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Jean Marielle



 
Paris 75000 - Paris
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Histoire

Le vote des quatre-vingts

Le 10 juillet 1940, les députés et sénateurs réunis dans la salle du théâtre du casino de Vichy en Assemblée nationale – Chambre des députés et Sénat réunis – votaient les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain "à l’effet de promulguer, par un ou plusieurs actes, une nouvelle constitution de l’Etat français". Sur les 649 parlementaires présents seuls 80 d’entre eux se dressèrent pour dire "non". Le lendemain, Pétain promulguait les trois actes constitutionnels par lesquels il enterrait la République et fondait l’Etat français.
Le grand mérite de ce livre est de bien mettre en perspective un événement dont la portée semble aujourd’hui avoir été quelque peu oubliée. Car si l’issue de ce vote s’explique naturellement et avant tout par le poids de la défaite, il est nécessaire d’avoir à l’esprit que la question du renforcement de l’exécutif aux dépends du Parlement remonte à la fin de la première guerre mondiale et qu’elle n’a jamais cessé d’être posée tout au long de l’entre-deux-guerres.
Mais cet ouvrage rend surtout compte d’une ambiance et d’un climat particulièrement délétère où la méfiance prédomine : à l’opprobre jeté par les partisans de Laval sur les parlementaires ayant pris place à bord du Massilia et présentés à dessein comme des fuyards, sont venus s’ajouter des menaces plus ou moins déguisées, y compris physiques (vis-à-vis de Blum notamment), à l’endroit des élus présents à Vichy. Le déploiement opportun d’une troupe nombreuse, dont on laisse sensiblement accroire qu’elle est chargée d’arrêter les récalcitrants, venant achever le tableau.
C’est en fin de compte l’habileté de Laval qui ressort de ces pages. Lui qui sous-entend que Pétain garantira le pays d’un coup d’état militaire que certains généraux fomenteraient. Lui encore qui, cédant au dernier moment, accepte que la nouvelle constitution soit "ratifiée par la Nation" et réussit par ce stratagème à emporter une large adhésion. Dans ce contexte, la tâche des opposants s’avère particulièrement difficile. Craignant naturellement la disparition pure et simple de la République, ce qu’ils expriment très tôt, certains parlementaires déposent dans l’urgence deux contre-projets, tous deux repoussés. Pourtant inscrit et décidé à prendre la parole avant le vote, Vincent Badie en est empêché par une majorité de ses collègues (et en premier lieu Fernand Bouisson) et par les huissiers qui lui refusent physiquement l’accès à la tribune avant de le pousser "sans ménagement au bas de l’escalier".
Après avoir brossé un portrait politique, géographique (intéressant mais sans doute contestable) et générationnel des 80 opposants aux pleins pouvoirs, l’auteur évoque l’action de ce groupe hétérogène au sein de la Résistance puis après-guerre, sous la IVe puis la Ve République. Certes résistants, majoritairement gaullistes mais marginalisés par les instances de la Résistance, les 80 ne s’occupèrent finalement plus guère que de commémorations à l’issue du conflit… Augmenté de nombreuses et intéressantes annexes (photographies, tableaux analytiques, témoignages…), ce petit livre à la portée de tous, et notamment des jeunes que le sujet pourrait passionner, constitue une précieuse introduction à l’histoire des débuts de Vichy.

10/02/2013
Auteur : Matthieu Boisdron Lien : www.histobiblio.com

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Titre

Le vote des quatre-vingts, le 10 juillet 1940 à vichy

Le vote des quatre-vingts, le 10 juillet 1940 à vichy

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Auteurs   Jean Sagnes -Jean Marielle  
Édition   Editions Talaia  
Année   2010  
Genre   histoire  
Description   Le 10 juillet 1940, dans la salle du théâtre du casino de Vichy, "l’Assemblée nationale donne tous pouvoirs au gouvernement de la République, sous l’autorité du maréchal Pétain, à l’effet de promulguer, par un ou plusieurs actes, une nouvelle constitution de l’État français."
Le vote est acquis par 569 voix contre 80. Dès le lendemain et en s’appuyant sur ce vote du 10 juillet, le maréchal Pétain promulgue les trois actes constitutionnels par lesquels il assure les fonctions de chef de l’État français, définit " la plénitude" de son pouvoir gouvernemental et ajourne les Chambres. Ainsi naît l’État français qui succède à la IIIe République.

Seuls quatre-vingts parlementaires (cinquante-sept députés et vingt-trois sénateurs) se sont donc opposés à un vote dont la conséquence directe a été la disparition du régime républicain.


Jean Sagnes est professeur émérite d’histoire contemporaine,
ancien président de l’université de Perpignan.

Jean Marielle, résistant, est le fondateur du " Comité en l’honneur des 80 parlementaires du 10 juillet 1940 " qu’il a présidé jusqu’à une date récente.

 

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1 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
2 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
6 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )



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