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Annette Muller



 
Paris 75020 - Paris
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Annette-Muller
Manek Muller, Toulouse, 1944
source photo : Arch. fam.
crédit photo : D.R.
Annette-Muller
Nous logions au presbytère et c'est à Saint-Biez que j'ai rencontré mes premiers Allemands. Ensuite, mon père qui était tailleur a cousu sur les uniformes vert-de-gris les galons et les décorations gagnés au front. L'un de ces Allemands s'était pris d'affection pour nous. Il voulait nous photographier "pour garder le souvenir", répétait-il à ma mère avec son accent guttural. Il nous réunit dans le jardin, tous les quatre en habits du dimanche, entourant maman souriante. Il faisait beau et le sol
source photo : Arch. fam.
crédit photo : D.R.
Annette-Muller
Plaque commémorative apposée rue de l'Avenir à Paris dans le 20e arrondissement
source photo : Coll. Samuel Muller
crédit photo : D.R.
Annette-Muller
Annette Muller, printemps 1944
source photo : Arch. fam.
crédit photo : D.R.
Histoire

Rachel, 22 ans, et Manek Muller, 20 ans, arrivent à Paris en 1929 de Tarnow (Pologne). Ils ont quatre enfants. Manek, né aux environs de Biecz (Pologne), est tailleur, son épouse l’aide dans son travail.
Les conditions de vie sont terriblement difficiles mais elles se sont améliorées et la famille est unie et joyeuse.
Annette adore son père et sa mère, belle et toujours gaie.

Le directeur de l'école des enfants vient prévenir Manek le 15 juillet de l'imminence d'une rafle de Juifs.
Les rafles d’hommes juifs en 1941 avaient rendu Manek méfiant et il se cache dans la nuit du 15 au 16 juillet 1942.

Rachel, accompagne son mari - qu'elle croit le plus exposé - chez une amie concierge et lui dit : "Je vous laisse mon bien le plus précieux". Personne ne se doute alors que les policiers français emmèneront aussi les femmes et les enfants.

Manek est donc absent quand le 16 juillet 1942, deux hommes en imperméable beige tambourinent à la porte de l'appartement de la rue de l'Avenir. C'est la rafle du Vel d'Hiv...

Rachel supplie les policier à genoux, leur demandant de l'emmener, elle, mais de laisser les enfants... Les policiers ne l'entendent même pas.
La petite Annette, 9 ans, pleure pour emmener sa poupée, Marie-Claire. "L'inspecteur me l'a arrachée des bras et jetée sur le lit. Je me suis tue, effrayée.", raconte-t-elle.

Rachel et ses quatre enfants, Annette, Michel, Henri et Jean sont arrêtés. Dans le centre de rassemblement du quartier, Rachel réussit à faire évader Henri et Jean, les deux garçons les plus âgés. Ils retrouvent leur père qui désespère de pouvoir les cacher quand il croise le chemin d’une religieuse qui va les sauver. Sœur Clotilde rencontrée dans un train propose de se charger des enfants et les place dans un orphelinat catholique.

Annette, son jeune frère et sa mère, Rachel sont emmenés à Drancy, puis internés au camp de Beaune-la-Rolande.
Là, les gendarmes français ont arraché les enfants à leurs mères qui prenaient, dans des wagons plombés, le sinistre chemin d'Auschwitz.
Annette évoque cette déchirure : "" Celui d'une journée entière de coups, de violence extrême. Les gendarmes arrachaient leurs bijoux aux femmes qui ne les avaient pas jetées dans les toilettes ou cousus dans les vêtements de leurs enfants. Tout le monde s 'était rassemblé au milieu du camp. Les enfants s'accrochaient aux mères, les tiraient par leurs robes. A coups de crosse, de matraque, de jet d'eau glacée on a voulu nous séparer. C'était une bousculade sauvage, des cris, des pleurs,des hurlements de douleur.
Soudain, ce sera le silence, avec cette scène multipliée par des centaines. Michel et moi, nous tenant par la main, sans bouger, des larmes séchant sur nos visages, nous regardons maman, immobile au premier rang du groupe qui nous fait face. De loin, je vois son sourire, son regard tendre. Sa main ébauche un salut. On emmène le groupe et nous restons seuls.
"

Rachel sera déportée sans retour à Auschwitz, tandis qu'Annette reste reste seule dans le camp avec son petit frère, Michel, 7 ans.

Manek soudoie un dirigeant polonais de l’UGIF qui intervient pour que Rachel soit libérée... mais elle a été déportée la veille de Beaune-la-Rolande.

Annette et Michel sont déjà à Drancy quand leurs noms sont rayés de la liste des partants ; ils sont conduits à l’asile Lamarck (une maison de l’UGIF).

Manek apprend que les enfants avaient été transférés de Beaune-la-Rolande à Drancy. Là-bas, il réussit à savoir par un gendarme qu'ils venaient de partir pour l'asile Lamarck.
Il s'y rend et y voit des gosses dans la cour, la tête rasée, maigres, cherchant un bout de pain en grattant dans la terre. Le directeur le laisse à peine entrer et lui dit : "Soyez heureux qu'ils soient là". En revanche, les enfants ne peuvent être emmenés puisque venant de Drancy, ils sont sous contrôle allemand.
Grâce à l'aide une religieuse, Sœur Clotilde, il réussit à les faire sortir à la fin du mois de novembre 1942 pour être cachés à l'orphelinat catholique de Neuilly-sur-Seine où Henri et Jean vont les rejoindre plus tard.

Réunis, les quatre enfants sont placés au Mans dans un foyer d’orphelins juifs.

Manek, ses enfants cachés, ne cessera de fuir devant les Allemands persécuteurs.

Annette Muller est l’auteur de La petite fille du Vel d’Hiv (éd. Denoël) préfacé par Serge Klarsfeld : "Les quatre enfants de Manek ont survécu et Annette est devenue la mémorialiste de la famille. Le récit d’Annette, la fille de Manek et de Rachel est d’une intensité émouvante, tant l’amour pour sa mère dominait sa vie d’enfant ; une mère gaie, belle, intelligente, travailleuse, coquette et sociable. Le jour de la rafle, la mère supplie : Ne prenez pas les enfants."

01/12/2012

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Titre

La petite fille du Vel d'Hiv

La petite fille du Vel d'Hiv

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Auteur   Annette Muller  
Édition   Editions du Cercil  
Année   2009  
Genre   témoignage  
Description   "Soudain j’ai entendu des coups terribles contre la porte..." 16 juillet 1942 : la petite Annette a 9 ans. Après avoir vécu l’enfer du Vel d’Hiv, elle est internée avec sa mère et son jeune frère Michel à Beaune-la-Rolande. Elle connaît le sort terrible des milliers d’enfants juifs internés dans les camps du Loiret, cruellement séparés de leur mère, puis envoyés à Auschwitz – d’où aucun n’est revenu… Annette, elle, échappe à la déportation grâce à son père qui réussit à la faire sortir, avec son frère, de Drancy. Elle est l’une des très rares enfants du Vel d’Hiv qui ont survécu. Le Vel d’Hiv, le camp de Beaune-la-Rolande, Drancy, l’asile Lamarck, l’orphelinat catholique où elle a été cachée, la maison d’enfants du Mans : elle n’a cessé de se souvenir. Elle a finalement décidé de raconter ; elle restitue le regard de l’enfant qu’elle était, comme si ces moments n’avaient jamais glissé dans le passé… Accompagnant ce récit unique, des notes, des études historiques, des documents d’archives privées et publiques souvent inédits, rappellent en particulier le processus qui a conduit à de tels événements, ceux que Serge Klarsfeld nomme dans sa préface "la page la plus noire de l’histoire de France".  

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1 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
2 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
6 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )



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