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Arlette Reiman



 
Paris 75000 - Paris
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Arlette-Reiman
Arlette Reiman, juin 1942
source photo : Arch. fam.
crédit photo : D.R.
Histoire
Abraham Reiman et Malka Zolkwer, nés en Pologne, se fiancent en Pologne. En 1919, Abraham Reiman fuyant la Pologne antisémite, arrive en France. Malka Zolkwer ne le rejoint qu'à la fin des années 20.
Ils se marient à Paris en 1929.
Abraham Reiman est artisan fourreur, dans le quartier du Marais.

En 1931, naît Madeleine, puis Arlette, dix huit mois plus tard, le 30 mars 1933, année de l'avènement du national socialisme en Allemagne.
Ils habitent 114 rue du Temple dans le 3e arrondissement de Paris, où vivre de nombreux immigrés d’Europe centrale et orientale, dont une grande partie parle le yiddish.

A la déclaration de la guerre, Abraham Reiman s'engage.

En 1940, la famille est contrainte de se faire recenser.1

Le 16 mai 1941, en application des lois antisémites Vichy2, Abraham Reiman est convoqué en tant que Juif étranger pour un "contrôle d'identité"3. Il se présente au commissariat de la rue Beaubourg. Il est alors arrêté lors de la rafle dite "du billet vert". Interné dans le camp de Pithiviers, Abraham Reiman restera enfermé un an avant d'être déporté sans retour vers Auschwitz, par le convoi n°4, le 25 juin 1942.

Malka Reiman travaillait alors dans un atelier de confection de gilets en peaux de lapin, pour les soldats allemands engagés sur le front russe (une entreprise située rue Martel, dans le Xe), et disposait à ce titre d’un Ausweis, un laissez-passer.

Pendant l'été 1941, alors qu'Abraham est à Pithiviers, Malka fait connaissance avec un gendarme alsacien, qui l'aide à faire passer le courrier qu'il met dans ses guêtres. Il parvient même à amener Madeleine et Arlette voir leur père. Il les met devant les barbelés et appelle Abraham.4

En juin 1942, Malka Reiman et ses filles portent l'étoile jaune, conformément à une ordonnance allemande concernant tous les juifs âgés de plus de six ans.5

A l'école de la rue de Montmorency, que fréquente la petite Arlette, la directrice prévient : "si je dois entendre une seule réflexion, à l’encontre des petites filles portant une étoile, vous êtes toutes punies et renvoyées".6

Le 16 juillet 1942, très tôt le matin, Malka Reiman et ses deux filles, Madeleine et Arlette sont arrêtées chez elles, 114 rue du Temple, par deux agents de la police française en application de l'opération "Vent printanier", plus connue sous le nom de "Rafle du Vel d'Hiv".7

Arlette témoigne : "Le 16 juillet, la police s’est présentée au domicile de mes parents, très tôt, vers cinq heures du matin, je crois. Ma sœur dormait et le bruit ne l’avait pas réveillée. Les policiers devaient aussi arrêter mon père, mais c’était déjà fait… Nous ne savions d’ailleurs pas ce qu’il était devenu.
La colère de ma mère n’a pourtant pu empêcher la police de nous emmener. Nous avons préparé des paquets et de petits baluchons. Tout ce qui était autorisé. Ceux qui n’avaient pas de valises avaient fait des paquets en utilisant des nappes, des draps, noués au quatre coins, et même des taies d’oreiller. En descendant l’escalier, j’ai vu que les quatre familles juives de l’immeuble étaient là. Il y avait mes camarades de classe. Les enfants les plus petits avaient deux, trois ans, les plus âgés treize.
"8

Entassées dans un autobus, elles sont conduites au vélodrome d’hiver, dans le XVe arrondissement, à l’angle de la rue Nélaton et du boulevard de Grenelle : "Nous sommes partis en autobus en direction du Vel d’Hiv : encore aujourd’hui, plus de soixante ans après, j’ai peur et je ne peux jamais traverser la Seine au Pont Bir Hakeim.
Nous sommes restées plusieurs jours dans ce stade conçu pour des courses de vélo, et recouvert d’une verrière. C’était le plein été, il faisait une chaleur épouvantable. Nous étions plusieurs milliers d’hommes, femmes, enfants de tous âges, vieillards, malades, grabataires, handicapés, femmes enceintes… Avec peu de nourriture, sans eau. Et deux sanitaires…
Très vite, se développe une odeur infecte… Les toilettes sont bouchées, les gens urinent dans les gradins de béton. Des femmes accouchent par terre pendant que d’autres tentent d’avorter dans les toilettes espérant pouvoir être évacuées. A la vue de tout ce sang, j’ai cru qu’on tuait les gens dans les toilettes ! Sans compter les tentatives de suicide et ceux qui sombrent dans la folie. Alors que j’étais une petite fille très remuante, j’ai passé plusieurs jours tétanisée, collée à ma mère.
"9

Le 19 juillet 1942, Malka Reiman et ses deux filles sont transportées en bus jusqu’à la gare d’Austerlitz. Elles montent dans un wagon à bestiaux fermé avec une lucarne et deux bidons d'eau et arrivent à Beaune-la-Rolande.
"Au bout de trois jours, au cours desquels j’ai assisté à des événements qu’une enfant de mon âge n’aurait jamais dû voir, on a affiché des listes de noms. Nous sommes parties de la gare d’Austerlitz (depuis, je n’aime pas cette gare et je ne peux absolument pas dépasser le hall d’entrée) pour Beaune-la-Rolande, dans le Loiret.
Nous avons dû grimper dans des wagons à bestiaux, avec pour seule nourriture un bidon de lait et une boîte de sardines. Sans ouvre-boîte…
Très vite ce fut la pagaille, que ma mère fit cesser pour que les plus petits puissent avoir à boire. Nous n’avions qu’une petite lucarne grillagée pour respirer. Ma mère fit en sorte que les adultes pussent faire respirer les enfants à tout de rôle en les portant et en les hissant au niveau du grillage.
Comme elle voulait absolument prévenir nos voisins de notre situation, elle eut l’idée de laisser tomber une lettre sur la voie ferrée : elle y avait glissé de l’argent et avait enroulé le tout avec quelques-uns de mes cheveux pour l’attacher solidement. Par chance, un cheminot a trouvé le message et l’a envoyé à destination.
"10

Les femmes et les enfants arrivent dans des baraques vidées de leurs internés déportés.

Malka Reiman sert d’interprète. Elle fait valoir avec son Ausweis qu’elle travaille pour l’armée allemande et elles sont renvoyées à Paris le 24 juillet dans la catégorie des "Juifs utiles". Comme elles n’ont pas d’escorte militaire, elles s’échappent du train.
Toutes trois rentrent à Paris à pied, sans papiers, leurs cartes d’identité, avec le tampon juif étant restées à Beaune. Malka Reiman brise les scellés sur la porte de l’appartement, récupère un peu d’argent et se met à la recherche d’une cachette pour ses filles.
A Paris, elles habitent quelques jours chez une amie, Pauline Pint, mère de la petite Lili, une amie de classe des filles. Par son intermédiaire, elles partent se cacher en Touraine.

Madeleine et Arlette sont ainsi cachées par Jean et Jeanne Philippeau à Vendôme. Lui est savetier, elle s’occupe des cinq enfants qu’ils hébergent, dont quatre enfants juifs, et les prennent en affection.
Chaque enfant, qui sait qu’il doit se taire, ignore que les autres enfants sont juifs.

Les problèmes sont multiples : se ravitailler, ne pas se faire repérer, il faut cacher son nom, d’autant que l’armée allemande occupe un bâtiment juste en face de la maison de Vendôme, fréquenter le patronage. Leur mère loue ses services de cuisinière "alsacienne" ou de couturière dans les fermes.
Elles apprendront que le curé de la paroisse a été dénoncé mais elles échapperont à l’arrestation, après avoir vécu la fin de l’occupation dans des champignonnières.

Le 7 janvier 1946, Madeleine et Arlette perdent leur mère.
Elles rencontrent deux frères, Jo (Yosselé) et Charles (Shloïmé) Testyler, tous deux polonais, rescapés des camps et qui viennent de s’installer à Paris. Ils ont perdu leurs parents et leur sœur cadette à Birkenau. Deux couples se forment...

22/01/2011

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Titre

Les enfants aussi !

Les enfants aussi !

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Auteurs   Arlette Reiman -Charles Testyler  
Édition   Editions Delattre  
Année   2010  
Genre   témoignage  
Description   A Paris, pendant que la population affamée demeure préoccupée par les restrictions de plus en plus draconiennes, la police met une dernière main à la préparation de son opération "Vent Printanier". Si des Résistants osent désobéir aux lois de Vichy, des collabos se "nourrissent" de la délation et Arlette, petite fille Juive, voit aussitôt son enfance basculer dans le cauchemar... En un éclair, les troupes allemandes et russes ayant fait main basse sur la Pologne, trois millions de Juifs, honnis par une population foncièrement antisémite, se retrouvent murés dans des ghettos. Pour Szlamek, petit garçon "Jude", les dés sont jetés et la déportation devient rapidement inéluctable... Innocentes victimes du cataclysme qui s'abat sur le peuple Juif, ces "jumeaux du désespoir", réussiront-ils à échapper au funeste destin que la folie meurtrière des nazis à "savamment" programmé ? Dans cet enfer dantesque, par quel heureux hasard, les routes improbables d'Arlette à l'Ouest et de Szlamek à l'Est d'une Europe occupée, parviendront-elles un jour, à se croiser ? Préface de Tatiana de Rosnay.  

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
2 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
6 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )

Notes

- 1 - Ordonnance allemande du 27 septembre 1940 : les juifs ont jusqu’au 20 octobre pour se faire recenser.
- 2 - 29 mars 1941 : création du Commissariat général aux questions juives dirigé par Xavier Vallat puis par Louis Darquier de Pellepoix.
- 3 - Printemps 1941 : rafles de Juifs étrangers. 3747 sont dirigés vers les camps du Loiret
- 4 - Le gendarme sera poursuivi après la Libération, accusé d'avoir été un collaborateur. Malka Reiman et Arlette témoigneront en sa faveur. Témoignage d'Arlette Reiman-Testyler à propos du film La Rafle.
- 5 - Selon l'ordonnance allemande du 29 mai 1942, les Juifs de la zone occupée âgés de plus de six ans sont obligés de porter l’étoile jaune.
- 6 - Témoignage d'Arlette Reiman-Testyler au Lycée Jacques Decour, 2009.
- 7 - Les 16 et 17 juillet, la rafle du Vel d’Hiv touche les Juifs étrangers de Paris et de la banlieue. 13 152 Juifs arrêtés dont plus de 4000 enfants.
- 8 - Témoignage d'Arlette Reiman-Testyler, recueilli par Christine Guimonnet, lycée Paul Claudel.
- 9 - Témoignage d'Arlette Reiman-Testyler, recueilli par Christine Guimonnet, lycée Paul Claudel.
- 10 - Témoignage d'Arlette Reiman-Testyler, recueilli par Christine Guimonnet, lycée Paul Claudel.



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