises, trois paires de chaussures, deux maillots de corps, un béret, un blouson, un manteau, une paire de chaussons, des galoches, des brodequins, une paire de pantoufles. Il ne me manque donc rien.

Pour nous, c'est la grande aventure qui continue, et nous nous engageons joyeusement. Aussi, ne nous en faisons pas !

Je termine ma lettre, cher papa, chère maman, en vous embrassant du plus profond de mon cœur, ainsi que mes petits frères Marcel, Elie, Roger, Aymé, etc., ainsi que mes petites sœurs Rachel, Messodie, Paulette, Alice, Marie, Lisette, et Antoinette. Toutes mes pensées sont à vous,
Celui qui pense à vous, et pour la vie,

Mardoché.

P.S. : Encore une fois, ne vous inquiétez pas pour moi, pensez d'abord à vous, à mes frères et sœurs. Maintenant que je suis endurci, je suis un homme, vous pouvez me croire. Je prends la vie du bon côté. Je vous embrasse encore tous. De gros baisers à toi, cher Papa, ainsi qu'à toi, Maman chérie. Que ma lettre te trouve en bonne santé, et avec une grande confiance en l'avenir et en ton fils chéri. Gros baisers à tous, à tous les enfants, et à bientôt. La Marcelle, la Mariette, la Françoise, la Sol, la Sarah, adressent de gros baisers à leurs familles. Ayez tous beaucoup d'espoir.

17/04/2009

[Compléter l'article]

 


Titre

145922 de Maxi Librati

145922 de Maxi Librati

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Auteur   Maxi Librati  
Édition   Yad Vashem  
Année   2008  
Genre   témoignage  
Description   Né à Lyon en 1925 dans une famille juive sépharade, Maxi Librati ignore tout des menaces pesant sur les Juifs lorsqu'il est arrêté en juillet 1943. Déporté à Birkenau, il est ensuite affecté au Todkommando du ghetto de Varsovie, chargé de brûler les corps.
Il survivra aux "marches de la mort" qui le mèneront jusqu'en Bavière, dans le camp d'Allach où il sera libéré par les Américains, le 30 avril 1945.
 

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 "Objectif Lyon !"

Notes

- 1 - Extraits du discours prononcé par Richard Prasquier, Président du Comité français pour Yad Vashem, à Paris, le 11 octobre 2005.



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