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Claude Lanzmann



 
Paris 75000 - Paris
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Claude-Lanzmann
Claude Lanzmann, Simone de Bauvoir et Jean-Paul Sartre, le 4 mars 1967 à Gizeh, en Egypte.
source photo : Arch. fam.
crédit photo : D.R.
Claude-Lanzmann
Claude Lanzmann, 1945 à Mont-Mouchet (Puy-de-Dôme), Responsable du FUJP et maquisard
source photo : Coll. Les Résistances
crédit photo : D.R.
Histoire

Claude Lanzmann est né dans une famille juive d'Europe de l'Est (Minsk, Biélorussie et Kichinev, Bessarabie) immigrée en France au XIXe siècle.1

La famille de son grand-père paternel, Itzhak Lanzmann, vient d'un shtetl près de Minsk en Biélorussie. Prenant le prénom de Léon, il épousa à Paris Anna, venant de Riga et devint marchand en mobilier ancien rue Drouot. De leur union naît en 1900, Armand, père de Claude Lanzmann2. Itzhak naturalisé en 1913 sera versé dans l'infanterie de 1re ligne entre 1914 et 1918.

Sa mère, Pauline, dite Paulette, Grobermann (1903-1995) est née sur un navire entre Odessa et Marseille : ses parents, Yankel et Perl Grobermann, sont originaires de Kichinev, en Bessarabie. Établis en région parisienne, ils créent une affaire de brocante, puis deviennent antiquaires pendant la Première Guerre mondiale, fournissant les jeunes studios américains en décors3.

En 1934, à la suite du divorce de ses parents, Claude, son frère cadet Jacques (écrivain, scénariste et parolier) et sa sœur Évelyne (Évelyne Rey, actrice de théâtre), emmenés par leur père, vont vivre à Brioude, en Haute-Loire4. Ils y restent jusqu'en septembre 1938 ; lorsque la famille retourne à Paris, Claude poursuit ses études au lycée Condorcet, où il découvre l’antisémitisme5.

Dès 1939 Armand, son père, éduque ses 3 enfants, ClaudeJacques (écrivain, scénariste et parolier 4/05/1927-21/06/2006) et Évelyne (Evelyne Rey, commédienne née le 9 juillet 1930 et qui s'est suicidée le 18 novembre 1966 à l'âge de 36 ans) à se dissimuler, à disparaître... en simulant des rafles, dans leur résidence de Brioude en Haute-Loire.

Inscrit depuis la rentrée d’octobre 1943 en hypokhâgne au lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, il créé et dirige la résistance de l’internat. Devenu membre des Jeunesses communistes l'été précédent, Claude s'engage dans la résistance et participe à son organisation à Clermont-Ferrand. Il parvient en moins de deux mois à faire adhérer quarante internes (khâgneux, taupins, agros) au noyau dur du mouvement et, avec leur aide, à en enrôler deux cents autres dans une organisation dirigée en sous-main par le PC : les FUJP, Force unie de la jeunesse patriote. Distribution de tracts, récupération et transport d’armes composent le quotidien de Claude Lanzmann et de ses camarades qui, dans une ville fourrée de Miliciens, doivent observer la plus grande discrétion.

Il prend part à la lutte et aux combats des maquis d'Auvergne (Margeride, Mont Mouchet).

En février 1944, Claude est invité par les MUR – dont son père est l’un des responsables pour le département – à joindre son groupe de jeunes communistes au rassemblement des maquis au Mont-Mouchet. Il participe aux embuscades retardant les troupes allemandes qui remontent vers la Normandie, dans le Cantal et en Haute-Loire.

Avec la bénédiction du PC, Claude entraîne une centaine de jeunes volontaires, mais confronté à un soudain retournement des dirigeants communistes, il n’a d’autre choix que de rompre avec le Parti pour combattre pleinement aux côtés des maquis regroupés à la Margeride.
 
Après la Libération, sa famille revient vivre à Paris. Lanzmann, qui a retrouvé sa mère et le compagnon de celle-ci, Monny de Boully (écrivain et poète franco-serbe), est admis en janvier 1945 en première supérieure (khâgne) au lycée Louis-le-Grand. Il y rencontre Jean Cau, avec qui il noue une grande amitié. Ayant échoué au concours d'entrée à l'École normale supérieure, il s'inscrit en licence de philosophie à la Sorbonne. Il choisit les « possibles et les incompossibles » chez Leibniz comme sujet de son diplôme d'études supérieures6.  

Il étudie la philosophie, à partir de 1947, à Tübingen (Allemagne), sur les conseils de Michel Tournier, pour "voir les Allemands en civil".

En 1948 il obtient un poste de lecteur à l'université livre de Berlin, en secteur américain, mais en 1949 dans le "Berliner Zeitung", il révèle la non-dénazification de l'Université et doit quitter ses fonctions.

Aprés ses parutions dans différents titres de Pierre Lazareff (France-Dimanche, France-Soir, Elle), le journal Le Monde publie sa série d'articles "L'Allemagne derrière le Rideau de fer" qui le fait remarquer par Jean-Paul Sartre.

En 1952, Claude Lanzmann a 27 ans et publie dans Le Monde une série de reportages sur l’Allemagne de l’Est. Sartre les a lus et invite le jeune homme à participer aux réunions de la rédaction des Temps modernes. Il publie deux articles mais le plus important à ses yeux est ailleurs : il y rencontre Simone de Beauvoir, 44 ans, auteure connue et respectée depuis le Deuxième sexe paru trois ans plus tôt. Il devient son amant.
De 1952 à 1959, Lanzmann et Beauvoir vivent sept années d’un amour fou, charnel et intellectuel. Ils partent en vacances, à deux, parfois à trois avec Sartre. Dans une lettre de 1953, elle lui écrit « tu es mon premier amour absolu, celui qu’on ne connaît qu’une fois ou jamais ». Il est le seul homme avec qui elle ait jamais accepté de vivre. Cet amour est pour elle une «jeunesse retrouvée» : avec Lanzmann, elle reprend goût à la vie – qu’elle avait perdu avec la guerre –, elle repart à la conquête des hauts sommets et surtout à la conquête du bonheur dont elle fait l’objectif de sa vie. En raison de leur différence d'âge, cet amour se transforme en amitié jamais démentie jusqu'à sa mort en 1986.

En 1960, Claude Lanzmann est l'un des signataires du "Manifeste des 121", qui dénonce la violence de la répression en Algérie.

En 1963, Claude Lanzmann épouse la commédienne Judith Magre (née Simone Dupuis le 20 novembre 1926) dont il divorce en 1971.
En 1971, il épouse Angelika Schrobsdorff, écrivaine juive allemande, auteure de "Ces Messieurs" (Die Herren), livre sur les hopmmes qui fit scandale, paru en 1961.

A partir de 1986 il dirige la revue "Les Temps Modernes", fondée en 1945 par Sartre et Beauvoir, dans laquelle il écrivait depuis les années 1950.

Claude Lanzmann est l'auteur de "Shoah", documentaire de 9h30, diffusé à partir de 1985.

En 1995, il épouse Dominique Petithory.

Claude Lanzmann est décédé le 5 juillet 2018, à Paris à l'âge de 92 ans et laisse deux enfants : Angélique Lanzmann, née en 1950, et Félix Lanzmann, fils de Dominique Lanzmann-Petithory, né en 1993 et mort du cancer en 2017.

06/07/2018

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Prix et distinctions

  • Médaille de la Résistance avec rosette
  • Membre de l'Académie des arts de Berlin (1998)
  • Commandeur de l'ordre national de la Légion d’honneur (28 février 2006)
  • Grand-croix de l'ordre national du Mérite (grand officier en 2008)
  • Prix littéraire du journal Die Welt pour l’ensemble de son œuvre (2010)
  • Grand officier de l'ordre national de la Légion d'honneur (14 juillet 2011)
  • Docteur honoris causa de l'université hébraïque de Jérusalem (1999)
  • Docteur honoris causa de l'université d'Amsterdam (2005) 

06/07/2018

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Réalisateur

Lanzmann a coréalisé en 1967, avec Madeleine Gobeil-Noël, Sartre inédit.

En tant qu'unique réalisateur, il est l'auteur des films suivants :

  • 1972 : Pourquoi Israël
  • 1985 : Shoah
  • 1994 : Tsahal
  • 1997 : Un vivant qui passe
  • 2001 : Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures
  • 2008 : Lights and Shadows
  • 2010 : Le Rapport Karski
  • 2013 : Le Dernier des injustes
  • 2017 : Napalm
  • 2018 : Les Quatre Sœurs

06/07/2018

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Titre

Shoah : le miracle oublié de Moissac

Shoah : le miracle oublié de Moissac

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Auteur   Claude Lanzmann  
Édition   Fayard  
Année   1985  
Genre   documentaire  
Description   Il n'est pas facile de parler de Shoah. Il y a de la magie dans ce film, et la magie ne peut pas s'expliquer. Nous avons lu, après la guerre, des quantités de témoignages sur les ghettos, sur les camps d'extermination ; nous étions bouleversés. Mais, en voyant aujourd'hui l'extraordinaire film de Claude Lanzmann, nous nous apercevons que nous n'avons rien su. Malgré toutes nos connaissances, l'affreuse expérience restait à distance de nous. Pour la première fois, nous la vivons dans notre tête, notre coeur, notre chair. Elle devient la nôtre. Ni fiction, ni documentaire, Shoah réussit cette re-réation du passé avec une étonnante économie de moyens : des lieux, des voix, des visages. Le grand art de Claude Lanzmann est de faire parler les lieux, de les ressusciter à travers les voix, et, par-delà les mots, d'exprimer l'indicible par des visages. C'est une composition musicale qu'évoque la subtile construction de Shoah avec ses moments où culmine l'horreur, ses paisibles paysages, ses lamentos, ses plages neutres. Et l'ensemble est rythmé par le fracas presque insoutenable des trains qui roulent vers les camps. La construction de Claude Lanzmann n'obéit pas à un ordre chronologique, je dirais - si on peut employer ce mot à propos d'un tel sujet - que c'est une construction poétique. Jamais je n'aurais imaginé une pareille alliance de l'horreur et de la beauté. Certes, l'une ne sert pas à masquer l'autre, il ne s'agit pas d'esthétisme : au contraire, elle la met en lumière avec tant d'invention et de rigueur que nous avons conscience de contempler une grande oeuvre. Un pur chef-d'oeuvre.  

Titre

L'Oiseau n'a plus d'ailes : Les Lettres de Peter Schwiefert

L'Oiseau n'a plus d'ailes : Les Lettres de Peter Schwiefert

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Auteurs   Claude Lanzmann -Schwiefert Peter  
Édition   Gallimard  
Année   1974  
Genre   témoignage  
Description   Lettres de Peter Schwiefert éditées, présentées, annotées (avec textes de liaison) par Claude Lanzmann.  

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
2 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
6 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )

Notes

- 1 - Claude Lanzmann, Le Lièvre de Patagonie, Gallimard, 2009, 1re éd., 550 p., p. 98.
- 2 - Op. cit. p. 98-99.
- 3 - Op. cit. p. 94.
- 4 - Op. cit. p.34.
- 5 - Op. cit. p. 124 et suivantes.
- 6 - Op. cit. p. 196.



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