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Juste parmi les Nations

Aristides de Sousa Mendes


Aristides de Sousa Mendes do Amaral e Abranches
Dossier Yad Vashem : 264
Remise de la médaille de Juste : 1966
Sauvetage : Bordeaux 33000 - Gironde
Bayonne 64100 - Pyrénées-Atlantiques
Hendaye 64700 - Pyrénées-Atlantiques
Profession: Consul général du Portugal à Bordeaux
Religion : Catholique
Date de naissance: 19/07/1885 (Portugal)
Date de décès: 03/04/1954 (Lisbonne (Portugal))
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Aristides-de-Sousa-Mendes
Aristides de Sousa Mendes
source photo : Arch. fam.
crédit photo : D.R.
Aristides-de-Sousa-Mendes
Aristides de Sousa Mendes en 1940
source photo : Famille de Sousa Mendes
crédit photo : Famille de Sousa Mendes
Aristides-de-Sousa-Mendes
Buste Aristides de Sousa Mendes, esplanade Charles de Gaulle, à Bordeaux
source photo : Bernard Lhoumeau
crédit photo : Bernard Lhoumeau
Aristides-de-Sousa-Mendes
Médaille des Justes remise à la famille d'Aristides de Sousa Mendes en 1967 à New York : Sebastiâo Miguel Duarte Mendes, Teresinha de Sousa Mendes Swec, Cesar Mendes, Elisa Joana Mendes, Luis Felipe Mendes, John Paul Abranches. Au premier rang, les enfants Aristides Moncada Alpoim de Sousa Mendes do Amaral e Abranches, Geralyn Swec, Carolyn Swec.
source photo : Arch. fam.
crédit photo : D.R.
Aristides-de-Sousa-Mendes
L'immeuble, 14 quai Louis XVIII, qui abritait le consulat du Portugal à Bordeaux.
source photo : Bernard Lhoumeau
crédit photo : Bernard Lhoumeau
Aristides-de-Sousa-Mendes
La plaque mémorielle sur l'immeuble de l'ancien consulat du Portugal à Bordeaux
source photo : Bernard Lhoumeau
crédit photo : Bernard Lhoumeau
Notice

Aristides de Sousa Mendes est nommé consul général du Portugal à Bordeaux en août 1938. Il est en poste au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et pendant la bataille de France et la rapide avancée des troupes d’Adolf Hitler.

Salazar, dictateur portugais de 1932 à 1968, parvient à maintenir la neutralité du Portugal bien que ses opinions soient favorables à Hitler. Il ordonne aux consuls de refuser l’octroi de visas aux catégories suivantes : « les étrangers de nationalité indéfinie, contestée ou en litige ; les apatrides ; les Juifs expulsés de leur pays d’origine ou du pays dont ils sont ressortissants ».

Aristides de Sousa Mendes trouve ces nouvelles directives à la fois inhumaines et racistes, contraires à sa conscience de catholique pratiquant.

Aristides et Angelina sont les parents de 14 enfants, 9 garçons, Aristides, Manuel, José Zézinho, Geraldo, Pedro Nuno, Carlos, Sebastião, Luís Filipe e João Paulo et 5 filles, Clotilde, Isabel, Joana, Teresinha et Raquel, la dernière qui est morte à 18 mois.

A Bordeaux où le gouvernement français s’est réfugié, affluent des dizaines de milliers de personnes qui veulent fuir l’avancée nazie et parvenir aux États-Unis via le Portugal. Le consulat est très vite envahi de ces réfugiés désirant atteindre Lisbonne.

À la fin de 1939, de Sousa Mendes désobéit et donne quelques visas. Parmi ceux qu’il décide d’aider se trouve le rabbin Jacob Kruger qui lui fait comprendre que ce sont tous les réfugiés juifs qu’il faut sauver.

Le 16 juin 1940, Aristides de Sousa Mendes décide de délivrer des visas à tous les réfugiés qui en font la demande : « Désormais, je donnerai des visas à tout le monde, il n’y a plus de nationalité, de race, de religion ».

Aidé de deux de ses enfants et neveux, ainsi que du rabbin Kruger, il tamponne les passeports à tour de bras, signe des visas sur formulaires, puis sur des feuilles blanches et tout morceau de papier disponible. Aux premiers avertissements de Lisbonne, il aurait déclaré : « S’il me faut désobéir, je préfère que ce soit à un ordre des hommes qu’à un ordre de Dieu ».

Alors que Salazar a déjà demandé des mesures contre lui, du 20 au 23 juin le consul poursuit son activité à Bayonne dans le bureau du vice-consul, médusé, alors même qu’il est entouré par deux fonctionnaires de Salazar.

Le 22, la France a demandé l’armistice. Sur la route d’Hendaye, il continue à signer des visas pour les réfugiés d’infortune qu’il croise à l’approche de la frontière. Le 23, Salazar le démet de ses fonctions.

En dépit des fonctionnaires envoyés pour le ramener, il prend avec sa voiture la tête d’une colonne de réfugiés qu’il guide jusqu’à un petit poste de douane, où côté espagnol, il n’y a pas de téléphone. Le douanier n’est pas encore informé de la décision de Madrid de fermer la frontière avec la France. De Sousa Mendes impressionne le douanier qui laisse passer tous les réfugiés qui peuvent ainsi, munis de leur visa, atteindre le Portugal.

Le 8 juillet 1940, il est de retour au Portugal. Salazar s’acharne : il prive de Sousa Mendes, père d’une famille nombreuse, de son emploi diplomatique pour un an, diminue de moitié son traitement avant de le mettre en retraite.

De surcroît, de Sousa Mendes perd le droit d’exercer sa profession d’avocat et son permis de conduire, émis à l’étranger, est refusé.

Le consul déchu et sa famille survivent grâce à la solidarité de la communauté juive de Lisbonne : celle-ci aidera certains des enfants de Sousa Mendes à faire leurs études aux États-Unis. Deux de ses fils participent au débarquement en Normandie. Il doit fréquenter avec les siens la cantine de l’Assistance juive internationale et, bien qu’il impressionne par sa mise soignée et sa prestance, il confirme un jour : « Nous aussi, nous sommes des réfugiés ».

En 1945, tout en se félicitant hypocritement de l’aide que le Portugal a apportée aux réfugiés pendant la guerre, Salazar refuse néanmoins de réintégrer de Sousa Mendes dans le corps diplomatique.

Après le décès de son épouse, Angelina, le 16 août 1948, il épouse sa maîtresse Andrée Cibial, une française, le 16 octobre 1949 qui lui donnera une fille, Marie-Rose, conçue à Bordeaux.


Aristides de Sousa Mendes meurt dans la misère le 3 avril 1954 à l’hôpital des pères franciscains de Lisbonne. N’ayant plus de vêtement propre, il est enterré dans une robe de bure dans le caveau de famille du cimetière du Passal àCabanas de Viriato.

De Sousa Mendes fait partie des quelques diplomates qui décidèrent de désobéir avec Sugihara Chiune*, consul du Japon en Lituanie en 1940 qui délivra des milliers de visas à des Juifs qui purent ensuite traverser l’Union soviétique et sauver leur vie et Raoul Wallenberg*, diplomate suédois qui a sauvé des milliers de personnes à Budapest.

En 1966, Israël l'honore du titre de « Juste parmi les Nations ». En 1987, la République du Portugal le décore de l'Ordre de la liberté et sa famille reçoit des excuses publiques. En 1994, le président Soares dévoile un buste du consul à Bordeaux, ainsi qu'une plaque au 14 quai Louis-XVIII, adresse du consulat du Portugal en 1940. En 1995, à Lisbonne, 25 ans après la mort de Salazar et 21 ans après la démocratisation du Portugal, Mario Soares, Président de la République portugaise, le décore de la croix du mérite à titre posthume pour ses actions à Bordeaux.

Lien vers le Comité français pour Yad Vashem


Histoire

Portugal : terre d'espoir

Authentiques ou "véritables faux" les visas délivrés par le Consul vont permettre à des dizaines de milliers de réfugiés de trouver, enfin, un havre de paix en terre portugaise. L’administration se voit contrainte d’accepter toutes ces personnes car leurs collègues espagnols se refusent de les accueillir sur leur territoire. Bon gré, mal gré, le régime de Salazar, xénophobe par idéologie, doit gérer rapidement la situation. Les réfugiés de "marque" : hauts fonctionnaires, hommes d’affaires, aristocrates, intellectuels ou artistes connus, bénéficiant d’appuis locaux, vont se loger assez confortablement à Lisbonne tandis que les autres, moins fortunés, connaîtront quelques difficultés. Certains seront même emprisonnés (nombreux cas au cours des années suivantes) mais la plupart seront dirigés vers de petites villes de villégiature comme celles de Sintra, Estoril ou Cascais, non loin de Lisbonne ou plus loin, dans des stations balnéaires comme Caldas da Rainha, Figueira da Foz, Ericeira ou Porto et Braga, au nord.

TOUR DE BABEL
Toutes les nationalités de l’Europe se seront ainsi réunies au Portugal, confondues dans la masse et comme « gommées » par la situation tragique du moment, ayant comme langage commun une sorte "d’esperanto" : celui des émigrants forcés ! Une véritable Tour de Babel transplantée en terre portugaise. Aristocrates, diplomates, intellectuels, hommes d’affaire ou artistes côtoieront le menu peuple (contacts souvent éphémères, il faut bien le dire) et si les grands de ce monde en rupture ont laissé leurs noms dans les pages de l’histoire, on ne peut, malheureusement, en dire autant des autres, qui resteront dans l’anonymat le plus parfait ! Les responsables tentèrent dans un premier temps d’effectuer une ségrégation, par nationalité, mais devant la masse de gens à contrôler, celle-ci ne sera guère efficace. La presse, muselée par une censure sévère, ne parlera guère de ces "touristes" d’un nouveau genre mais le peuple portugais ne pouvait ignorer cette réalité. Le Portugal conservant des voies de communication avec le monde extérieur (durant tout le conflit ) constituait une plaque tournante et vitale pour le départ des réfugiés. Pour les plus riches, la ligne aérienne des Clippers (hydravions) de la PAN AM américaine, reliant l’Europe aux États-Unis, offrait des places confortables mais très convoitées et limitées en nombre (une vingtaine), sans parler du prix du passage, simplement exorbitant. Pour les moins fortunés restaient la flotte portugaise reliant le continent européen aux Amérique et à l’Afrique (d’après nos sources, au moins une douzaine de navires, en plus de ceux originaires d’Espagne) Leur capacité ne permettait pas d’embarquer la totalité des réfugiés dans des délais rapides et, de plus, se posait l’éternel problème des visas d’entrée pour les pays en destination. De nombreuses organisations caritatives (juives, chrétiennes ou laïques) surtout américaines, vont travailler d’arrache-pied à obtenir visas et billets de bateaux et, en attendant leur obtention, devront prendre en charge les frais de séjours des réfugiés les plus démunis. On ne peut oublier le rôle fondamental de ces organismes, sans lesquels la situation des déracinés serait devenue critique. L’État Nouveau portugais gagnait ainsi sur tous les tableaux : pas de dépenses ruineuses et l’obtention d’une image de marque flatteuse, le Portugal devenant un modèle de tolérance et d’hospitalité, aux yeux du monde "libre". La quasi-totalité des réfugiés pourra ainsi quitter le Portugal pour gagner d’autres cieux, encore plus cléments, mais pour certains l’attente fut longue et traumatisante. Certains parviendront à obtenir des visas pour les États-Unis, d’autres trouveront refuge en Amérique latine ou même en Afrique. Pour toutes ces personnes, le Portugal demeurerait le symbole des dernières libertés dans un continent en perdition. Quoiqu’il en fut, le peuple portugais, dans sa large majorité, offrit nombre de gages d’amitié aux exilés, contredisant ouvertement l’attitude xénophobe de ses dirigeants.

01/05/2010
Lien : Fatima, Portugal

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