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Jean-Marie Borzeix



 
Paris 75000 - Paris
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Histoire
Jean-Marie Borzeix, né à Bugeat en 1941, a été journaliste («Combat», «Le Quotidien de Paris», «Les Nouvelles Littéraires»), directeur littéraire du Seuil, patron de France Culture et de «Télérama».

21/06/2008

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Titre

Jeudi Saint

Jeudi Saint

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Auteur   Jean-Marie Borzeix  
Édition   Stock  
Genre   roman  
Description   ... pour que ne se "désagrège" pas la mémoire des Juifs raflés sur le plateau de Millevaches en Corrèze.


Présentation par l'Editeur :

"Le 6 avril 1944, un détachement de soldats allemands traquant les résistants, nombreux dans la région, investit une bourgade du Limousin. Soixante ans après, la population se souvient que ce jour-là quatre paysans d’un village voisin ont été pris en otage et fusillés pour l’exemple.

Jean-Marie Borzeix connaît bien cette histoire, c’est celle du pays où il est né au début de la guerre. Mais parce que ces événements en cachent d’autres, il raconte l’enquête qu’il a menée ces dernières années. Celle-ci le conduit à découvrir que le 6 avril, un Jeudi Saint, et pendant tout le printemps 44, des dizaines de Juifs ont été arrêtés et déportés dans cette commune et dans plusieurs autres du plateau de Millevaches."


Pierre Assouline, La république des livres (4 juin 2008) :

"... Le spectre de l’Occupation rôde à toutes les pages. Dès les citations placées en épigraphe, il invite à ne pas se résigner à la défaite que constitue l’oubli, et à ne pas se laisser envahir par le présent à l’exclusion de la suite des années.

Le village de l’Echameil en Haute-Corrèze est le théâtre intime de cette chronique des jours passés, elle aussi gouvernée par une enquête agitée de rumeurs et de murmures. Ca s’est passé en avril 1944 dans la journée du jeudi saint. C’était le temps des rafles et des otages. Le narrateur de ce récit, qui ne cherche pas à se draper dans les habits de cérémonie du roman, veut se faire l’attentif historien de cette journée particulière dans ce minuscule coin de France.

Ecartelé entre le crédit à accorder aux souvenirs des témoins et la totale confiance généralement donnée aux documents d'archives, il navigue entre les petites lâchetés et le courage ordinaires de personnes que sa quête élève au statut de personnages. Tout cela pour retracer le destin d’une poignée d’étrangers échoués là à seule fin de s’y cacher, des "parmi nous" comme on dirait des "malgré nous". Jamais le plateau limousin n’avait été aussi cosmopolite. Un drame s’est joué là, à l’ombre des bals clandestins, forme de résistance qui connut une vogue considérable à la fin de l’Occupation.

L’auteur, né par là à cette époque-là, a voulu comprendre comment s’étaient superposées la déportation des dizaines de Juifs planqués dans des communes du plateau de Millevaches et l’exécution de quatre paysans pris en otages. Soudain, des gens que ceux du cru avaient fini par connaître s’évanouissent dans la nature. Il faudra le travail du temps et l’obstination d’un seul qui n’avait "rien à voir avec cette histoire" pour que l’on sache ce qui était véritablement advenu. Et pour cause : "Ce n’est pas un pogrom sauvage, c’est une série d’arrestations tranquilles, une sorte de banal contrôle administratif".

L’histoire s’achève sur le télescopage de deux dates : celle du 6 avril 1944 quelque part en France avec celle du 7 avril 1994 quelque part en Afrique : "Ce jour-là commence le dernier génocide du XXème au siècle au Rwanda. Un génocide préparé de longue date et monstrueusement artisanal
".


Gérôme Garcin, Le Nouvel Observateur (8 mai) :

"... c'est en réveillant la tragédie de Bugeat qu'il a découvert, caché derrière le monument aux morts, effacé de l'histoire locale, oublié de tous, un autre drame, pourtant concomitant : l'exécution, par ces mêmes nazis, d'un jeune résistant juif, Haïm Rozent, alias Chaïm, alias Jem, qui refusa, sous la torture, de désigner les maquis environnants, et dont la tombe, au fond du cimetière de L'Eglise-aux-Bois, portait un numéro de téléphone à Haïfa.

Commence alors une enquête qui conduit Borzeix en Belgique, Pologne, Israël, à Paris, Berlin et dans les archives du fort de Charenton. Pièce après pièce, il reconstitue le puzzle éparpillé, la généalogie enfouie, le destin brisé de ce juif de Corrèze et de tous les autres, qui ont combattu les Allemands quand ils ne furent pas déportés, et auxquels nul, avant Borzeix, n'avait pensé à célébrer le courage, à graver les noms, à fixer les visages.
"


La Croix (28 mai) :

"Mais voici qu'a surgi Chaïm, un juif assigné à résidence à Bugeat, avec des centaines d'autres réfugiés et pourchassés éparpillés dans la campagne limousine. Aide-coiffeur et bon garçon, «le» Chaïm jouait aussi du violon. Mais le salon de coiffure était aussi une plaque tournante de la Résistance locale.

On imagine la suite quand débarquèrent les camions vert-de-gris. Borzeix a retrouvé sa tombe, avec sa Table et son étoile de David. Il a rameuté ses enfants depuis Haïfa et le Tennessee, pioché les archives, salué les Klarsfeld, hanté Yad Vashem, assemblé le puzzle, étoile jaune sur coutil bleu. Et pris sa plume. Courez lire la suite, d'un mémorial l'autre, quand les passés s'apaisent, las de s'être tant chevauchés et interpellés. Quand les hêtres du Plateau s'empourprent.
"


Catherine Martinez-Scherrer, Parutions.com (2 juin) :

"Attraper l’Histoire, avant qu’elle nous échappe. Par son nouveau roman, Jean-Marie Borzeix s’interroge sur cette science si inexacte, faite d’oubli et d’incertitude. «L’histoire est construite sur un entassement immense de témoignages de première main qui n’ont été ni livrés, ni retenus» ; que faire quand les anciens disparaissent et avec eux la vérité. Mais n’y a-t-il qu’une seule vérité, un seul point de vue, où est l’objectivité ?

Dans ce livre contre l’oubli, Jean-Marie Borzeix traverse les contours obscurs des souvenirs, les souvenirs qui s’égrènent comme des vérités. Livre d’interrogation et de réflexion, Jeudi Saint est un hommage à ces milliers de vie effacées, gommées. Jean-Marie Borzeix capte dans une écriture épurée la fragilité de la mémoire, la nécessaire écriture, l’indélébile empreinte. Une leçon d'humanité...
"


André Rollin, Le Canard enchaîné (4 juin) :

"Son récit, écrit avec une force tranquille, n'est pas un texte de plus sur cette période saccagée. C'est la recherche d'un homme qui ne peut admettre que le passé ne se décompose, que les faits se désagrègent. Il veut oublier les mensonges, effacer les lâchetés...

Cette recherche de l'auteur est bouleversante tant elle démonte les mécanismes de l'effroi. Avec des déclarations des plus précises. Comme celle du préfet de la Corrèze, Pierre Trouillé, qui fait son rapport à Vichy :

"Le ramassage des étrangers par les autorités allemandes et françaises a été particulièrement bien accueilli par les Corréziens qui redoutent cette catégorie d'étrangers".
 

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
2 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
6 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )



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