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David Sauleman



 
Paris 75011 - Paris
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Histoire

Loutcha (Lucie, Léah) Benforado est née en 1908 à Salonique (Grèce).

Elle épouse Jacob Soulema, né le 24/09/1892 à Salonique, où ils habitent.

Dans les année 1920, Loutcha vient à Paris étudier la haute-couture et rentrera comme styliste chez Patou.

Elle parvient à convaincre Jacob de vendre son atelier d'installation éléctrique en Grèce et de venir à Paris. C'est là que va naître David le 17 juillet 1931 dans le 12e arrondissement de Paris.

Le 20 août 1941, lors du la rafle dite "du XIe arrondissement", Loutcha est enceinte et David est présent lorsque son père est arrêté. Jacob sera interné à la cité de la Muette inachevée qui devient le camp d’internement de Drancy. Il sera déporté sans retour treize mois plus tard par le convoi n° 36 de Drancy vers Auschwitz le 23/09/1942.

Maurice (dit Claude) naît le 15 septembre 1941. David voit d’autres membres de sa famille et de sa Communauté disparaître. Il subit à Paris les discriminations antijuives. David doit sa survie à sa mère qui, lors de leur arrestation la nuit du 4 au 5 novembre 1942, a la force de caractère de lui mettre dans les bras son petit frère Maurice et de les pousser sous une porte cochère pour les soustraire à la déportation dont elle-même ne reviendra pas. Elle sera déportée de Drancy vers Auschwitz par le convoi n° 44 le 09/11/1942.

Les deux frères, orphelins, tombent dans l’errance physique et affective des "enfants juifs cachés".

Ils sont aidés par la voisine, amie de leur mère, Luise Tabak, qui travaillait dans un marché tous les matins. Elle les place à Montreuil, chez la veuve d'un ébéniste meilleur ouvrier de France. David va à l'école et garde de très bons souvenirs du directeur de l'école.

Les enfants sont ensuite envoyés à Oudan puis David, caché sous le prénom de Guy est caché chez les Carpentier et est envoyé à Renazé, caché sous le prénom d'André, chez Stéphane et Marie-Antoinette Fouchet.

Après la Libération, les enfants sont un temps pris en charge par Louise Tabak et son frère Maurice, avant d'être pris en charge par l'OSE où ils resteront jusqu'à leur majorité.

26/09/2012

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Extrait du livre de David Sauleman, "Deux mètres carrés"

Extrait du livre :

Dans la nuit du 4 au 5 novembre, nous avons été réveillés en sursaut par la concierge, Mme Sulpice, qui tambourinait à notre porte et qui de sa voix forte et désagréable nous ordonnait d'ouvrir. Il était inutile de se demander quelle était la raison de son comportement, vu le nombre de rafles qu'il y avait alors à Paris, nous étions parfaitement au courant. Ma mère ouvrit la porte et laissa entrer la gardienne qui était accompagnée de deux policiers français en civil. Grossiers et arrogants, ils nous accordèrent quelques minutes pour nous habiller et faire un paquet de nos affaires. Ils empêchèrent Maman de prendre la moindre nourriture, et notamment ne lui donnèrent même pas le temps de préparer des biberons pour Maurice. Ils nous emmenèrent sans ménagement avec eux. Comme je l'ai écrit plus haut, cette nuit de novembre était très froide, mon frère et moi ne pleurions pas mais nous claquions des dents, je ne sais pas aujourd'hui encore si c'était la peur ou le froid qui nous faisait réagir ainsi. […] Dès notre départ, la concierge est repartie avec les clefs de l'appartement qu'elle avait prises à Maman. Elle était obligée de conduire d'autres policiers vers les appartements occupés par d'autres Juifs qu'ils venaient arrêter. Comme lors de l'arrestation de Papa, il n'y avait pas de soldats allemands, seuls des policiers français en tenue et d'autres en civil se sont chargés de cette tâche infâme. Le poste de police (actuellement désaffecté) de la mairie du XIe arrondissement se trouvait à cinquante mètres au maximum de notre immeuble. C'est probablement de cet endroit que les exécutants de la rafle organisaient les descentes. C'est au cours de cette nuit-là que les Juifs essentiellement Séfarades, Turcs, Grecs – Saloniciens en grande majorité – ont été arrêtés. Le nombre disproportionné de femmes et d'enfants raflés s'explique par le fait que les maris, les pères ou les fils étaient déjà soit prisonniers de guerre, soit dans la clandestinité, soit internés à Drancy, soit déjà déportés. Aujourd'hui encore, quand les images de cette nuit me reviennent en mémoire, j'ai du mal à accepter la réalité des épreuves que nous avons vécues. Je ressens une douleur indescriptible chaque fois que j'évoque ces heures qui ont été les plus noires, les plus tristes de ma vie. Il y avait cette nuit-là une pagaille indescriptible provoquée par le nombre important des arrestations (plus de mille). Les Juifs arrêtés, chargés de bagages, étaient regroupés sur le boulevard, devant le poste de police. Les hommes, femmes et enfants qui habitaient plus loin arrivaient encadrés par des policiers qui les malmenaient pour les faire avancer plus vite. Il y avait peut-être d'autres points de rassemblement, mais je n'ai vu que celui-là. De nombreux cars de police et des autobus stationnaient, prêts à nous conduire je ne sais où exactement : au commissariat de la rue Camille Desmoulins près de notre domicile ? au gymnase Japy plus haut sur le boulevard ? dans une gare, ou directement à Drancy ? Apparemment les policiers nous regroupaient simplement avant de nous interner. Toujours à proximité du poste de police, alors que nous allions monter dans un car qui semblait nous attendre, on nous dirigea vers un bus plus grand pouvant contenir plus de monde. Le désordre provoqué par les hurlements des policiers, les plaintes des personnes âgées qui avaient des difficultés pour monter dans les cars, les cris des mères et les pleurs des enfants terrorisés.

18/12/2010
Auteur : David Sauleman Lien : Manuscrit.com

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Titre

Deux mètres carrés

Deux mètres carrés

ACHETER EN LIGNE

Auteurs   David Sauleman -Fanny Sauleman  
Édition   Le Manuscrit  
Année   2009  
Genre   témoignage  
Description   Fanny et David Sauleman, enfants juifs pris dans la tourmente exterminatrice nazie, partagent plus que le traumatisme des persécutions et la disparition de leurs proches, ils ont en commun le même univers – le Paris du XIe arrondissement –, la même culture séfarade et la même langue : le judéo-espagnol de leurs ancêtres turcs et saloniciens. Tous deux ont vu leurs pères être victimes de la rafle dite « du XIe arrondissement » (20 août 1941), à la suite de laquelle la cité de la Muette inachevée devint le camp d’internement de Drancy : ils seront déportés treize mois plus tard et exterminés.

Fanny et David Sauleman voient d’autres membres de leur famille et de leur Communauté disparaître. Ils subissent tous deux à Paris les discriminations antijuives, mais connaissent ensuite des parcours différents. Fanny survit dans la clandestinité avec sa mère et sa sœur aînée en Bretagne.

Le sort de David Sauleman est plus tragique : il doit sa survie à sa mère qui, lors de leur arrestation la nuit du 4 au 5 novembre 1942, a la force de caractère de lui mettre dans les bras son petit frère Claude – né quelques jours après l’internement de leur père à Drancy –, et de les pousser sous une porte cochère pour les soustraire à la déportation dont elle-même ne reviendra pas. Les deux frères, orphelins, tombent dans l’errance physique et affective des « enfants juifs cachés ». Ils trouvent refuge auprès de particuliers et d’institutions communautaires : l’UGIF puis l’OSE après la guerre…

Soixante-dix-sept lettres échangées par leurs parents lors de la détention à Drancy sont à l’origine de cette entreprise de mémoire qui a conduit Fanny et David Sauleman à s’engager dans la recherche de leurs racines séfarades et à travailler sur leurs souvenirs.

Grâce à ce livre, fruit de dix ans d’efforts, Fanny (décédée en 2001) et David Sauleman ont creusé avec leurs mots une sépulture digne pour leurs chers disparus, ces disparus auxquels les nazis refusaient l’existence au-delà même de la mort, jusque dans les mémoires.
 

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
2 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
6 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )



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